En Mongolie, l’UNICEF mène une course contre le froid et contre la montre

Une vague de froid intense et exceptionnelle, appelée « Dzud », place la moitié de la Mongolie en état de catastrophe humanitaire. L’UNICEF intensifie ses efforts pour atteindre les villages et les internats isolés, privés de combustible, de nourriture et d’équipements d’hiver. Plus de deux millions de têtes de bétail, la principale ressource des familles d’éleveurs, ont déjà péri.
Plus de 21 provinces de Mongolie subissent depuis des semaines d’importantes chutes de neige et une vague de froid exceptionnelles. Les températures de moins 40° C se prolongent et des tempêtes de neige sont encore attendues. Le gouvernement mongol en a appelé à l’aide internationale.
Les agences des Nations Unies (UNICEF, FAO, PNUD, Habitat…) se coordonnent avec les ong et les autorités pour distribuer une aide d’urgence. L’UNICEF est plus spécialement chargé d’atteindre les enfants et les familles isolées afin de leur distribuer des aliments, du carburant pour se chauffer et cuisiner, des couvertures, des vêtements chauds et des chaussures. Il porte secours à 18 internats à court de combustible, qui abritent des enfants de pasteurs nomades qui ne peuvent rejoindre leur famille à cause des conditions climatiques. L’UNICEF estime que 22.000 enfants répartis en 265 internats ont besoin d’une aide d’urgence. Si les conditions ne s’améliorent pas, ce sont plus de 40.000 enfants qui seront bloqués dans leur pensionnat au risque d’attraper des maladies contagieuses exacerbées par le manque de chauffage et de nourriture.
L’UNICEF participe aussi à des convois de camions qui tentent d’atteindre les villages isolés avec des secours d’hiver et du fourrage. Deux millions de têtes de bétail – la plus importante source de revenus et de protéines des familles – sont déjà mortes à cause du Dzud. La couche de neige est tellement épaisse et le froid l’a tellement durcie que le bétail ne parvient plus à atteindre sa nourriture au niveau du sol. Or de 35 à 40% de la population sont employés dans l’élevage et l’agriculture. La situation est encore aggravée par la sécheresse de l’été dernier, qui a compromis la récolte de foin.
Certains villages n’ont plus de combustible que pour trois ou quatre jours.
Les populations rurales, acculées à la famine et privées de leur source de revenus, tentent de gagner la capitale où elles s’agglutinent dans des conditions précaires dans les quartiers périphériques privés de services aussi essentiels que l’eau ou l’assainissement.
Le Dzud précédent, en 2001, n’avait pas été aussi intense. Il n’en a pas moins aggravé le niveau de pauvreté, la malnutrition et fait baisser le PNB de la Mongolie.
« Il s’agit d’une urgence en pleine croissance », explique Rana Flowers, Représentante de l’UNICEF à Oulan Bator, « Ce qui nous préoccupe le plus, ce sont ces bébés et ces enfants qui sont en train de mourir parce qu’ils n’ont pas accès aux traitements de base dont ils ont besoin. Nous devons les atteindre, évacuer les malades, envoyer du personnel qualifié pour les accouchements et distribuer des trousses d’hygiène pour prévenir le risque de maladies. Même en temps normal, la population a des difficultés pour se procurer de l’eau et disposer de sanitaires. Lorsque le printemps arrivera, toutes ces carcasses d’animaux conjuguées aux mauvaises conditions d’hygiène vont créer les conditions idéales pour la propagation de maladies ».
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Philippe Henon
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Submitted by svuylsteke on lun, 2010-02-15 16:55





