6 février: Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines

Selon un rapport des Nations Unies, Female Genital Mutilation/Cutting: A Global Concern, au moins 200 millions de filles et de femmes ont subi à ce jour des mutilations génitales féminines (MGF) dans 30 pays.

Ethiopie - Boko Mohammed, qui pratiquait l’excision auparavant, montre un outil qu’elle utilisait pour procéder à l’opération, lors d’une réunion publique dans le village de Kabele, dans la région d’Afar. -- © UNICEF/UNI77840/Holt
Ethiopie – Boko Mohammed, qui pratiquait l’excision auparavant, montre un outil qu’elle utilisait pour procéder à l’opération, lors d’une réunion publique dans le village de Kabele, dans la région d’Afar. — © UNICEF/UNI77840/Holt

 

Le rapport indique que la moitié des filles et des femmes qui ont été excisées vivent dans trois pays : l’Egypte, l’Ethiopie et l’Indonésie. Toutefois, les MGF sont un problème mondial des droits de l’homme, qui touche des filles et des femmes dans le monde entier.

« Les mutilations génitales féminines varient d’une région et d’une culture à l’autre. Certains types d’excision engendrent des risques  de santé potentiellement mortels. Dans tous les cas, les mutilations génitales féminines violent les droits fondamentaux des femmes et des filles, » explique Geeta Gao Gupta, la Directrice générale adjointe de l’UNICEF.

Les mutilations génitales féminines sont le reflet d’une inégalité profondément enracinée entre les sexes et constituent une forme extrême de discrimination à l’égard des femmes et des filles. Ces pratiques violent également leurs droits à la santé, à la sécurité et à l’intégrité physique, le droit d’être à l’abri de la torture et de traitements cruels, inhumains ou dégradants, ainsi que le droit à la vie lorsque ces pratiques ont des conséquences mortelles.

Le témoignage de Habiba Abdullahi Yunus

© UNICEF/UNI115676/Nesbitt
© UNICEF/UNI115676/Nesbitt

Kenya – Habiba Abdullahi Yunus (centre) avec ses filles Kowsar Hassan (gauche), 10 ans, et Fathi Hassan, 7 ans (droite), dans leur maison au village de Bulla Iftin, à la périphérie de Garissa.

Madame Yunus refuse de faire subir à ses deux plus jeunes filles, ainsi qu’à la fille orpheline dont elle prend soin, des mutilations génitales féminines. Son mari soutient sa décision: “J’ai appris qu’il y a souvent des problèmes lors de l’accouchement”. Ses trois filles aînées ont subi l’opération dangereuse, avant qu’elle ne prenne conscience des risques.

Les mutilations génitales féminines peuvent provoquer des complications de santé irréversibles, et causer des dommages psychologiques. Elle ajoute: « Je leur ai dit que je suis désolée, que j’étais ignorante et ne réalisais pas ce que j’étais en train de faire. Je pensais que c’était un devoir religieux, mais maintenant j’ai compris que ce n’est pas le cas».
Certaines filles subissent l’excision avant qu’elles aient 5 ans, ce qui cause des dommages permanents et augmente le risque de décès suite aux infections. Madame Yunus elle-même a également subi cette pratique quand elle avait cinq ans. Elle a été cousue à l’âge de 9 ans. Il a fallu trois femmes pour la tenir pendant qu’une quatrième effectuait l’opération. L’UNICEF soutient les programmes et les campagnes de plaidoyer pour mettre fin à ce type de pratiques dans le pays.

Quelques données clés :

  • Au moins 200 millions de femmes et de filles dans le monde vivent avec les conséquences de l’une ou l’autre forme de mutilation génitale féminine.
  • Dans la plupart des pays, les mutilations génitales féminines sont pratiquées principalement sur des jeunes filles de moins de 5 ans.
  • 68 millions de jeunes filles risquent de subir des mutilations génitales féminines d’ici à 2030 si cette tendance perdure.
  • Les mutilations génitales féminines provoquent des saignements importants et des problèmes de santé tels que des kystes, des infections, l’infertilité, des complications à l’accouchement ou des risques plus élevés de décès chez le nouveau-né.

La communauté internationale et les MGF

Côte d’Ivoire - Un autocollant appelle à une tolérance zéro contre les mutilations génitales féminines dans le district nord de Séguéla. -- © UNICEF/UNI103836/Asselin
Côte d’Ivoire – Un autocollant appelle à une tolérance zéro contre les mutilations génitales féminines dans le district nord de Séguéla. — © UNICEF/UNI103836/Asselin

Avec l’intégration d’une cible pour l’élimination des MGF d’ici 2030 dans les nouveaux Objectifs de développement durable, l’engagement de la communauté internationale quant à l’élimination des MGF est plus fort que jamais. Toutefois, les efforts doivent être accélérés pour éliminer la pratique car le rythme général de progression n’est pas suffisant par rapport à la croissance de la population. Si la tendance actuelle se poursuit, le nombre de filles et de femmes victimes des MGF connaîtra une forte hausse au cours des 15 prochaines années.

Que fait l’UNICEF ?

Côte d’Ivoire – Des filles participent à une réunion communautaire sur les mutilations génitales féminines (MGF) dans le village du nord de Katiloa, dans la Vallée du Bandama. La réunion a été organisée par l’ONG OIS Afrique, un partenaire de l’UNICEF, qui travaille avec les communautés et des praticiens de l’excision afin de terminer cette pratique traditionnelle préjudiciable. -- © UNICEF/UNI144402/Asselin
Côte d’Ivoire – Des filles participent à une réunion communautaire sur les mutilations génitales féminines (MGF) dans le village du nord de Katiloa, dans la Vallée du Bandama. La réunion a été organisée par l’ONG OIS Afrique, un partenaire de l’UNICEF, qui travaille avec les communautés et des praticiens de l’excision afin de terminer cette pratique traditionnelle préjudiciable.
— © UNICEF/UNI144402/Asselin

 

Conjointement avec l’UNFPA (Le Fonds des Nations Unies pour la population), l’UNICEF dirige le plus grand programme mondial visant à éliminer les mutilations génitales féminines. Le programme coopère à tous niveaux avec les gouvernements, les communautés, les dirigeants religieux et une multitude d’autres partenaires afin de mettre fin à cette pratique. Le programme couvre actuellement 17 pays en Afrique et au Yémen et soutient également différentes initiatives régionales ou internationales.

Plus d’infos sur l’excision

Téléchargez le rapport ‘Female Genital Mutilation/Cutting: A Global Concern’.

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