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Haïti, un an après le séisme : le long parcours depuis les premiers secours

6 janvier 2011

This blog item belongs to the project Urgence Haïti

Téléchargez ici le rapport complet

Le 3 décembre 2010, la petite Christelle Jean Pierre (6 mois), souffrant de malnutrition, dort dans les bras de l'infirmière en chef Cristina Benetti après avoir reçu une formule prête à l'emploi, dans une "tente amie des bébés" soutenue par l'UNICEF et gérée par l'ONG italienne AVSI (Voluntary Association for International Service), dans le quartier pauvre de Cité Soleil à Port-au-Prince. Christelle a été apportée à la tente par Nadège, 16 ans, la cousine de sa maman. Nadège s'occupe de Christelle parce que la maman de l'enfant, souffrant du choléra, a été hospitalisée.© UNICEF/NYHQ2010-2547/Dormino

Un an après, les enfants d’Haïti sont encore sous le choc du tremblement de terre du 12 janvier 2010. 35 secondes qui ont anéanti toute une capitale et paralysé un pays déjà extrêmement pauvre avec de fortes inégalités, des infrastructures fragiles et un cruel manque de protection sociale. Plus de 222.000 personnes sont décédées, 310.000 ont été blessées, 4.000 ont dû être amputées et 750.000 enfants ont été directement touchés cette catastrophe sans précédent.

L’aide a été mise sur pied très rapidement afin de répondre aux besoins les plus urgents. Dans notre pays, des centaines d’actions de solidarité ont vu le jour notamment via l’opération « Haïti Lavi 12-12 ».

Aujourd’hui, un million de personnes dont 380.000 enfants vivent dans quelques 1.200 camps de tentes surpeuplés. Ils font face à des conditions de vie difficiles, mais qui sont pourtant meilleures que celles des bidonvilles d’avant le tremblement de terre ou de certaines zones rurales. D’autre part, d’autres urgences (inondations et choléra) se sont succédées et ont rendu la population encore plus vulnérable.
 

Le travail de l’UNICEF en Haïti

 
Des jeunes filles portent des seaux d'eau le long d'un chemin de sacs de sable à Acra, un camp de tentes pour les victimes du tremblement de terre, dans le quartier de Juvenat à Port-au-Prince. L'eau d'Acra est fournie par Save the Children, un partenaire de l'UNICEF.© UNICEF/NYHQ2010-2569/LeMoyne

Les grandes priorités du travail de l’UNICEF en Haïti ont été et restent l’éducation, l’eau et l’hygiène, la protection de l’enfant, la nutrition et la santé.

L’UNICEF a acquis une bonne expérience en aide d’urgence de par le monde. Nous sommes présents en Haïti depuis 1949 avec des programmes de soins de santé, de nutrition, d’eau, d’hygiène, d’éducation et de protection de l’enfant. Nous avons eu la chance de ne perdre aucun membre de notre équipe lors du tremblement de terre. Malgré la perte des bureaux et d’une partie de l’entrepôt, nous avons rapidement pu entrer en action et déployer 395 personnes entre janvier et juillet 2010. L’équipe est aujourd’hui composée de 255 personnes dont 85 internationaux, 127 nationaux et 43 consultants.

Les actions des secteurs de l’eau et de l’hygiène (WaSH), de la nutrition et de la protection de l’enfant en Haïti sont coordonnées par l’UNICEF. Nous coordonnons aussi avec « Save The Children » le secteur de l’éducation.

Un rapide coup d’œil sur ce qui a déjà été fait

-    Au plus fort de l’urgence, les organisations du secteur WaSH fournissaient de l’eau potable à 1,2 millions de personnes (dont 680.000 grâce à l’UNICEF). L’UNICEF se concentre aujourd’hui sur la recherche de solutions durables pour l’accès à l’eau potable.

-    Depuis janvier, l’UNICEF a installé avec ses partenaires 11.324 latrines sur les 15.309 mises en place par le secteur, qui couvre un total de 1,7 millions de personnes.

-    720.000 enfants dans 2.000 écoles ont reçu le soutien de la campagne nationale « Tous à l’école ! ». 15.000 professeurs ont également bénéficié de matériel et de formation.

