Humanitarian Action for Children 2018

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L’année écoulée fut catastrophique pour les enfants. Un enfant sur quatre dans le monde vit dans un pays touché par un conflit ou une catastrophe naturelle. Près de 50 millions d’enfants ont dû abandonner leur foyer en raison de la pauvreté ou de désastres d’origines humaine ou naturelle.

Ces fléaux ont eu des conséquences catastrophiques sur les enfants. En de nombreux endroits de la planète, les besoins humanitaires ont atteint un seuil critique. Pour les enfants qui sont frappés par des conflits interminables comme au Soudan du Sud, au Yémen, au Bangladesh, au Nigeria, en Syrie et en République démocratique du Congo, la vie quotidienne est devenue un cauchemar. Beaucoup ont perdu leur foyer, ont faim ou ont contracté des maladies dangereuses du fait de la déliquescence des infrastructures aux niveaux de la santé, de l’eau potable et du manque d’hygiène.

Et pourtant, au sein de ce chaos, de l’espoir subsiste. Dans le rapport “Action Humanitaire pour les Enfants 2018” qui fait état des résultats obtenus par l’UNICEF dans le secteur humanitaire, on observe que l’action du Fonds pour l’enfance a eu un impact positif sur la situation des enfants même sur le long terme et dans des circonstances parfois terribles. Voici six exemples qui illustrent comment l’UNICEF et ses partenaires ont contribué à sauver des enfants et à améliorer leur quotidien.

Programmes de réunification au Soudan du Sud

Au Soudan du Sud, pays touché par la guerre civile, la pauvreté et l’insécurité, on a recensé plus de 16.055 enfants non-accompagnés, une situation particulièrement traumatisante pour les principaux concernés. Car c’est justement en période de conflits, que les enfants ont le plus besoin de soutien et de stabilité. Rechercher les familles et réunir les enfants avec leurs proches est donc essentiel. C’est également le moyen par excellence d’assurer la protection nécessaire aux enfants.

Depuis l’éclatement du conflit au Soudan du Sud, en 2013, l’UNICEF et ses partenaires sont parvenus à réunir plus de 5.000 enfants avec leurs parents ou des proches. Nous poursuivrons ce travail en 2018 afin d’assurer le même encadrement familial aux plus des 10.000 enfants qui sont encore séparés de leur famille. Un vrai défi dans un pays où de nombreuses infrastructures font défaut et où aucune communication téléphonique n’est possible dans certaines régions.

Luttez contre le choléra au Yémen

Une homme, aidé par des étudiants, se lave les mains lors d’un événement organisé dans une école à Sana’a, au Yémen, pour promouvoir le lavage des mains. 

En avril 2017, le choléra est apparu au Yémen, pays le plus pauvre du Moyen-Orient. Toutes les conditions étaient réunies pour permettre à la maladie de se propager à la vitesse de l’éclair et de devenir l’épidémie de choléra la plus importante de mémoire d’homme. La guerre et la destruction presque totale des systèmes de santé et d’approvisionnement d’eau – laissant quelque 16 millions de personnes sans un accès sûr à l’eau – ont eu un impact considérable sur les enfants qui représentent 50% des cas supposés de choléra et 25 % des décès.

Afin d’endiguer l’épidémie et de prévenir de nouveaux cas, l’UNICEF a mobilisé des personnes issues des communautés locales. Celles-ci vont apprendre aux gens de leur environnement comment préserver l’eau et les aliments de toute contamination et protéger ainsi toute leur famille. Même si l’épidémie tue encore, le nombre de nouveaux cas de choléra est en diminution depuis 2017.

Les programmes de vaccination pour les enfants rohingyas au Bangladesh

En raison de la violence survenue dans l’état de Rakhine (Myanmar) en août 2017, plus d’1,2 million de personnes ont franchi la frontière vers le Bangladesh. 60% d’entre elles sont des enfants. Cet énorme flux migratoire a vite saturé les capacités des camps de réfugiés provisoires. Des conditions d’hygiène déplorables ont provoqué l’apparition de maladies. En décembre, la diphtérie est apparue et a tué. 58% des décès étaient des enfants de moins de cinq ans.

Avec le soutien de l’UNICEF, le gouvernement bangladais a lancé une campagne de vaccination contre la diphtérie et d’autres maladies en mesure d’être prévenues. La campagne cible tous les enfants rohingyas de 6 semaines à 6 ans qui vivent dans les camps en bordure de la frontière myanmaraise. 147.042 enfants ont déjà pu être vaccinés. 163.447 enfants de 7 à 15 ans ont eux aussi reçu le vaccin contre le tétanos et la diphtérie.

Programmes de nutrition thérapeutique au Nigeria

Aishat Abdullahi est une héroïne humanitaire. Elle effectue de longues et dures journées dans une clinique de l’UNICEF au Nigeria. Elle y soigne de jeunes enfants souffrant de malnutrition et fait tout ce qui est son pouvoir pour les faire sourire.

La crise humanitaire provoquée par l’escalade du conflit avec Boko Haram a causé d’importantes pénuries alimentaires au Nigeria. Dans les régions touchées, l’UNICEF soutient des centres de nutrition, où les enfants atteints de malnutrition aiguë sévère sont pris en charge. Lors de sa première visite à la clinique, le petit Umara, 7 mois, souffrait de malnutrition aiguë et de déshydratation.
« L’enfant est gravement sous-alimenté et a besoin d’être réhydraté », explique Aishat. “Umara n’a presque plus aucune énergie. Il ne rit plus, ne joue plus. Son état est préoccupant. Aishat montre à la maman d’Umara comment nourrir son enfant à l’aide d’aliments thérapeutiques. Il s’agit d’une pâte à base d’arachides à haute teneur énergétique et enrichie de vitamines et d’oligo-éléments.

