Les enfants en Haïti, 2 ans plus tard
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► Pour des informations plus détaillées et chiffrées, voir le rapport « Children of Haiti: Two Years After » (pdf)
► Haïti : 2 ans plus tard en 12 photos
Mardi 12 janvier 2010, un tremblement de terre d’une violence exceptionnelle a ravagé la région de Port-au-Prince, la capitale d’Haïti, faisant des dizaines milliers de morts. Des centaines de milliers de blessés et de sans-abris furent contraints de tenter de survivre au milieu des ruines. En octobre 2010, le pays fut frappé par une épidémie de choléra.
Deux ans plus tard, les effets de la catastrophe sont encore visibles dans les infrastructures, les institutions et les services sociaux du pays. Les corps et les cœurs des enfants, des jeunes et des adultes en portent également la trace.
Mais il y a aussi des signes encourageants de redressement du pays. Près de la moitié des décombres ont été évacués, deux tiers des personnes ont quitté les camps surpeuplés et 750.000 enfants ont accès à l’éducation... L’UNICEF travaille sur trois fronts : l’aide humanitaire, le soutien au développement des institutions et le plaidoyer en faveur des droits de l’enfant. Il tente d’apporter une expertise tant aux problèmes urgents qu’aux maux chroniques du pays, afin de mieux faire respecter les droits des enfants sur le long terme.
Des victoires prometteuses…
Haïti n’est pas uniquement en train de « se redresser » d’une catastrophe ; le pays est à l’aube d’accomplir des changements historiques pour ses enfants.
Grâce à la collaboration des autorités haïtiennes, de l’UNICEF et d’autres partenaires, des avancements prometteurs ont été engrangés dans plusieurs secteurs clés. Cette série de petites victoires peuvent mener, si elles sont correctement exploitées, à des progrès significatifs, qui iront bien au-delà d’un retour à la situation d’avant le tremblement de terre. En ce sens, le tremblement de terre, après avoir empiré la situation du pays dans tous les secteurs (santé, éducation, nutrition…), a créé une occasion unique d’aller au-delà de la reconstruction et d’attaquer les problèmes dans leurs fondements.
Voici quelques réalisations marquantes auxquelles l’UNICEF a collaboré dans les secteurs clés de l’éducation, de la protection, de la nutrition, de WaSH, de la santé et de la participation.
► Par souci de concision, toutes les actions de l’UNICEF dans ces domaines ne sont pas citées. Pour des informations plus détaillées et chiffrées, voir le rapport « Children of Haiti: Two Years After » (pdf)
Avant le tremblement de terre, moins de la moitié des enfants haïtiens allait à l’école. De ceux qui avaient la chance d’y aller, un tiers seulement terminait l’école primaire.
Aujourd’hui, l’UNICEF soutient les autorités haïtiennes dans leur forte volonté d’améliorer le système scolaire et la qualité de l’éducation. L’organisation fournit de l’aide pour la planification et la communication, livre du matériel scolaire, transforme des espaces d’apprentissage provisoires en écoles primaires semi-permanentes, antisismiques et accueillantes pour les enfants.
Grande nouveauté pour Haïti et qui tient à cœur à l’UNICEF : le souhait du gouvernement d’inclure l’école maternelle dans ses programmes d’éducation. Celle-ci permet aux enfants de commencer l’école primaire à temps et en y étant bien mieux préparés.
Le tremblement de terre n’a fait qu’empirer une situation dans laquelle les enfants étaient déjà extrêmement vulnérables aux abus et à la violence. Nombre d’entre eux travaillaient comme domestiques dans des familles, vivaient dans des institutions ou en rue. Les systèmes en charge de leur protection, instables, se sont fragilisés davantage lors de la catastrophe.
Aujourd’hui, le gouvernement haïtien est en train d’adopter de nouvelles lois afin de mieux protéger les enfants contre des adoptions abusives. En ce qui concerne les institutions, il y a toujours eu un manque de données précises relatives au nombre d’enfants vivant en institution, à la qualité et à la quantité de celles-ci. L’UNICEF assiste le gouvernement dans la publication du premier annuaire des centres résidentiels et dans la collecte et l’actualisation des données. Ceci permettra un meilleur suivi et par conséquent une meilleure protection des enfants.
L’UNICEF et d’autres partenaires ont également collaboré à la réunification des enfants séparés de leurs familles avec celles-ci, à la mise en place de services de protection des mineurs aux frontières et à la formation d’agents de protection de l’enfance à l’échelon de la collectivité.
