« Ceci est la plus grande catastrophe qu’il m’ait été donné de voir ! »

Daniel Toole, le Directeur de l’UNICEF pour l’Asie du sud a pourtant une longue carrière d’humanitaire derrière lui mais les inondations actuelles au Pakistan dépassent de loin tout ce qu’il a déjà pu voir. « Des milliers de villages et de villes ont littéralement été emportés par les eaux », expliquait-t-il peu de temps après sa visite dans la province de Sindh. « Les autorités et les organisations humanitaires doivent réévaluer à la hausse toutes leurs activités. »
L’UNICEF assure l’accès à l’eau potable et à des installations sanitaires pour plus d’un million de personnes mais des millions d’autres n’arrivent pas à être atteintes. « Nous devons étendre au plus vite la distribution actuelle de l’eau si nous voulons éviter l’apparition de maux comme le choléra, la dysenterie ou les diarrhées. Si nous en arrivons là, il y aura des victimes. Surtout parmi les enfants qui sont encore trop vulnérables pour pouvoir résister à des maladies de ce type-là. »
4 millions à Sindh
Dans la province de Sindh, près de 4 millions de personnes souffrent actuellement des conséquences des inondations. 15 à 20 millions de Pakistanais, au total, paient les frais de cette catastrophe naturelle.
Les équipes de l’UNICEF n’assurent pas uniquement l’accès à l’eau et aux toilettes, elles distribuent également de la nourriture aux enfants sous-alimentés et aux femmes enceintes ainsi que des médicaments et des vaccins. Elles donnent des conseils d’hygiène et d’alimentation et recommandent aux Pakistanais de faire vacciner leurs enfants et aux femmes d’allaiter leurs bébés plutôt que de recourir à des substituts au lait maternel. Dans les camps d’accueil, l’UNICEF a aménagé des espaces pour permettre aux enfants de 3 à 12 ans d’apprendre et de jouer.
Urgence
L’aide doit se poursuivre et à une plus grande échelle. L’UNICEF et ses partenaires n’écartent pas la possibilité d’assister à « une seconde vague » de décès dus cette fois à des maladies contagieuses.
Ce sont les enfants qui encourent les risques les plus importants. « Ils ont du mal à contenir leur soif et boivent souvent n’importe quoi. C’est ainsi qu’ils sont susceptibles de contracter le choléra, la malaria ou de souffrir d’épisodes de diarrhée répétés », explique Abdul Sami Malik, le porte-parole de l’UNICEF au Pakistan.
L’UNICEF craint pour la santé de 3 millions d’enfants qui vivent actuellement dans une région touchée par l’une des plus graves catastrophes naturelles de l’histoire. La situation actuelle est propice au développement de toutes sortes de maladies qui ne sont pas spécialement liées à la consommation d’eau impropre : rougeole, dysenterie, hépatite et infection respiratoires aiguës.
Le manque d’eau potable
Lorsque l’eau potable vient à manquer, l’apparition de maladies est à redouter. L’UNICEF et ses partenaires permettent à 1,5 million de personnes d’avoir accès tous les jours à de l’eau potable. Mais des millions d’autres Pakistanais n’ont pas encore accès au précieux liquide.
L’UNICEF a lancé un appel de 47 millions de dollars afin de parer aux besoins les plus pressants. Ce chiffre connaîtra certainement encore une hausse durant les prochains jours.
En Belgique, UNICEF Belgique a lancé, avec les organisations du Consortium belge pour les situations d’urgence, l’action « Pakistan 12-12 ». Cette action espère récolter 5 millions d’euros afin de couvrir les besoins les plus urgents du pays au cours des trois prochains mois.
► Tous les dons financiers sont les bienvenus et peuvent être versés sur le numéro de compte 000-0000012-12 de l’action « Pakistan 12-12 » ou en ligne sur le site www.1212.be. Les dons à partir de 30 euros sont fiscalement déductibles.
L’info au jour le jour !
Mathieu Tallon, collaborateur d’UNICEF Belgique, est actuellement au Pakistan. Il y suit les actions des 5 organisations du Consortium et les relate sur le blog http://mathieu.1212.be. Les personnes qui s’inscrivent peuvent avoir accès à des informations détaillées et à des photos. Mathieu est également disponible pour des interviews téléphoniques sur place.
Submitted by svuylsteke on mar, 2010-08-24 14:41





