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Nous ne pouvons laisser des gens dormir dehors par ce froid

Lundi, 30 janvier 2012

Aujourd’hui, il gèle et il neige. Les bulletins météo annoncent une vaste offensive hivernale. Celle-ci peut être mortelle pour toute personne qui n’a d’autre alternative que de dormir dans la rue. Malgré ces conditions climatiques, la secrétaire d’État en charge de l’Asile et de la Migration, Maggie De Block, ne prévoit aucune solution d’accueil supplémentaire.

« Les demandeurs d’asile, les familles sans papiers avec enfants et les enfants étrangers mineurs non-accompagnés ont – en vertu de la loi – le droit à l'accueil. Et aussi  en tant qu’êtres humains », souligne Anne Dussart, porte-parole de SOS Accueil, une opération d’urgence réunissant huit ONG belges pour faire face à la crise de l’accueil.

SOS Accueil offre un  accompagnement socio-juridique de jour aux personnes obligées de vivre à la rue et qui ont droit à l’accueil. L’opération prévoit également le gîte et le couvert pour les plus vulnérables d’entre eux pendant la nuit. « Chaque jour, nous sommes confrontés à des personnes qui sont malades, tant physiquement que mentalement, et qui sont transies de froid. Ce week-end encore, nous avons dû appeler des bénévoles en renfort parce que certains demandeurs d’asile présentaient de fortes fièvres et que sur ordre du médecin, il leur était interdit de retourner dans la rue », explique Dussart. « Ces personnes  sont également exclues du système des soins de santé de notre pays. Leur prise en charge médicale n'est pourtant pas du ressort de SOS Accueil. Nous ne sommes pas le service « urgences » d’un hôpital. Cela ne peut plus durer ainsi. »

En outre, demain, beaucoup de nouveaux demandeurs d’asile vont se retrouver à la rue, après un week-end et une journée de grève nationale qui  auront vu la fermeture des instances relatives à l’asile. La procédure d’asile est déjà déstabilisante en soi. Mais pour des personnes vivant à la rue, dépourvues de tout encadrement dans une structure d’accueil et parfois malades, cette situation confine au cauchemar.

SOS Accueil se tourne donc une nouvelle fois vers Madame Maggie De Block, elle-même médecin, et lui adresse le cri d'alarme suivant : « Ne fermez pas les yeux devant cette souffrance humaine et prenez vos responsabilités. Retirez ces personnes et ces enfants de la rue. Mettez-les à l'abri du froid. Organisez un système qui permette aux personnes vivant dans la rue d’avoir accès aux soins médicaux. Quand ces personnes pourront-elles bénéficier elles aussi d’un accueil ? »

SOS Accueil, c’est quoi ?

SOS Accueil est une opération d’urgence constituée de huit ONG belges. Quatre d’entre elles ont pour mandat d'intervenir dans des pays touchés par des catastrophes ou dans des pays en développement (11.11.11, Médecins du Monde, Oxfam et UNICEF Belgique). Pourtant, elles n’ont pas hésité à rejoindre Caritas Internationale, le CIRE, Convivial et Vluchtelingenwerk Vlaanderen pour unir leurs forces et affronter la crise de l’accueil en Belgique.

La crise de l'accueil dure déjà depuis trois ans et a jeté 15.500 personnes dans nos rues. Il s’agit de demandeurs d’asile, de familles avec enfants qui se trouvent chez nous en séjour illégal et d’enfants mineurs étrangers non-accompagnés. Et pourtant, en vertu de la loi, toutes ces personnes ont droit à un accueil et à un encadrement.

Comment fonctionne SOS Accueil ?

En organisant un encadrement social, juridique et médical de jour près de la Gare du nord à Bruxelles. En donnant de nuit un repas et un hébergement aux personnes les plus vulnérables. Cette prise en charge relève en principe des compétences des autorités. C’est pour cette raison que les huit ONG lancent un appel au nouveau gouvernement afin qu’il crée très rapidement des places supplémentaires pour l’accueil. Ce n’est que de cette manière  que l’on pourra éviter une crise humanitaire cet hiver.

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