Les droits de l’enfant : alors et maintenant

Un événement vraiment exceptionnel s'est produit en 1989. Dans un ordre mondial qui s'ouvrait au changement, les dirigeants de la planète de l'époque se sont réunis et ont pris un engagement historique en faveur des enfants. Ils ont fait la promesse à chaque enfant de protéger et de garantir ses droits en adoptant un cadre légal international : la Convention des Nations Unies relative aux droits de l'enfant.

La Convention repose sur l’idée fondamentale que les enfants ne sont pas des objets de droit, des mineurs appartenant juste à leurs parents et incapables d’avoir une opinion ou de prendre des décisions. Au contraire, elle les reconnaît comme des individus dotés de droits propres. La Convention stipule que l’enfance doit être dissociée de l’âge adulte et qu’elle dure jusqu’à 18 ans. C’est une époque spéciale et une période protégée pendant laquelle les enfants vont grandir, apprendre, jouer, se développer et s’épanouir de manière digne et valorisante.

Les progrès réalisés depuis l’entrée en vigueur de la Convention des droits de l’enfant

© UNICEF/UN0284678/Vilas

Au fil des années, la Convention est devenue le traité des droits de l’homme le plus ratifié du monde et de l’histoire tout en contribuant à améliorer sensiblement la vie de millions d’enfants.

Elle a inspiré les gouvernements à adapter leurs lois et leurs législations afin que davantage d’enfants aient accès aux services de base indispensables à leur survie et à leur développement. Les enfants bénéficient aussi de garanties de protection plus importantes contre la violence et l’exploitation. Enfin, de plus en plus d’enfants ont la possibilité de faire entendre leurs voix et de participer au développement de la société dans laquelle ils vivent.

Etre enfant : dangers nouveaux, opportunités nouvelles

Malgré ces progrès réels, la Convention n’est pas appliquée partout ou en toutes circonstances. Parfois par ignorance ou parfois par incompréhension. Actuellement, des millions d’enfants n’ont pas un accès suffisant aux soins, à la nourriture, à l’enseignement ou ne bénéficient pas d’une protection normale contre la violence. Leur enfance est souvent brutalement interrompue parce qu’ils doivent abandonner l’école, exécuter des travaux dangereux, prendre les armes ou subir un enfermement carcéral avec des adultes.

Des changements tels que le développement des technologies digitales, le réchauffement climatique, les conflits de longtue durée, les migrattions de masse ont jeté un éclairage fort différent sur la période de l’enfance. Aujourd’hui, les enfants sont à la fois confrontés à de nouveaux dangers qui menacent leurs droits mais se voient aussi offrir de nouvelles opportunités pour faire valoir ces mêmes droits et les faire respecter.

Lisez la lettre de H. Fore adressée aux enfants de la planète >>

La Convention a 30 ans. Zoom sur quelques-uns des droits de l’enfant, sur les progrès enregistrés et sur les défis encore à relever.

Article 6. Chaque enfant a le droit de vivre, de survivre et de se développer

© UNICEF/UN0284743/Winter

Haïti 1990 – une petite fille se fait administrer un vaccin contre la polio. Il y a trois décennies, la polio paralysait ou tuait près de 1.000 enfants  par jour. Aujourd’hui, 99 % des cas de polio ont été éliminés dans le monde.

Depuis 1989, le nombre de décès d’enfants de moins de 5 ans a diminué de moitié.

En 1989, on déplorait le décès de près de 40.000 enfants de moins de 5 ans tous les jours. Trente plus tard, ce chiffre est descendu sous la barre des 15.000 et ce en dépit de la croissance démographique.

La plupart des interventions qui ont permis de tels progrès – comme les vaccins, les sels de réhydratation orale et une meilleure alimentation – sont efficaces, bon marché et faciles à appliquer. Le fantastique essor des technologies digitales et mobiles et d’autres innovations permet de délivrer plus facilement et plus efficacement des services essentiels aux communautés qui étaient jadis difficiles à atteindre et multiplie le champ des possibilités.

Pourtant, on constate encore chaque jour le décès de 14.500 enfants de moins de 5 ans dû à des causes ou des affections qu’il serait aisé dé prévenir. L’UNICEF attire également l’attention sur le nombre croissant d’enfants qui sont en surpoids et et de jeunes filles qui souffrent d’anémie.

Article 7: Les enfants ont droit à un nom et celui-ci doit être reconnu officiellement par leur gouvernement. Ils ont le droit à une nationalité (afin d’appartenir à un pays).

En 1989, à peine un seul pays (parmi les pays à revenus faibles et intermédiaires) disposait de données sur l’enregistrement des naissances. Aujourd’hui, ils sont plus de 110.

Cependant, aujourd’hui encore, 1 enfant sur 4 n’a toujours pas d’existence légale parce que sa naissance n’a jamais été enregistrée. Ces enfants n’ont ni nom ni nationalité et sont particulièrement exposés à différentes formes d’exploitation.

Faute d’être enregistré sur les registres de l’état civil, un enfant risque probablement de ne pas avoir accès aux soins de santé, à l’école et à d’autres services de base publics. Les filles dans cette situation seront plus vite confrontées au mariage précoce, à des travaux dangereux voire enrôlées dans des groupes armés. En tant qu’enfant « non-enregistré » ou « apatride », c’est comme si vous étiez invisible pour les autoriés et que vous n’ayez aucune existence.

Enregistrer les enfants à la naissance est un premier pas pour s’assurer que leurs droits soient reconnus et que toute infraction dans ce domaine soit dénonçable.

