De retour de Haïti : l’éducation, une priorité pour construire l’avenir
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Helmut Lotti est ambassadeur bénévole d’UNICEF Belgique et s’est rendu du 26 au 29 octobre 2010 en Haïti avec Yves Willemot, notre Directeur général. Ils ont pu constater les avancées du travail humanitaire mais aussi les menaces naturelles et sanitaires (pluies, ouragans et choléra) qui pèsent sur la population du pays.
Malgré la difficulté du travail et ces urgences successives, l’ambition de l’UNICEF est de reconstruire le pays pour ses enfants selon 3 priorités : la nutrition, l’éducation et la protection sociale des enfants. En collaboration avec nos partenaires, le gouvernement haïtien et la population, nous nous attelons donc à construire entre autres un système scolaire de qualité pour tous les enfants.
L’école pour tous
En Haïti, il ne faut pas organiser de grandes campagnes pour sensibiliser les parents à l’importance d’envoyer son enfant à l’école ; les parents en sont tous convaincus ! Le problème est plutôt d’avoir assez d’écoles de qualité dans le pays pour accueillir tous les enfants, y compris les plus pauvres et ceux des zones les plus inaccessibles. Avant le séisme, seulement un enfant sur deux allait à l’école et 80% de celles-ci étaient privées et de qualité médiocre.
Grâce aux tentes écoles et à la formation de professeurs, nous avons évité une année blanche (perdue) pour la plupart des enfants scolarisés. Du 28 août au 4 octobre, nous avons construit des classes supplémentaires et préparé la rentrée scolaire. La rentrée a eu lieu le 4 octobre et la mission de Helmut et d'Yves était une occasion de visiter des écoles ayant rouvert.
Yves Willemot raconte
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| © Katrijn Van Giel |
« Il n’y a plus rien à voir de l’école Saint-Gérard. Le séisme a tout détruit, comme pour quelques 5 000 autres écoles. L’église à côté de l’école menace de s’effondrer. A côté de l’église, il y a 7 tentes de secours de l’UNICEF. Depuis le 5 avril - date à laquelle les cours ont repris officiellement - les enfants de l’école Saint-Gérard vont en classe dans ces tentes. L’UNICEF a également livré le matériel scolaire.
L’UNICEF est omniprésent en Haïti. Nous soutenons des activités dans pratiquement tous les camps et dans plus de 2 000 écoles.
A côté d’une des façades de l’église, nous voyons quelques garçons se soulager. Cifora, notre collègue d’UNICEF Haïti, n’en croit pas ses yeux. Il n’y a pas de latrines ici ? Elle se dirige vers la directrice de l’école et j’entends ce qu’elle dit : « Vous pouvez compter sur nous. Je m’assure que l’on vienne vous installer des latrines dans les prochains jours. Et n’oubliez pas de faire passer les bons messages d’hygiène aux enfants : se laver les mains avec du savon ! » C’est important de rappeler comment on peut éviter le choléra. Les gens ne le savent plus car il n’y a plus eu de cas de choléra depuis plus d’un siècle en Haïti.
Nous poursuivons notre visite. « Nouvelle vision » est une école où l’UNICEF a érigé des classes semi-permanentes, pour remplacer les tentes. La directrice se réjouit du soutien de l’UNICEF pour la construction de ces bâtiments. Pour elle, ces classes peuvent rester longtemps, plus longtemps que les 10 années prévues par l’UNICEF. Les locaux sont résistants aux séismes sévères. Ils offrent plus de confort aux enfants. L’UNICEF a pour objectif de construire encore 400 classes similaires dans les deux ans. »
Les besoins en construction sont plus importants mais l’UNICEF ne peut pas tous les couvrir. Le modèle d’école semi-permanente développé par nos équipes, récupérant la structure métallique des tentes et résistant aux séismes, coûte entre 100 000 et 220 000 dollars en fonction du terrain où elle doit être installée. Ce prix est relativement raisonnable puisque dans ce pays insulaire, tout le matériel doit être importé.
Du sport pour surmonter les traumatismes
En visite dans le camp de l’aéroport, Yves et Helmut se rendent compte de l’importance des tentes écoles mais aussi des activités sportives pour aider les enfants à surmonter les traumatismes, prévenir la violence et éviter que les jeunes n’entrent dans des gangs.
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| © Katrijn Van Giel |
Yves continue : « Nous longeons les tentes jusqu’à un terrain de jeu au milieu du camp. Jean-Marc Saint Philippe (comme les noms sont jolis, ici !) vient à notre rencontre. Jean-Marc a été champion de judo. Actuellement, il travaille pour le comité olympique haïtien. Il coordonne le programme commun entre l’UNICEF et le Comité Olympique pour permettre aux enfants et aux jeunes des camps de pratiquer des sports et de jouer.
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| © Katrijn Van Giel |
Je n’en crois pas mes yeux : le foot, le basket, les échecs, le handball, le judo… A chaque coin du terrain, des enfants et des jeunes s’activent. L’UNICEF fournit le matériel de sport et de jeu et soutient l’encadrement de ces enfants et de ces jeunes. L’initiative se répète dans 53 camps et profite à 37 000 enfants et jeunes. »
L’UNICEF veille à ce que ces modèles d’école et d’activités sportives servent d’exemple aux autres acteurs. En même temps, nous commençons à réfléchir avec le gouvernement à un modèle d’école permanente et à la stratégie de réorganisation complète du système scolaire. L’UNICEF convainc avec beaucoup d’énergie les grands organismes internationaux à investir massivement dans le secteur de l’éducation pour garantir un meilleur futur à tous les enfants du pays !
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