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Six mois plus tard, des histoires d'Haïti

L'histoire d'Alcema : de l’eau propre et des habitudes saines

L’apprentissage de l'hygiène

Alcema Wilben, 14 ans, vit dans le camp de Pactes, à Port-au-Prince. « Nous avons tout perdu. C’est pour cela que nous vivons dans ce camp bondé ».

Aujourd’hui, le camp de Pactes héberge 1 238 personnes. Depuis le séisme du 12 janvier, la population est plus vulnérable aux maladies résultant de moyens insuffisants d’assainissement, d’un approvisionnement en eau limité et d’une mauvaise hygiène. Les maladies les plus courantes sont les maladies diarrhéiques et les infections transmises par voie fécale-orale.

« Avant de vivre dans le camp, je ne savais pas qu’il était important de se laver les mains après être allé aux toilettes. Un jour, j’ai vu une femme qui tenait des posters avec des images qui montraient qu’il était important d’être propre et de se laver tout le temps les mains. A la fin de la réunion, je suis allé lui demander de quoi il s’agissait. Elle m’a expliqué qu’il était important d’être propre pour ne pas tomber malade. Maintenant, je me lave toujours les mains après être allé aux toilettes et avant de manger. Je me lave deux fois par jour, une fois le matin au réveil et une fois avant d’aller me coucher. Ma mère ne comprenait pas jusqu’à ce que je lui explique, et figurez-vous qu’à présent elle fait pareil que moi ».

L’UNICEF a pu améliorer la santé des enfants en âge d’aller à l’école en insistant auprès des populations déplacées sur la promotion de l’hygiène, du développement des aptitudes à la vie quotidienne, et l’importance de l’eau, de l’assainissement et des installations pour se laver les mains.

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L'histoire d'Yglesias : des environnements protecteurs

Un lieu pour les enfants et les familles

Les espaces adaptés aux enfants proposent un environnement sûr et protecteur pour les enfants au lendemain du séisme qui a eu lieu 12 janvier. L’UNICEF et l’un de ses partenaires, l’Initiative de Développement des Jeunes en dehors du Milieu Scolaire (IDEJEN), ont créé plusieurs refuges pour les enfants dans la capitale haïtienne.

Yglesias, 5 ans, et sa mère Yolette se sont rendus dans un camp pour personnes déplacées de la Place St. Pierre le 12 janvier au soir, leur maison ayant été détruite par le séisme. Yolette, mère célibataire, possédait un petit commerce de vente de riz dans le voisinage, mais désormais elle ne dispose plus des ressources nécessaires pour élever son enfant.

« Je n’ai pas les moyens d’acheter l’uniforme ni les fournitures scolaires requis dans une école normale » raconte-t-elle. « Je suis tombée par hasard sur l’un des conseillers d’IDEJEN alors qu’il était en train d’encourager des parents du camp à envoyer leurs enfants dans l’espace "ami des enfants", à 200 mètres de là ».

Au centre, Yglesias et les autres enfants reçoivent de l’eau potable ainsi qu’un repas par jour. « Mon fils peut manger un repas digne de ce nom. Des conseillers formés prennent soin de lui et l’aident à gérer ses cauchemars réguliers liés au séisme. J’aime le voir heureux avec un comportement "normal" lorsqu’il est avec les autres enfants »

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L'histoire de Sabrina : un départ en bonne santé dans la vie

Des tentes pour les bébés offrent un appui et un approvisionnement vitaux aux bébés et à leur mère

Dans la chaleur matinale, les bébés dorment sur des matelas sous une tente ouverte. Les agents de la nutrition chantent : « Nous sommes des femmes haïtiennes, nous élevons des bébés en bonne santé. Nous les allaitons jusqu’à deux ans. Nous ne leur donnons aucun autre aliment jusqu’à leurs six mois ».

La tente pour bébés, gérée par des ONG avec l’appui de l’UNICEF, aide environ 300 mères et bébés sur un principe de rotation. Dix des bébés ont perdu leur mère et sont amenés par des femmes de la famille.

Sabrina Michel, cinq mois, marque par sa vivacité. Elle est née peu après le séisme. Sa mère est décédée deux jours plus tard. Aujourd’hui, c’est sa tante maternelle qui l’élève, Béatrice Terane, une mère célibataire avec un enfant de cinq ans.

Béatrice est soulagée que la tente pour les bébés fournisse du lait maternisé pour Sabrina. Mauviette Raphael, responsable de la nutrition dans le camp, se souvient de la première fois qu’elle a rencontré Sabrina et sa tante : « Elle donnait des aliments solides au bébé ». Béatrice a perdu sa maison dans le séisme. Elle ne peut pas travailler parce qu’elle veut s’occuper de Sabrina. « Maintenant, je n’arrive pas à imaginer que je puisse me séparer d’elle », confie-t-elle.

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L'histoire de Marie : sa naissance fait renaître l’espoir pour Jeanne, sa maman

La protection des mères et des nouveau-nés contre le VIH et le SIDA

Jeanne (prénom d'emprunt) regarde son nouveau-né avec amour en recouvrant soigneusement son lit d’une moustiquaire. Elle est assise dans le salon, chez un proche à Port-au-Prince.

Pour Jeanne, la naissance de Marie en mai dernier a été un événement extraordinaire. Lorsque le séisme a frappé, cette femme de 28 ans était enceinte et recevait un traitement antirétroviral dans une clinique appuyée par l’UNICEF. Jeanne savait depuis des années qu’elle était porteuse du VIH. Lorsqu’elle s’est adressée à l’UNICEF en mars, elle vivait dans une tente, pleurant la perte de son mari, sans emploi ni accès aux traitements.

« A l’époque, je me préoccupais essentiellement de ce qu’il adviendrait de mon bébé si je cessais le traitement antirétroviral. J’étais anxieuse. Je voulais que tout se passe bien à la naissance de mon enfant », explique-t-elle. Peu après la catastrophe, l’UNICEF a repris son appui en matière de services afin de prévenir la transmission du VIH de la mère à l’enfant. C’est ainsi que Jeanne a pu continuer à recevoir le traitement.

À la naissance de Marie, un pédiatre a immédiatement donné au nouveau-né un traitement prophylactique pour bloquer la transmission du VIH. À présent, Jeanne veut reconstruire sa vie pour offrir à sa fille un avenir meilleur.

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