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Pourquoi la malnutrition est-elle si difficile à combattre ?

26 janvier 2012

This blog item belongs to the project La survie et le développement du jeune enfant

Voici quelques questions et réponses pour mieux comprendre ce qu’est une crise nutritionnelle et pourquoi ces crises sont récurrentes dans les régions touchées.

Qu’est-ce que la malnutrition ?

La malnutrition est la combinaison d’un manque de nourriture, d’une insuffisance de substances essentielles et d’une mauvaise santé et donc, comme le définit le « Robert » une « Alimentation mal équilibrée ou mal adaptée à un individu ou à une population. »  

Pour grandir et être en bonne santé, les enfants ont besoin d’un régime équilibré en quantité et en qualité et contenant les substances nutritives essentielles à leur développement, telles que des minéraux, des vitamines, de l’iode, des matières grasses et des protéines. Lorsque certaines substances nutritives manquent au régime alimentaire d’un enfant, cela peut avoir des conséquences graves pour sa santé.

La malnutrition est responsable de 35% des décès d’enfants de moins de 5 ans dans le monde en développement.

La malnutrition est-elle toujours liée à un problème de mauvaises récoltes ?

Non, certainement pas. Dans les régions où les enfants souffrent de malnutrition (aiguë ou chronique, voir ci-dessous), c’est tout le système de protection de l’enfant qui est en difficulté voire en faillite, au niveau de la famille, de la communauté, des services…

Les causes d'une mauvaise nutrition sont diverses : manque de denrées alimentaires, augmentation du prix des denrées alimentaires, faible revenu familial, mauvaise santé de la mère, peu ou pas d’accès aux soins de santé, peu ou pas d’installations sanitaires, peu ou pas d’éducation (voir question ci-dessous), mauvaises habitudes alimentaires... C’est ce qui rend le problème si difficile et si long à résoudre. Il ne suffit pas d’« apporter à manger » aux enfants qui souffrent de malnutrition ; il faut résoudre des problèmes de fond d’ordre culturel, social, économique et politique.

Quelle est la différence entre la malnutrition aiguë  et la malnutrition chronique ?

La malnutrition aiguë est la forme la plus visible, la plus grave et la plus urgente à traiter. Les enfants souffrant de malnutrition aiguë ont un poids nettement inférieur à celui qu’ils devraient avoir compte tenu de leur âge et de leur taille. Leur corps « manque de carburant » et cela se voit tant à l'extérieur qu'à l’intérieur. Les organes ne fonctionnent plus comme il faut, le système immunitaire est affaibli… Ces enfants risquent de mourir s’ils ne sont pas traités rapidement.

La malnutrition chronique est un problème au long cours ; moins soudain. Elle est présente dans des régions où les populations souffrent de carences alimentaires récurrentes. La malnutrition chronique des enfants commence déjà pendant la grossesse, dans le ventre de la maman qui n’a pas une alimentation assez riche, suffisante ni variée. Les enfants souffrant de malnutrition chronique n’ont pas l’air malades à première vue, mais ont une taille plus petite que les enfants de leur âge en bonne santé. Ils sont affaiblis, beaucoup plus vulnérables à toutes sortes de maladies et souffrent plus vite de malnutrition aiguë que d'autres enfants. De plus, ils ont souvent un QI moins élevé que les autres enfants.

La malnutrition chronique a donc un effet négatif sur le potentiel de l'enfant d'être un acteur dans la société ; elle ralentit le développement social, économique et politique des communautés, et plus largement du pays. Les enfants souffrant de malnutrition chronique ont besoin de suppléments alimentaires pour reprendre une croissance normale.

Comment l’UNICEF traite-t-il la malnutrition ?

Les enfants souffrant de malnutrition aiguë sont trop faibles pour recommencer à manger des aliments « normaux » du jour au lendemain.

La plupart d’entre eux (environ les trois quarts) peuvent être traités à la maison grâce à des produits thérapeutiques prêts à l’emploi que distribue l’UNICEF. Ces aliments spéciaux sont des médicaments et ne peuvent pas être mangés comme aliments « normaux ». Un exemple : le « Plumpy’Nut », une pâte spéciale à base d’arachide qui est facile à manger et contient entre autres du fer, du calcium, du zinc, de l’iode, de l’acide folique et plusieurs vitamines. Ces aliments thérapeutiques permettent de soigner et de remettre les enfants sur pied en quelques semaines.

