L'excision

Qu’est-ce que l’excision?

L’expression excision/mutilation génitale féminine (E/MGF) désigne toutes les interventions aboutissant à une ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme et/ou toute autre lésion des organes génitaux féminins pratiquée à des fins non thérapeutiques. La pratique est classifiée en quatre types, dépendant de l’importance de l’altération des organes.

Du point de vue des droits de l’homme, l’E/MGF, de quelque type que ce soit, est une pratique néfaste, une violation des droits humains des filles et des femmes (notamment du droit à la santé, à l’intégrité physique, à la protection, et dans les cas extrêmes, du droit à la vie) et une forme de violence.

L’ E/MGF constitue une pratique traditionnelle comportant de graves conséquences sur la santé des filles et femmes, notamment :

  • des hémorragies ou des infections (des voies urinaires, de l’appareil génital, la formation d’abcès…) pouvant entraîner la mort,
  • la transmission du SIDA, d’une hépatite ou d’autres maladies,
  • l’incontinence urinaire,
  • un risque accru de saignements et d’infection lors de l’accouchement,
  • des douleurs lors des relations sexuelles,
  • des troubles psychologiques et sexuels, voire de l’infertilité,
  • l’arrêt de la scolarisation

En Afrique de l’Ouest et centrale, les E/MGF sont généralement effectuées par des praticiens traditionnels, mais leur “médicalisation”, exécutées par du personnel qualifié, est en hausse dans certains pays. Les E/MGF sont généralement pratiquées sur les filles entre 5 et 14 ans, mais au Mali et en Mauritanie, la majorité des filles sont excisées avant d’avoir 5 ans.

Où l’E/MGF est-elle pratiquée?

La pratique de l’E/MGF existe partout dans le monde, mais elle est plus fréquente dans 29 pays d’Afrique sub-saharienne et au Moyen-Orient, où, chaque année, trois millions de filles et de femmes la subissent. En 2013, c’était au Soudan et en Egypte que cette pratique était la plus répandue.

La prévalence de l’E/MGF varie d’un pays à l’autre. Cela s’explique par la présence de diverses communautés ethniques ayant diverses attitudes et pratiques en matière d’E/MGF. Dans les 18 pays d’Afrique de l’Ouest et centrale où la pratique est effectuée, on peut distinguer trois groupes:

  1. Au Mali, en Guinée et en Sierra Leone, le taux de prévalence moyen est au-dessus de 80 %. Donc, pratiquement toutes les femmes sont excisées.
  2. Au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, Gambie, Guinée-Bissau, au Libéria, en Mauritanie, République centrafricaine, au Sénégal et au Tchad, les taux de prévalence de l’E/MGF sont à un niveau intermédiaire, entre 25 et 79 %. Cela signifie que seulement certains groupes ethniques à l’intérieur du pays pratiquent l’excision, avec une intensité variable.
  3. Au Bénin, Cameroun, Ghana, Niger, Nigéria et Togo, les taux de prévalence nationale sont bas, entre 1 et 24 %. Autrement dit, seulement quelques groupes ethniques y pratiquent l’E/MGF.

Ces types montrent également que l’E/MSF est une pratique qui évolue. Elle a ainsi diminué de moitié en une génération en Irak, au Liberia et au Nigéria. Autre signe d’espoir, la majorité des habitants des pays où elles sont pratiquées y sont opposés. De plus, l’opposition augmente : plus de 50 % des femmes au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, en Guinée-Bissau, au Nigéria et au Sénégal soutiennent l’abandon de la pratique. Les évolutions sont plus lentes dans un pays comme le Mali, où seulement 16 % des femmes sont en faveur de l’abandon de la pratique.

Et en Belgique ?

L’E/MGF est très rarement pratiquée en Belgique. Il arrive toutefois que la famille de jeunes fillettes des communautés concernées fassent appel à des exciseuses clandestines ou envoient leur fille en vacances dans leur pays d’origine pour la faire exciser.

