Les équipes médicales mobiles sauvent des vies en Ethiopie
Éthiopie – L’arrivée du bébé Higad Mahad fut accueillie par sa grand-mère, Halimo Faliid, avec des sentiments mitigés. La naissance de son petit-fils lui a en effet fait perdre sa fille. Cette tragédie familiale est encore trop fréquente dans la Corne de l’Afrique, où la sècheresse actuelle s’ajoute aux difficultés vécues par les femmes et les enfants.
Une tragédie familiale
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| Halimo Faliid et Higad Mahad à l'hôpital de Gode. ©UNICEF/Ethiopia/2011 |
Halimo raconte que sa fille a donné naissance dans leur petit village de Dhadafe, dans une région poussiéreuse et desséchée de l’Éthiopie à la frontière somalienne. La future mère était déjà faible au début de l’accouchement, en partie à cause du manque de nourriture et d’eau. Mais Halimo raconte qu’elle ne s’était pas rendue compte à quel point sa fille était épuisée après l’accouchement. Jusqu’à ce que celle-ci s’éteigne doucement quelques jours après la naissance du bébé. « Elle est juste restée allongée sur un matelas pendant une semaine et puis elle est morte, » nous dit Halimo.
Sans argent pour acheter du lait et déterminée à sauver la vie du petit garçon, Halimo s’est rendue avec lui auprès d'une équipe mobile de santé et de nutrition soutenue par l’UNICEF. L’équipe médicale a vite constaté que Higad souffrait de malnutrition grave. Ils ont donc emmené le petit garçon et sa grand-mère à l’hôpital de Gode, 54 kilomètres plus loin. Là, le petit garçon a lentement repris des forces grâce au lait fortifié en vitamines fourni pas l’UNICEF
Les équipes mobiles
Les équipes mobiles font partie d’un programme de santé mis en place par le gouvernement éthiopien avec le soutien de l’UNICEF et d’autres partenaires. Le but de ce programme est de doter les communautés les plus vulnérables d’un filet de sécurité en matière de santé et de nutrition. Mais la très grave sécheresse vécue par l’Éthiopie, qui a tué le bétail et détruit les récoltes, a laissé plus de 4,56 millions de personnes dépendante d’une aide sanitaire. Le système doit donc s‘étendre.
Cette année, l’UNICEF a ajouté quatre équipes supplémentaires dans la région somalienne, faisant passer le nombre total d’unités mobiles soutenues par l’UNICEF à 24. Ces équipes s’assurent que les communautés locales aient accès aux soins de santé nécessaires à leur survie. Jusqu’à maintenant, les équipes ont réalisé plus de 125.000 consultations. Près d’un tiers des patients étaient des enfants de moins de cinq ans. Ceux-ci sont particulièrement vulnérables au manque de nourriture.
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| Un membre d'une équipe mobile nourrit un enfant à Dabakatur, Éthiopie.©UNICEF/Ethiopia/2011 |
Chaque unité mobile est composée de cinq personnes : deux infirmières, un assistant social et deux médecins. Ces équipes sont munies d’une jeep remplie de fournitures médicales et de compléments nutritionnels qui sillonne le désert chaque jour afin de se rendre dans les villages les plus isolés. Ils fournissent des vaccins, des produits de purification de l’eau, des traitements contre la malnutrition infantile, des suppléments en fer et d’autres soins néonataux pour les femmes enceintes et allaitantes. Les personnes ne pouvant pas être traitées sur place sont envoyées à l’Hôpital de Gode, où l’UNICEF soutient le centre d’alimentation thérapeutique ainsi qu’une zone de traitement pour les mères victimes de grossesses compliquées.
Il faut être vigilant
Les membres des équipes de santé disent qu’il n’y a pas que les enfants qui souffrent du manque d’eau et de nourriture. De plus en plus de femmes enceintes souffrent d’anémie et d’un manque d’énergie. Les unités mobiles augmentent leurs efforts afin d’amener les familles à être encore plus vigilantes et à les alerter si des situations inquiétantes apparaissent.
Par Malene Kamp Jensen
Submitted by admin on ven, 2011-10-14 13:15







