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Excision, histoires vécues

Haïssa Bingi, ancienne exciseuse a déposé le couteau

Haissa a déposé le couteauLa vie d’Haïssa Bingi, 45 ans, a prit un tournant capital.  Cette petite femme énergique a « déposé le couteau » lors d’une cérémonie dans son village et ainsi tourné le dos définitivement à son métier d’exciseuse avec plusieurs de ses congénères.

Haïssa, elle-même excisée à l’âge de 7 ans, est devenue exciseuse à l’âge de 10 ans, héritant d’une fonction transmise de génération en génération dans sa famille. Elle estime avoir excisé environ 400 filles, dont plusieurs sont mortes de complications.

L’UNICEF et ses partenaires au Niger mettent en œuvre des activités qui permettent aux communautés d’apporter elles-mêmes des solutions aux problèmes posés, et permettent de sensibiliser les populations aux questions de droits humains de l’hygiène, et de la santé des femmes. 

Haïssa a été sensibilisée sur les méfaits de l’excision, a été convaincue que cette pratique n’avait rien a voir avec la religion musulmane, et a appris que cette pratique est interdite et punit par une loi adoptée en 2003, grâce à l’appui de l’UNICEF. Mais surtout, l’organisation lui offre un nouveau métier. En effet les exciseuses reconverties de son village se sont vues offrir une formation sur les cultures maraîchères et une parcelle de terre où elles pourront pratiquer le jardinage, et ainsi subvenir aux besoins de la famille.

« C’est surtout d’avoir comprit le lien entre excision et santé de la jeune femme qui m’a convaincue d’arrêter mon ancien métier » déclare Haissa, fière de rejeter la pratique de l’excision.  Et de déclarer « le prochain cheval de bataille de la communauté est le mariage précoce ».

Une institutrice à Bob-Dioulasso (Burkina Fasso) qui souhaite rester anonyme

Bob Dioulasso« Je m’occupe d’une jeune fille. Très vite, j’ai remarqué qu’elle changeait souvent de petit ami. Je lui ai demandé pourquoi. Elle m’avoua alors ses difficultés pour uriner et son impossibilité à avoir des rapports sexuels.
J’ai donc emmené cette jeune fille en consultation. Il s’est avéré qu’elle avait un accolement très prononcé des grandes lèvres. J’ai alors contacté son père afin d’avoir l’autorisation de la faire soigner. Il refusa et exigea aussitôt le retour de sa fille au village afin de la marier : l’exciseuse se chargerait de pratiquer les soins nécessaires…

Avec le soutien de l’UNICEF, le Secrétariat National de Lutte contre les Mutilations Génitales et les patrouilles sur le terrain pourront venir en aide à cette jeune fille. Elle pourra bénéficier de soins chirurgicaux, même sans l’accord de son père. Ce dernier est punissable en déniant ce droit à sa fille. »

 

Je soutiens le travail de l'UNICEF pour mettre fin à la pratique de l'excision
 

 

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