Espaces « amis des enfants » en Syrie

Des enfants qui ont fui Raqqa sont assis en cercle. Ils suivent un programme d’encadrement psychosocial.

Pour rendre plus supportable le quotidien des enfants qui ont évacué la ville de Raqqa, l’UNICEF a aménagé 6 espaces « amis des enfants » dans le camp de Ain Issa, en Syrie. Ces enceintes spécialement réservées aux enfants leur donnent la possibilité de s’adonner à nouveau, en toute sécurité, aux joies et aux jeux de l’enfance. Les activités psychosociales qui y sont organisées les aident aussi à surmonter les traumatismes vécus. Grâce aux kits récréatifs et éducatifs, par exemple, ils peuvent reprendre leur scolarité. En dépit de tout ce qu’ils ont vu et enduré à Raqqa, ces enfants sont avides de retourner à l’école. Pour eux, l’éducation demeure une priorité, tout comme pour leurs parents.

République démocratique du Congo : rentrée des classes au Kasaï

“Ils disent que l’éducation c’est l’avenir. Pourquoi n’aurais-je donc pas droit à un avenir ?” – Fiston, jeune garçon qui a pu passer ses examens en vue de l’obtention du certificat d’études primaires grâce au soutien de l’UNICEF.

La crise dont est victime la région du Grand Kasaï en République démocratique du Congo, a mis la vie de centaines de milliers de personnes sens dessus dessous. On estime à 1,4 million le nombre de personnes – dont près de 850.000 enfants – obligées de fuir. Ces personnes souffrent de la privation de nourriture, de l’absence de toit et du manque de soins de santé. De nombreux enfants sont également absents des bancs de l’école depuis le début des hostilités, en août 2016. Le futur de toute une génération risque d’être compromis.

L’UNICEF a soutenu ces enfants en veillant à ce qu’ils puissent présenter leurs examens en juin et juillet 2017. Des cours de rattrapage furent également organisés, des uniformes et du matériel scolaire distribués de manière à ce que les enfants puissent poursuivre leur scolarité. Les besoins restent énormes pour 2018 dans la mesure où de nombreuses écoles ne sont toujours pas opérationnelles en raison des dégâts subis, des enseignants tués, blessés ou en fuite.

Syrie : soutien financier pour les enfants handicapés

Bashar fait partie des 2,8 millions d’enfants syriens que la violence a fait fuir de chez eux. Il est né avec le syndrome de Down, une anomalie génétique qui cause notamment des retards de croissance et des problèmes d’apprentissage.

La vie ne l’a pas épargné. Lorsqu’il a perdu sa maison, son quotidien s’est compliqué encore un peu plus. Bashar avait 9 ans lorsque son père est décédé. Sa maman s’est alors retrouvée seule pour subvenir aux besoins de la famille. Pour le moment, ils « habitent » temporairement une maison dont la construction a été abandonnée.

Dans une Syrie déchirée par la guerre, les enfants handicapés constituent un groupe particulièrement vulnérable. Les familles ordinaires ont déjà du mal à joindre les deux bouts. Lorsque vous avez la charge d’un enfant atteint d’un handicap, le défi n’en devient que plus grand. Dans le cadre d’un programme à grande échelle de protection sociale, des familles telles que celle de Bashar reçoivent un soutien financier sans conditions ; il s’agit d’un programme de transfert d’argent cash soutenu par l’UNICEF.

L’UNICEF dans les situations d’urgence

En cas de catastrophe naturelle, l’UNICEF travaille avec ses partenaires pour permettre aux victimes d’accéder rapidement à une eau potable salubre, à des services d’assainissement et à des produits d’hygiène afin de prévenir la propagation des maladies. Pour cela, l’organisation installe des latrines, distribue des kits d’hygiène, achemine chaque jour des litres d’eau par camion dans les camps de déplacement, soutient les hôpitaux et les centres de traitement du choléra et répare les systèmes d’approvisionnement en eau et d’assainissement. Ces mesures sauvent des vies, ont une incidence à long terme et ouvrent la voie à la mise en place d’autres services importants, tels que des dispensaires, des programmes de vaccination et des services de soutien à la nutrition et d’éducation en situation d’urgence.

Votre soutien fait la différence

Tous ces résultats, nous avons pu les obtenir grâce au soutien incroyable de nos donateurs. Dans des situations humanitaires complexes, où les accès et les circonstances étaient particulièrement difficiles, c’est votre soutien qui a clairement fait la différence. Grâce à des budgets flexibles, nous pouvons réagir rapidement et affecter des ressources là où elles sont le plus nécessaires. C’est également avec votre aide, que nous pouvons remettre des enfants touchés par des crises sur les bancs de l’école, les réunir avec leur famille si nécessaire, prévenir certaines maladies, et fournir l’alimentation et l’eau potable indispensables à leur santé et à leur croissance. Trop d’enfants cependant ne bénéficient pas encore de cette attention par manque de moyens.
Consultez le rapport ‘Action humanitaire pour les enfants en 2018