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1 an de conflit au Yémen : les enfants en payent le prix

Il y a un an à peine, le conflit yéménite franchissait un pas de plus dans l’horreur, plongeant le pays dans une crise humanitaire sans précédent. Les enfants ne sont pas à l’origine de cette guerre ; ils sont pourtant les premiers à en ressentir les conséquences.

© UNICEF/UNI184983/Yasin
© UNICEF/UNI184983/Yasin

La situation au Yémen ne fait pas la une de l’actualité. Pourtant, l’UNICEF estime que six enfants yéménites par jour ont perdu la vie ou ont été grièvement blessés depuis mars 2015, soit 7 fois plus qu’en 2014. Ils représentent ainsi un tiers des victimes totales du conflit.

Si les enfants survivent aux balles et aux bombes, ils ne sont pas épargnés par la guerre pour autant.

Vivre dans la misère

Le Yémen était déjà un des pays les plus pauvres du monde avant que le conflit ne s’intensifie ; le redoublement des combats aggrave davantage cette situation. Aujourd’hui, près de la moitié des Yéménites vivent sous le seuil de pauvreté et 21,2 millions de personnes – soit 82% de la population totale – ont besoin d’une aide humanitaire d’urgence. Près de la moitié de ces individus sont des enfants.

Restriction des importations

En temps normal, 90% des besoins en nourriture et en pétrole de la population yéménite sont couverts par des importations. Depuis mars cependant, le pays est coupé de tout contact avec ses fournisseurs extérieurs, ce qui entraîne une hausse fulgurante du prix de la nourriture. La population affamée peut de moins en moins compter sur des aides humanitaires dont l’accès est entravé par des checkpoints et des barrages routiers. À ce jour, 320 000 d’enfants souffrent de malnutrition sévère. Le manque de nourriture affecte leur croissance et cause des dommages irréparables au cerveau ou même la mort, dans le pire des cas.

Recrutement d’enfants

Le recrutement d’enfants au sein de groupes armés a augmenté de manière exponentielle depuis 2015. 848 cas ont ainsi été dénombrés par les Nations Unies (l’organisation avoue cependant que ce nombre n’est certainement qu’un tout petit aperçu de la réalité). Ces « enfants soldats », qui n’ont même pas 10 ans pour certains, jouent un rôle de plus en plus actif dans le conflit. Pour plus d’informations sur le recrutements des enfants au Yémen, vous pouvez vous référer à l’interview de Julien Harneis, représentant de l’UNICEF au Yémen.

Fuir la guerre

Les violences forcent les familles à migrer dans des abris de fortune. La moitié de ces déplacés sont des enfants.

© UNICEF/UNI191725/Rita
© UNICEF/UNI191725/Rita

Sabah (10 ans) a fui le Yémen sur le bateau de son oncle. La mer était très agitée et une femme a été emportée par les vagues. « J’étais épuisée et effrayée », raconte-t-elle. Aujourd’hui, elle vit dans le camp de réfugiés de Markazi à Djibouti.

Quand de banales maladies deviennent meurtrières

L’année passée, pas moins de 63 hôpitaux ont été attaqués. 600 centres de santé ont également fermé leurs portes suite aux combats ou aux pénuries en matériel médical. L’UNICEF estime que 10 000 morts d’enfants auraient pu être évitées si ces centres étaient toujours en activité. En effet, sans accès aux soins de santé, à de l’eau potable, à des sanitaires ou à de la nourriture, les enfants et leurs mères succombent à des infections qui sont pourtant très facilement évitables en temps de paix.

Des classes d’école vides

Aucun lieu n’est épargné par la guerre, pas même les écoles. Pas moins de 3600 d’entre elles ont dû fermer leurs portes depuis le début du conflit. L’UNICEF affirme que 52 écoles ont été attaquées durant cette année mais, à nouveau, affirme que ce chiffre est bien loin de la réalité. Des professeurs ont également été assassinés ou blessés, d’autres ont dû fuir vers des régions plus paisibles. Certains enfants ont été tués sur le chemin de l’école.

Ainsi, l’éducation de 387 000 enfants a été suspendue. Cette interruption scolaire met le futur des enfants et le futur du Yémen en danger.

Quelques actions d’UNICEF

L’UNICEF appelle toutes les parties belligérantes à cesser immédiatement tout acte de violence et à conclure un accord politique.

© UNICEF/UNI191326/Matas
© UNICEF/UNI191326/Matas

En outre, l’UNICEF mène différentes actions sur le terrain dont voici quelques exemples.

  • L’UNICEF a développé des centres médicaux mobiles qui partent sur les routes pour fournir des médicaments aux femmes et aux enfants qui vivent loin des centres sanitaires.
  • 1.8 million d’enfants ont été vaccinés contre la rougeole.
  • Entre 2015 et 2016, l’UNICEF a distribué 3 159 tonnes de nourriture thérapeutique ainsi que des vitamines afin de traiter plus de 200 000 enfants mal nourris.
  • En collaboration avec le Ministère de l’Education yéménite, l’UNICEF a permis à 600 000 élèves de passer leurs examens et d’obtenir ainsi leur diplôme de primaire ou de secondaire.
  • 1500 professeurs ont reçu une formation en psychologie afin d’aider les enfants traumatisés.
  • Des tentes ont été dressées afin de remplacer temporairement les écoles détruites.
  • L’UNICEF trouve des solutions innovantes afin d’apporter des médicaments, de l’eau et de la nourriture aux enfants malgré les restrictions et les difficultés d’accès au pays. Des voiliers de plaisance ont ainsi été utilisés afin d’apporter des fournitures dans des petits ports reculés.

L’UNICEF et ses partenaires ont besoin de votre aide afin de poursuivre ces actions.

Faites un don pour les enfants en détresse