Cet été Aden, un petit garçon de 3 ans et sa famille ont fui la Somalie pour trouver refuge à Dadaab, au Kenya. En arrivant au camp de réfugiés, Aden ne pesait plus que 5 kg... Un parcours de la faim Il y a quelques semaines, Abdile abandonnait son village avec sa mère, sa femme et leurs quatre enfants. Pendant 25 jours, ils ont marché dans des ...
Cet été Aden, un petit garçon de 3 ans et sa famille ont fui la Somalie pour trouver refuge à Dadaab, au Kenya. En arrivant au camp de réfugiés, Aden ne pesait plus que 5 kg...
Un parcours de la faim
Il y a quelques semaines, Abdile abandonnait son village avec sa mère, sa femme et leurs quatre enfants. Pendant 25 jours, ils ont marché dans des contrées désertiques à la recherche de nourriture. La femme d’Abdile a succombé à cette longue errance. Lui, a poursuivi sa route, en portant parfois ses enfants sur son dos, lorsqu’ils ne pouvaient plus avancer. « Nous n’avions pas le choix dit-il, il nous fallait poursuivre, si nous voulions échapper à la mort. »
A leur arrivée au Kenya, Aden, le plus jeune fils d’Abdile était très faible. Agé de 3 ans, il pesait à peine 5 kg. Il ne parvenait plus à avaler, ni à redresser la tête. L’enfant a été rapidement transporté vers un centre de stabilisation nutritionnelle où les médecins ont craint pour sa vie.
Une guérison complète.
Le père d’Aden est resté pendant 4 semaines, jour et nuit, au chevet de son fils. « C’était une période très sombre. J’avais peur qu’il ne survive pas. »
Heureusement Aden a récupéré. Après avoir reçu pendant plusieurs semaines des antibiotiques, de la nourriture thérapeutique « prête à l’emploi » et du lait, il a pu progressivement s’alimenter normalement. Ses muscles se sont renforcés petit à petit et avec de l’aide, il parvenait même à tenir debout.
Quand Patrick Codija, le spécialiste nutrition de l’UNICEF a vu Aden, il a eu peur qu’il ne guérisse pas. Aujourd’hui, il est heureux de constater que l’enfant va bien. « Quand je quitte le centre, je ne sais pas si les enfants que j’ai croisé seront vivants le lendemain. Chaque fois, l’attente est éprouvante.»
A la mi-septembre, Aden a quitté le centre de stabilisation nutritionnelle. Abdile est reconnaissant à toutes les personnes qui ont soigné son fils. Lorsqu’il regarde des photographies d’Aden à son arrivée au Kenya, il peine à reconnaître le petit garçon - souriant et plein de vie - qui joue près de lui.
Dans les camps de réfugiés de Dadaab, 5.000 enfants comme Aden ont échappé à la mort grâce aux soins dispensés dans les centres de stabilisation nutritionnelle.
Dans le sud et le centre de la Somalie, l’UNICEF a ouvert 800 centres similaires pour sauver les compatriotes d’Aden de la malnutrition. Là, 450.000 enfants manquent de nourriture dont 190.000 - sévèrement atteints - ne survivront pas sans soin.