Avant le tremblement de terre, un enfant de moins de cinq ans sur cinq souffrait d’insuffisance pondérale à cause de malnutrition chronique.
Depuis le tremblement de terre, l’UNICEF a participé à une expansion sans précédent des services de nutrition préventifs et curatifs. L’organisation a fourni un appui à la coordination ainsi qu’une aide technique, financière et matérielle sous la forme, par exemple, de tentes « amies des bébés » dans lesquelles les femmes reçoivent de l’aide et des conseils en matière d’allaitement et de nutrition.
WaSH vient de l’anglais Water (l’eau potable), Sanitation (l’installation de sanitaires) et Hygiene. Avant le tremblement de terre, l’énorme majorité des haïtiens vivait déjà sans accès à l’eau potable ni à des installations sanitaires. La catastrophe n’a évidemment pas amélioré les choses.
Suite au tremblement de terre et à l’épidémie de choléra en octobre 2010, les connaissances et les pratiques en matière d’hygiène se sont nettement améliorées en Haïti. L’UNICEF et ses partenaires ont concentré leurs efforts sur la promotion de WaSH dans les camps, les écoles et les collectivités : distribution d’eau potable, réparation et amélioration des infrastructures, construction d’installations sanitaires, promotion du lavage des mains, information sur le choléra et les moyens de s’en protéger etc.
Avant le tremblement de terre, environ la moitié de la population haïtienne n’avait pas accès à des médicaments ni à des soins de santé. En outre, les services de santé existants étaient généralement de piètre qualité. Le Ministère haïtien de la Santé Publique et de la Population n’était pas préparé à faire face à quelque urgence que ce soit.
Dans un premier temps, l’UNICEF a fourni une aide technique et matérielle pour faire face à l’urgence, tant lors du tremblement de terre qu’au début de l’épidémie de choléra. Ensuite, l’organisation s’est concentrée sur le renforcement des capacités nationales à maintenir les services de prévention et de soins. Le Ministère est maintenant mieux préparé à faire face à des urgences.
La Convention relative aux droits de l’enfant garantit à tout enfant le droit d'exprimer librement son opinion sur toute question le concernant et celui de voir cette opinion entendue et prise en considération.
La participation des jeunes (le fait de leur donner une place dans les discussions) est un des éléments devenus incontournables dans le programme de reconstruction et de redressement en Haïti. L’UNICEF a aidé à la mise en place du Conseil National de la Jeunesse. Il a aussi encouragé l’organisation de Forums de la Jeunesse au niveau national et a permis à de jeunes Haïtiens de participer à des forums internationaux.
L’organisation encourage également la participation des jeunes dans la préparation et la réponse aux situations d’urgence. Des initiatives dans ce sens voient le jour dans tout le pays.
Vidéo : des jeunes se forment au radio-journalisme pour donner une voix aux enfants de leur pays
N’oublions pas les enfants les plus vulnérables
Dans les efforts de redressement du pays et d’amélioration de la vie des enfants à tous les niveaux en Haïti, aucun enfant ne peut être exclu, surtout les plus vulnérables ; les plus difficiles à atteindre.
Certains d’entre eux vivent encore dans des camps, d’autres dans des institutions, en rue ou dans des familles pour lesquelles ils doivent travailler. Mais la plupart vivent dans les zones rurales, loin des régions touchées par le tremblement de terre, et n’ont pas accès aux services sociaux de base.
L’UNICEF veut mettre ces enfants sur l’avant de la scène afin de leur donner les mêmes chances qu’à tous les autres.
Haïti a besoin d’un soutien ferme
Avant le tremblement de terre, le pays faisait déjà face à de graves problèmes qui minaient toute la société : une pauvreté chronique, d’énormes disparités entre zones urbaines et zones rurales, des institutions faibles, de graves problèmes structurels, une instabilité politique et une forte criminalité.
En tant que partenaire de longue date et à long terme, l’UNICEF s’est engagé à soutenir le gouvernement haïtien, les institutions et la population dans le but de faire respecter les droits des enfants. Cette dynamique doit être maintenue et les opportunités inhérentes à un processus de redressement doivent être saisies. De cette façon, les systèmes qui maintiennent les enfants en sécurité, en bonne santé et à l’école pourront être fortifiés, tant à l’échelle nationale qu’à l’échelle de la collectivité. Et tout ceci ne sera possible qu’avec le maintien de la formidable solidarité internationale exprimée depuis 2010 envers Haïti.
► Pour des informations plus détaillées et chiffrées, voir le rapport « Children of Haiti: Two Years After » (pdf)
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