10 à 15% des enfants souffrant de malnutrition aiguë présentent des complications médicales et doivent faire un séjour à l’hôpital. Ces enfants-là reçoivent des laits thérapeutiques très faciles à digérer, afin de reprendre un minimum de forces pendant qu’on les soigne. Après, on leur donne un autre lait, plus riche, puis du « Plumpy’Nut » quand ils rentrent à la maison.

Pour les enfants souffrant de malnutrition chronique, l’UNICEF fournit des suppléments alimentaires (minéraux, vitamines, iode…).

Mais l'UNICEF organise aussi un suivi de la croissance des enfants et le dépistage de la malnutrition chronique et aiguë. Plus la malnutrition est dépistée tôt, plus elle sera facile à traiter. Le suivi de la croissance et le dépistage se font dans les communautés et dans les centres de santé, via des séances d'information pour les mamans et par le biais de membres des communautés formés par l'UNICEF.

L’organisation fournit aux hôpitaux et aux centres de santé des sels de réhydratation orale pour traiter la diarrhée, des antibiotiques, des vaccins, des médicaments pour déparasiter et elle soutient la mise en place de centres nutritionnels spécialisés, où les parents trouvent un soutien médical, des conseils et les traitements adaptés pour remettre leur enfant sur pied.

Quel est le lien entre malnutrition et éducation ?

Par l’éducation, les filles augmentent leurs chances de sortir du cercle vicieux de la pauvreté et développent leur autonomie. Elles apprennent entre autres toute une série d’aptitudes à la vie quotidienne : la pyramide alimentaire, la prévention du VIH/sida, l’importance d’allaiter leur bébé exclusivement au sein maternel pendant ses six premiers mois, l’importance de l’hygiène et du lavage des mains… Toute une série de petites choses qui peuvent faire de grandes différences pour leur santé et celle de leurs enfants à venir.

Les enfants d’une mère ayant été scolarisée ont 50% de chances en plus de survivre à leur cinquième anniversaire, sont plus susceptibles d’avoir une alimentation équilibrée et adaptée à leur âge, sont moins vite malades, sont plus susceptibles d’être soignés quand ils sont malades, ont plus de chances d’aller à l’école… De cette façon, au lieu de s’enfoncer dans la pauvreté génération après génération, tout un pays peut sortir de ce cercle vicieux grâce à l’éducation.

Que fait l’UNICEF pour combattre la malnutrition ?

Comme nous l’avons vu plus haut, la malnutrition a des causes très diverses et récurrentes dans les régions touchées. L’UNICEF intervient à divers niveaux pour essayer de s’attaquer tant à la malnutrition même qu’aux éléments qui en sont la cause.

Les femmes enceintes et allaitantes assistent à des formations à la santé données par l'UNICEF. Elles apprennent ainsi l’importance d’une bonne alimentation pour toute la famille (en quantité et en qualité) et pendant la grossesse, les bienfaits de l’allaitement maternel exclusif pendant les six premiers mois d’un enfant, les besoins nutritionnels des enfants de 6 à 23 mois… L’organisation leur fournit aussi des suppléments alimentaires.

L’UNICEF informe les communautés, entre autres pour les sensibiliser au fait qu’une femme enceinte doit éviter de faire des tâches lourdes, pour les encourager à soutenir les femmes qui allaitent, pour leur apprendre à faire un suivi de la croissance des enfants et à dépister les signes de la malnutrition...

L’UNICEF fait un travail de plaidoyer auprès des gouvernements afin que ceux-ci s’attaquent aux causes structurelles de la malnutrition et prennent des mesures pour améliorer les services de santé, les habitudes alimentaires, l’éducation, les installations sanitaires, la distribution d’eau potable…

L’UNICEF fait de la prévention en distribuant des suppléments alimentaires (minéraux, vitamines…) aux enfants qui risquent de souffrir de malnutrition et aux femmes enceintes.

L’UNICEF aide directement les enfants souffrant de malnutrition dans les communautés, via des centres de santé, des centres nutritionnels spécialisés, des hôpitaux et du personnel de santé formé spécialement pour traiter la malnutrition et informer les populations.


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