-    94.800 enfants des zones affectées par le tremblement ont participé quotidiennement à des activités récréatives et sportives grâce au réseau des 369 « espaces amis des enfants ».

-    L’UNICEF et les organisations du secteur de la santé ont protégé 1,9 millions d’enfants en les vaccinant contre 6 maladies (rougeole, diphtérie, tétanos, coqueluche, rubéole et polio).

Des enfants et leurs mamans attendent qu'on s'occupe d'eux dans une "tente amie des bébés" à Mais Gaté, un camp pour victimes du tremblement de terre près de l'aéroport de Port-au-Prince. La tente abrite aussi un programme de dépistage de la malnutrition pour les enfants. L'UNICEF a fourni la tente et une partie du matériel éducatif. © UNICEF/NYHQ2010-2590/LeMoyne

-    La malnutrition aiguë des enfants de moins de 5 ans n’a pas augmenté. L’UNICEF a mis en place un réseau de 107 tentes et coins « amis des bébés » pour promouvoir l’allaitement maternel et les bonnes pratiques de nutrition auprès de 102.000 enfants et 48.900 mamans dans les camps. L’UNICEF soutient les centres nutritionnels thérapeutiques qui ont permis de traiter jusqu'à présent plus de 11.250 enfants sévèrement mal nourris.

-    Fin décembre, le choléra a touché les 10 départements du pays et contaminé plus de 100.000 personnes faisant déjà 2.500 morts. Les acteurs humanitaires ont adapté leur travail rapidement et perpétuellement en fonction de l’évolution de la maladie mais aussi de l’insécurité et des troubles liés aux élections.

-    Les interventions de l’UNICEF dans le domaine de la lutte contre le choléra s’étendent pour soutenir 72 centres et unités de traitement. Nous distribuons également du savon et des tablettes de purification pour l’eau, formons les professeurs et les enfants sur les bonnes pratiques d’hygiène et d’alimentation pour éviter la contamination. Ces actions portent sur 1,5 million d’enfants dans 5.000 écoles ainsi que 30.000 enfants vulnérables dans 300 centres de nutrition et plus de 700 centres résidentiels.
 

Les moyens financiers, matériels et humains à disposition de l'UNICEF

En Belgique, un énorme mouvement de solidarité du public et des autorités régionales a permis de rassembler 24,7 millions d’euros via l’action « Haïti Lavi 12-12 », à laquelle prenaient part cinq organisations. Grâce à cette générosité, UNICEF Belgique a pu allouer 8,84 millions d’euros aux actions d’UNICEF Haïti. Cela signifie que ces fonds sont sur le terrain pour les actions de l’UNICEF et pour couvrir au mieux les besoins en s’adaptant à la réalité.

Notre pays fait partie des donateurs les plus importants pour l’UNICEF en Haïti. UNICEF Belgique a également décidé de continuer à soutenir Haïti pendant trois ans pour aider les enfants à aller à l’école !

Un garçon récite un poème dans une "tente amie des enfants" dans un camp à Place Boyer, dans la commune de Pétionville à Port-au-Prince. La tente est gérée par l'ONG haïtienne Mosaj, qui enseigne la prévention du choléra aux enfants et mène des activités psychosociales pour les aider à faire face à leurs traumatismes. L'UNICEF pourvoit Mosaj en fournitures diverses.© UNICEF/NYHQ2010-2662/LeMoyne

Au total, l’UNICEF a reçu 309,5 million de dollars américains pour ses actions en Haïti (298,8 millions de dollars américains pour le séisme et 10,7 millions de dollars américains pour le choléra), dont 70 % proviennent de dons privés. À la mi-décembre 2010, 63% du total avait déjà été dépensé. 25% des fonds ont été utilisés pour le secteur de l’éducation et 19% pour celui de l’eau, l’hygiène et l’assainissement.

56,5 millions de dollars ont été utilisés pour l’achat de matériel, représentant le volume de 1.240 containers (soit 9 km de containers si on les mettait les uns à la suite des autres !). 41% de ces achats ont été faits localement. L’UNICEF a aussi passé des contrats pour un montant total de 19,1 millions de dollars dont 15,6 millions avec des entreprises haïtiennes. 

Aujourd’hui, l’UNICEF a une capacité de stockage de 6.500 m2 répartis dans 8 localités et une équipe de 255 personnes.

