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Tsunami 12-12 clôture cinq années de secours sur un bilan positif

Bruxelles, le 22 décembre 2009

Cinq ans après le tsunami, les gens dans les pays touchés vivent mieux qu’avant.

Les conditions matérielles d’un avenir meilleur sont réunies, grâce à l’énorme solidarité internationale. Néanmoins, si la reconstruction avait pu se dérouler un peu plus lentement - mais cela allait à l’encontre des attentes de notre opinion publique et des médias -, une dynamique de développement plus durable aurait pu aller plus loin. Sur ce bilan malgré tout largement positif, les organisations humanitaires belges peuvent clôturer cinq années de secours, financés grâce aux fonds de Tsunami 12-12.

Le 26 décembre 2004, 13 pays en Asie et en Afrique, autour de l’Océan indien, étaient frappés par un tsunami, emportant des vies et des maisons et modifiant durablement la ligne côtière. L’Indonésie, le Sri Lanka, l’Inde, la Thaïlande et les Maldives ont été touchés le plus lourdement. Environ 228.000 personnes y ont perdu la vie ; moins de 1% étaient des touristes.

Le séisme qui a provoqué le tsunami avait une force de 9,15 sur l’échelle de Richter et a duré huit minutes. De manière massive, rapide et mondiale, des contributions financières aux secours des victimes sont arrivées, d’abord de la part des citoyens, dans un mouvement soutenu par une couverture médiatique intense pendant les congés de fin de Noël. Des pouvoirs publics et des instances internationales ont embrayé rapidement.

Dans notre pays aussi, l’élan de solidarité a été impressionnant. ‘Tsunami 12-12’, l’appel commun de six organisations humanitaires, a été lancé le 28 décembre 2004 et a atteint son apogée le 14 janvier 2005 lors des soirées télévisées synchrones en Communauté française et en Flandre, soutenues par l’ensemble de la presse. Fin 2005, l’appel de Tsunami 12-12 a été clôturé sur un montant de 48,5 million d’euros, apporté par un demi-million de citoyens belges.

Les rapports des organisations humanitaires révèlent qu’au bout du compte, près de 56 millions d’euros ont été affectés à l’aide d’urgence, à la reconstruction et à l’aide structurelle dans les pays touchés, et que 1,4 million d’euro (2,5%) seront utilisés pendant les prochains mois et années. Plus d’un tiers des dépenses ont été faites au Sri Lanka, un autre tiers en Indonésie (Aceh) en 12% dans le Sud de l’Inde, le solde dans d’autres pays ou pour des programmes régionaux.

Caritas International, Handicap International, la Croix Rouge, Oxfam-Solidarité et UNICEF Belgique peuvent donc clôturer l’opération Tsunami 12-12 sur un bilan largement positif et tiennent à remercier encore une fois tous ceux et celles qui y ont contribué. Les partenaires de Tsunami 12-12 sont des organisations humanitaires belges, faisant partie de réseaux internationaux réputés : Caritas Internationalis, Handicap International, la Fédération internationale des Croix Rouges et Croissants Rouges (FICR), Oxfam International, UNICEF.

Les contributions belges aux secours des victimes du tsunami étaient généralement coordonnées d’une manière ou d’une autre par ces réseaux internationaux. Parfois, la totalité des moyens financiers a été utilisée pour un programme commun du réseau, dans d’autres casn des responsabilités opérationnelles ont été confiées à l’ONG belge, parfois les fonds d’origine belge ont été attribués à des programmes bien précis.

Sur www.1212.be se trouve un aperçu des programmes dans les différents pays touchés, avec l’apport des partenaires de Tsunami 12-12. Des informations plus exhaustives et détaillées sont publiées sur les pages internet de chacune des organisations.

