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Le rêve de Saima défie les puissantes inondations

Date de publication: 14/10/2011
Dernière modification: 14/10/2011

Lahore, Pakistan – 30 août 2010
Par Tahira Sharafat

Pour les millions d’enfants les plus sévèrement touchés par les inondations au Pakistan, le fait d’être réveillés en pleine nuit pour être évacués d’urgence en hélicoptère et emmenés loin de leur maison peut se révéler être une expérience extrêmement traumatisante. Mais pour Saima, 10 ans, originaire du district Rahim Yar Khan du Pendjab, une porte vers un futur plus radieux vient tout juste de s’ouvrir.

A la fin du mois de juillet, les inondations provoquées par les pluies torrentielles de la mousson ont impitoyablement dévasté des régions entières du Pakistan faisant des millions de sans-abri.

Dans les régions du sud du Pendjab, la province la plus peuplée du Pakistan, des centaines de milliers de personnes fuient dans toutes les directions afin d’échapper aux inondations. L’eau les a forcés a quitter leurs maisons, leurs fermes, leurs villages.

Rahim Yar Khan est l’un des 14 districts les plus affectés du Pendjab, avec un million de personnes subissant toujours l’impact de la plus grande catastrophe naturelle de l’histoire récente du pays. Le gouvernement du district a établi 30 camps d’aide humanitaire d’urgence et 13 villages de tentes afin de donner un abri au plus de familles possible, familles qui sont dans le plus grand besoin. Ces gens arrivent avec rien d’autre que les vêtements qu’ils portent sur eux.

Des camps sont installés, mais un certain pessimisme plane sur les communautés dans ces camps. Nourriture, eau et médicaments sont distribués, mais le besoin surpasse toute capacité humaine à y répondre.

Même en ces moments de désolation extrême, un visage vif et éclatant se détache de tous les autres. La petite Saima et sa famille sont arrivés dans le camp il y a 10 jours et l’espoir a maintenant retrouvé sa place dans leur vie. L’éclat dans ses yeux et son sourire innocent font qu’on distingue immédiatement Saima parmi les milliers d’autres enfants du camp. Elle est la plus jeune d’une famille de six frères et sœurs. Son père est sourd-muet. Ses trois frères allaient à l’école du village avant les inondations. Malgré son désir d’aller à l’école, elle était obligée de rester à la maison et d'aider sa mère, puisque son grand-père avait décidé de ne pas lui permettre d’accéder au droit fondamental à l’éducation.

Il a fallu que la nature se mette en colère pour transformer le destin de Saima. Depuis 12 jours maintenant, elle étudie à l’école du camp. « C’est le rêve de toute ma vie qui se réalise, mais s’il vous plait, demandez à ma mère de promettre qu’elle me laissera continuer aller à l’école quand nous rentrerons à la maison », dit Saima alors qu’elle récite un de ses poèmes préférés. Elle a déjà appris l’alphabet, appris à compter, et a également commencé à écrire.

Plus de 12 000 enfants victimes des inondations ont pu bénéficier de cette rare opportunité de poursuivre leur éducation dans 73 centres éducatifs et récréatifs temporaires établis grâce au soutien de l’UNICEF.

Jusqu'à présent, 11 000 écoles ont été détruites par les inondations au Pakistan alors que 6 100 autres servent d’abris pour 1,5 millions de personnes déplacées. Afin de maintenir les enfants à l’école, l’UNICEF et ses partenaires créent des espaces pour plus d’un million d’élèves autour des régions affectées.

Apprendre et s’amuser

L’UNICEF fournit à tous ces centres temporaires des kits récréatifs qui incluent des jeux et du matériel sportif afin d’aider à reprendre les cours. Les centres éducatifs fournissent également des tapis pour s’asseoir, des tableaux, et du matériel d’écriture pour les enfants. Les activités qui se déroulent ont été sélectionnées en consultation avec les communautés locales dans les régions affectées.

Dans ces centres, filles et garçons ont également la possibilité de s’instruire sur les dangers pour leur bien-être, tels que la violence basée sur le genre et le harcèlement sexuel. Les autorités éducatives des provinces facilitent le recrutement des enseignants dans les centres temporaires et s’assurent que ceux-ci ont le profil adéquat pour jouer un rôle aussi crucial.

Au milieu du chaos, une lueur d’espoir semble émaner et les enfants commencent à croire qu’en effet, le calme revient après la tempête.