Toute forme de cette pratique est interdite dans la loi belge, et repris dans le code pénal et civil. Différentes mesures de protection et de placement existent dans le cas où une mineure court le risque de se faire exciser. Le danger de subir cette pratique est aussi pris en compte lors de demandes d’asile pour des raisons humanitaires. Des organisations spécialisées existent en Belgique. Elles organisent des séances d’informations et d’entre-aide, font de la prévention et offre une aide individuelle si nécessaire.

Pourquoi cette pratique persiste-t-elle?

L’E/MGF est pratiquée pour des raisons de plusieurs ordres :

  • Sexuel : contrôler ou réduire la sexualité féminine.
  • Sociologique : s’agissant, par exemple, d’initier les filles à devenir des femmes, d’assurer leur insertion sociale et de maintenir la cohésion sociale.
  • Hygiénique et esthétique : quand on considère les organes génitaux féminins comme sales et laids.
  • Sanitaire : en vertu de la conviction erronée selon laquelle cette pratique favorise la fécondité et la survie de l’enfant.
  • Religieux : dans la conviction erronée selon laquelle la MGF/E est un impératif religieux.

La pratique de l’E/MGF découle d’un système complexe de croyances. Les communautés perpétuent la coutume et la tradition. Dans bien des cas, les membres de la famille sont conscients que la pratique peut infliger des souffrances physiques et psychologiques à leurs filles, mais considèrent qu’ils font ce qu’il faut pour bien éduquer leur fille et pour la préparer à l’âge adulte et au mariage.

La procédure confère un sentiment de fierté, représente le passage à l’âge adulte et donne le sentiment d’appartenir à la communauté. Pour les communautés pratiquantes, l’E/MGF garantit une position sociale, la possibilité de se marier, la chasteté, la santé, la beauté, ainsi que l’honneur de la famille. De nombreuses mères se sentent obligées par la pression sociale de l’imposer à leurs filles. Ces dernières, si elles y échappent, sont alors victimes de discrimination.

Que fait l’UNICEF ?

L’UNICEF s’est fixé pour but de mettre fin à l’excision d’ici à 2020. Un objectif ambitieux qui pourra être atteint grâce à votre appui. L’éducation aux droits humains est au cœur de tous les programmes que nous soutenons. Le travail dans le domaine très sensible de l’excision (car on touche là à une pratique culturelle) nécessite beaucoup de tact, de précautions et de respect.

Notre travail comporte deux niveaux : la sensibilisation de la population pour faire changer les mentalités et habitudes, et le plaidoyer auprès des instances officielles pour faire changer les lois et les structures:

  • Nous travaillons avec les autorités des 29 pays dans lesquels les mutilations génitales constituent un véritable danger pour les fillettes, afin de bannir définitivement ces pratiques douloureuses et traumatisantes.
  • Il faut bien sûr assurer en premier lieu une base légale, mais il est tout aussi important d’installer une communication ouverte et un contrôle social. Or c’est le manque de débat ouvert sur le sujet qui rend son éradication très difficile. Nous organisons des rencontres entre des communautés qui ne mutilent plus leurs filles et celles qui le font encore. Un dialogue constructif entre ces deux groupes permet déjà de dépasser certains préjugés.
  • L’éducation joue aussi un rôle très important. Nous constatons en effet une baisse des mutilations proportionnelle au niveau de scolarisation des mamans.

Soutenez la lutte contre l’excision en faisant un don ou en devenant Marraine ou Parrain !

  • Avec 30 €, nous pouvons fournir 20 manuels éducatifs informant les femmes qui participent à une formation sur les mutilations génitales et les des dangers de cette pratique afin de les convaincre de ne pas faire subir ce traitement à leurs filles.
  • Avec 58 €, 10 dirigeants religieux peuvent recevoir une formation sur les dangers de l’excision génitale, afin d’enrayer cette tradition.
  • Avec 120 €, nous pouvons financer la participation de 2 aides soignants à un cours de prévention pendant 10 mois.

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