Caritas International
Croix Rouge de Belgique - Tsunami +5
Croix Rouge de Belgique - Bilan financier
Rode Kruis Vlaanderen
Handicap International
Oxfam-Solidarité
UNICEF Belgique

Témoignage

Mes tâches et responsabilités, en tant que "coordinateur de crise", pendant les premières semaines après la catastrophe, et comme "gestionnaire de crise" de Tsunami 12-12, se situaient essentiellement ici, en Belgique. Il s’agissait d’un travail à plein temps pendant un an et demi et d’une préoccupation permanente jusqu’à ce jour.

Le résultat extraordinaire de l’appel de solidarité n’est pas le mérite direct ni exclusif de Tsunami 12-12, mais il a bien démontré que citoyens, entreprises, médias et pouvoirs publics sont très sensibles à une bonne coordination entre organisations humanitaires.

Début janvier 2005 déjà, Tsunami 12-12 a annoncé qu’il ferait rapport de manière très transparente sur l’utilisation des dons. En avril, un Engagement de Transparence a été rendu public, sur une base entièrement volontaire et avec un contrôle externe autonome. Nous avons régulièrement rendu compte de l’évolution des dépenses et transmis, en juillet 2007, le rapport consolidé officiel (2004-2005) aux autorités et aux médias.

Des chiffres seuls ne peuvent rendre la réalité vivante. Dès lors, Tsunami 12-12 a permis, en novembre 2005, à dix citoyens "ordinaires", tirés au sort parmi les 500.000 donateurs, d’être témoins de la progression des secours au Sri Lanka et à Aceh (Indonésie). Le 12 décembre, ils ont présenté leurs récits, critiques mais positifs.

J’ai eu moi-même à deux reprises le privilège de pouvoir regarder derrière les chiffres, au Sri Lanka en juin 2005 et à Aceh en novembre 2009. Six mois après le tsunami, les travaux de déblaiement étaient toujours en cours et des milliers de familles vivaient encore sous tente. Cependant, nous avions l’impression d’un ‘retour à la normale’. Malheureusement, la violence militaire au Sri Lanka a repris peu après, provoquant une nouvelle fois la fuite de dizaines de milliers de civils et la suspension de nos programmes, souvent réorientés par la suite.

Ce que nous avons vu, il y a quelques semaines dans la province d’Aceh en Indonésie, était impressionnant. La ville de Banda Aceh, la plus durement touchée en 2004, a été reconstruite physiquement et entièrement renouvelée. Le développement socioéconomique est lancé. Les gens nous disaient vivre mieux qu’il y a cinq ans.

Les circonstances à Aceh étaient particulières : un processus de paix a commencé, après trente ans de conflit militaire, et la dynamique qui en a découlé a été soutenue par des moyens financiers largement disponibles. Des briques sont une condition nécessaire mais insuffisante au développement durable. Dans ce domaine, il reste du pain sur la planche, mais les fonds du tsunami sont épuisés, beaucoup plus vite que nous pouvions le rêver début 2005.

Des évaluations internationales ont démontré que la pression de l’opinion publique (et des médias) dans les pays donateurs, pour dépenser rapidement les fonds, a contribué à travailler de manière un peu trop précipitée. Les organisations humanitaires auraient dû prendre plus de temps pour écouter les attentes des survivants et pour élaborer avec eux la reconstruction et les processus de développement.

La catastrophe du tsunami, la solidarité internationale et les secours étaient tous exceptionnels. Personne n’était préparé à un tel défi. En tant qu’acteurs humanitaires, nous pouvons fermer aujourd’hui ce chapitre par un bilan positif mais nuancé et tirer les leçons pour des catastrophes futures, en espérant que plus jamais elles prennent une telle ampleur.

Erik Todts,
Gestionnaire de Crise Tsunami 12-12
GSM 0476/98.24.04

-> Le rapport du Consortium belge pour les situations d'urgence (pdf) :
« Tsunami 12-12 clôture cinq années de secours sur un bilan positif »

-> Le communiqué de presse d'UNICEF Belgique