Malgré les difficultés auxquelles le pays se trouve confronté, il ne faut pas oublier que le travail accompli ces 12 derniers mois par l’UNICEF, ses partenaires et la population haïtienne a permis d’obtenir des résultats impressionnants et doit continuer à porter un espoir pour le futur d’Haïti !
 

L'ampleur du défi

Suite à ce séisme d’une ampleur exceptionnelle et à l’épidémie de choléra, la situation dans laquelle se trouve Haïti est donc d’une grande complexité. L’enjeu est maintenant d’éviter que les solutions temporaires ne se prolongent. Depuis le début, l’UNICEF a développé ses actions d’urgence dans une perspective de recherche d’alternatives fiables et durables pour le bien-être des enfants et de leurs familles (comme par exemple par la construction d’écoles semi-permanentes).

Des gens passent à côté d'un bâtiment écroulé dans le centre-ville de Port-au-Prince. Un an après le tremblement de terre, beaucoup de bâtiments sont toujours en ruines.© UNICEF/NYHQ2010-2603/LeMoyne

Remettre un pays sur pied après une catastrophe naturelle comme le tremblement de terre du 12 janvier 2010 prend énormément de temps. Nous le savions dès le départ et ne pouvons pas l’oublier. Pour avoir un point de comparaison, imaginez que la ville de Bruxelles (1 million d’habitants, comme Port-au-Prince) soit complètement détruite. Même avec tous nos moyens modernes d’un pays riche, avec des voisins proches pouvant nous aider, combien de temps nous faudrait-il pour dégager tous les décombres et reconstruire, pour que nos enfants puissent à nouveau aller à l’école, pour que nos hôpitaux soient à nouveau opérationnels, pour que nos administrations fonctionnent… ? Dans notre cas, nous pourrions parler de reconstruction, mais ici, le gouvernement haïtien et les organisations parlent de « construction », puisqu’il faut souvent partir de zéro.

On peut aussi comprendre la complexité du défi en se rappelant certains événements ou faits

Une fillette souffrant du choléra dort pendant qu'elle reçoit des fluides par intraveineuse, au centre de traitement du choléra Gheskio, soutenu par l'UNICEF, dans le quartier pauvre de Cité l'Éternel à Port-au-Prince. L'administration de fluides par intraveineuse vise à remédier aux dangereux niveaux de déshydratation qui vont de pair avec la maladie.© UNICEF/NYHQ2010-2710/Dormino

-    le contexte de pauvreté, de profondes inégalités et de vulnérabilité d’Haïti (seule une personne sur 5 avait accès à des installations sanitaires (toilettes) avant le tremblement de terre),
-    le centre économique, politique et social du pays directement et lourdement affecté,
-    la capitale très densément peuplée,
-    la faible capacité à déblayer les décombres,
-    la structure de la propriété du sol problématique qui doit être réformée,
-    les tensions apparues lors des élections,
-    l’apparition imprévisible du choléra en octobre, touchant rapidement l’ensemble du pays,
-    le passage de l’ouragan Tomas début novembre,
-    le gouvernement fortement affecté, débordé, impliqué dans les élections et manquant de ressources,
-    les acteurs humanitaires (Nations Unies et ONG) également touchés.

Dans ces conditions difficiles, les équipes de l’UNICEF ont travaillé sans relâche aux côtés de partenaires, gouvernementaux ou non, et de la population haïtienne pour redonner à tous l’espoir et jeter les bases d’un nouvel Haïti pour les enfants.
 

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Vidéos

► Un an plus tard, Haïti se bat toujours contre les conséquences du séisme dévastateur du 12 janvier 2010. Un désastre qui a eu un impact profond sur les enfants. Les actions d'aide de l'UNICEF se concentrent sur les plus vulnérables.

► En décembre 2010, à l'approche de l'anniversaire du tremblement de terre en Haïti, nous sommes allés retrouver Christine, 14 ans, que nous avions rencontrée cinq mois plus tôt. À l'époque, quelques mois seulement après le séisme, elle était la seule des trois enfants de sa famille à pouvoir aller à l'école. Maintenant, son grand frère et sa petite sœur sont aussi scolarisés et Christine s'en réjouit.

► La vidéo de Christine il y a quelques mois (en anglais) :


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