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Article 24. Les enfants ont le droit de bénéficier des meilleurs soins de santé possible, d’avoir accès à de l’eau potable, d’avoir des repas nourrisants, de vivre dans un environnement sain et sûr et de disposer des informations nécessaires pour demeurer en bonne santé.

© UNICEF/UN0284741/Sprague

Indonésie 1986 – Des enfants utilisent une pompe manuelle pour s’approvisionner en eau. Il s’agit d’une des nombreuses pompes installées par l’UNICEF près de Djakarta. Depuis 1985, nous travaillons avec les autorités indonésiennes afin que les enfants puissent avoir accès à de l’eau potable et donc grandir et se développer en bonne santé.

Depuis 1989, 2,6 milliards d’enfants ont accédé à de l’eau potable et 2,1 milliards de personnes à des toilettes.

Tous les enfants ont besoin de vivre dans un environnement sain, de respirer de l’air pur, de consommer de l’eau potable et d’avoir une alimentation équilibrée pour grandir en bonne santé. Les changements climatiques spectaculaires que nous observons pourraient fort bien menacer ce tableau idyllique, pire remettre en question tous les progrès enregistrés ces dernières décennies dans les domaines de la survie et du développement des enfants. En d’autres termes, les changements climatiques constitiuent la menace la plus sérieuse pour les droits de la prochaine génération.

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Article 28 : Les enfants ont droit à l’éducation. La discipline à l’école doit respecter la dignité de l’enfant. L’éducation primaire des enfants doit être gratuite. Les enfants doivent être encouragés à aller à l’école et à atteindre le plus haut niveau possible.

© UNICEF/UN0284670/Goodsmith

Ces jeunes filles suivent des cours dans une école primaire de Nouakchott, en Mauritanie. A l’époque de cette photo, en 1992, à peine 54% des enfants mauritaniens allaient à l’école. Et seulement un tiers du total des enfants inscrits terminaient le cycle primaire.

En 1989, près de 120 millions d’enfants étaient déscolarisés dans le monde. 30 ans plus tard, ce chiffre a baissé de moitié en dépit d’une explosion démographique mondiale. Actuellement, on estime à 61 millions le nombre d’enfants privés d’école primaire.

Bien que le nombre d’enfants sur les bancs de l’école n’ait jamais été aussi élevé, l’objectif d’assurer une éducation de qualité à tous les enfants de la planète n’est toujours pas réalisé. Sans parler de la différence entre aller à l’école et apprendre.

Plus de 60 % des enfants inscits dans le primaire dans les pays en développement ne parviennent pas à acquérir les compétences minimales requises en lecture, écriture et arithmétique. La moitié des adolescents de la planète sont confrontés à des violences ou à la violence dans leur environnement scolaire. Pour eux, l’école n’est pas l’endroit sûr qu’elle devrait être. Beaucoup d’entre eux n’auront pas la chance de suivre une formation qui les préparera aux exigences du marché du travail et seront privés de la vision et des compétences indispensables pour vivre dans le monde économique du 21e siècle.

L’UNICEF et ses différents partenaires ont lancé une nouvelle initiative afin de préparer les jeunes à devenir des citoyens productifs et responsables. L’initiative Generation Unlimited a pour but de mettre tous les enfants et les jeunes sur les bancs de l’école d’ici 2030, de leur assurer les formations et les stages nécessaires et de leur garantir un emploi.

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Article 38 : Les enfants ont droit à la protection lors de conflits

© UNICEF/UN0284116/Schneider
Iraq, 1989 – une jeune fille parmi des décombres à Wadi al Aain, un quartier de Mossoul touché par des bombardements. Les principaux dangers auxquels s’exposaient les enfants et les femmes durant les guerres qui ont frappé leur pays, étaient la sous-alimentation et les épidémies dues au manque d’eau potable provoqué par la destructions des infrastructures de base. L’UNICEF est venu en aide aux civils en distribuant notamment des tonnes de matériel médical et de vaccins.

Les enfants sont toujours les premières victimes lorsqu’une guerre éclate. Or nous n’avons jamais connu autant de pays en guerre que depuis l’adoption de la Convention relative aux droits de l’enfant, en 1989. Un enfant sur quatre vit actuellement dans un pays ou un territoire touché par un conflit armé ou une catastrophe naturelle. 28 millions d’enfants ont été chassés de chez eux à cause de guerres ou de l’insécurité. De nombreux enfants ont perdu plusieurs années de leur scolarité – mais également les preuves de leurs résultats scolaires et les diplômes qui leur ouvriraient facilement les portes vers des formations ou des carrières professionnelles.

Les conflits menacent la protection, la santé ét l’avenir de nombreux enfants et jeunes. L’UNICEF apporte des solutions à grande échelle, comme le « passeport pour l’apprentissage », afin d’aider des millions d’enfants déracinés à acquérir les compétences nécessaires pour pouvoir s’épanouir et se développer.

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Et maintenant ?

L’espoir, la vision et l’engagement des dirigeants de la planète en 1989 ont abouti à l’adoption de la Convention. C’est à la génération actuelle d’exiger des dirigeants politiques, du monde des entreprises et de la communauté internationale de mettre une fois pour toute un terme à toutes les infractions aux droits de l’enfant. Ce sont eux qui doivent s’engager comme leurs aînés à entreprndre les actions nécessaires qui permettront de faire respecter les droits de l’enfant aux quatre coins de la planète.

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