Des familles trouvent refuge dans une école

Ce sont des visages tirés et vidés de toute expression qui arrivent les uns après les autres dans les locaux d’une école secondaire improvisée en camp pour personnes déplacées à Sikkur. Tous essaient de comprendre ce qui a bien pu leur arriver.
Avec son fils de 15 mois dans les bras, Noor Jehan, qui a fui son village, semble aussi perdue que les autres personnes provenant de sa communauté. « Je soignais nos chèvres dans l’enclos lorsque mon beau-frère est arrivé en courant pour m’annoncer qu’il fallait quitter notre maison sur-le-champ parce notre village allait être recouvert par les eaux à la tombée de la nuit. C’était le chaos. Je ne sais pas comment nous sommes parvenus à mettre nos maigres possessions sur une carriole tirée par un âne et comment nous sommes arrivés ici », raconte Noor Jehan encore sous le choc.
Les larmes aux yeux, la jeune femme poursuit : « Mon mari et mon frère sont restés sur place pour tenter de sauver nos chèvres et notre vache. Ce sont nos seules sources de revenus. Pour nous toutes ici, le voyage fut éprouvant et nous vivons toujours dans l’angoisse ne sachant pas ce que sont devenus nos maris. Il nous a fallu une journée et demie pour arriver à Sikkur. Qu’allons-nous devenir maintenant ? »
Les 25 familles qui sont arrivées en provenance du village de Noor Jehan ne sont pas les seules à avoir trouver refuge dans l’école. Au total, ce sont près de 500 personnes qui attendent sur des lits de fortune. Et on s’attend encore à voir arriver d’autres familles à n’importe quel moment.
Les autorités locales ont créé une antenne médicale dans l’école. C’est à partir de celle-ci que l’UNICEF va relancer son programme de vaccination dans la région. Un agent de santé a commencé à vacciner les enfants de moins de 15 ans contre la rougeole et à leur distribuer de la vitamine A.
Les caractéristiques hydrographiques de la région font que la situation reste très précaire et que la région est placée sous alerte rouge. De nombreuses personnes ne connaissent pas encore l’existence des différents camps créés pour accueillir les déplacés et continuent à attendre de l’aide dans des endroits élevés. Privés de services de base comme l’accès à de l’eau potable ou à des sanitaires, ces Pakistanais sont particulièrement exposés à des maladies d’origine hydrique.
Devant la montée des eaux, les autorités locales n’excluent pas la possibilité de créer une brèche dans le barrage de Sukkur afin de préserver la ville mais cela aurait pour conséquence d’inonder de nombreux villages en aval. Les évacuations ont déjà commencé…
Submitted by admin on ven, 2011-10-14 13:15





