Privilégier les plus vulnérables au Soudan du Sud

Le Dr. Lyimo, chargé par l'UNICEF d'évaluer les besoins des enfants et de leurs familles dans des zones reculées du Soudan du Sud, n'hésite pas à étendre sa mission pour sauver un bébé souffrant de malaria.

Le Docteur Thomas Lyimo est un spécialiste de la santé travaillant pour l’UNICEF. Il fait partie d’une équipe mobile déployée par l’UNICEF, le Programme alimentaire mondial (PAM) et d’autres partenaires dans le cadre d’une mission d’intervention rapide au Soudan du Sud.

L’équipe, composée de spécialistes WaSH (eau, toilettes et hygiène), santé, nutrition, protection, éducation et d’autres spécialistes techniques, a été larguée par hélicoptère dans une zone difficile à atteindre. Elle est chargée d’évaluer les besoins essentiels des personnes déplacées par les conflits et d’y répondre.

En parallèle à cela, ces spécialistes travaillent sur des réponses à plus long terme, visant à assurer les besoins des enfants et des personnes vivant dans des régions isolées.

L’histoire de Bhan, 9 mois

©UNICEF/NYHQ2014-1296/Pflanz
©UNICEF/NYHQ2014-1296/Pflanz

Bhan souffre depuis plusieurs jours d’une forte fièvre. Il est somnolent et ne réagit plus beaucoup. Au fil des jours, sa situation a empiré. Maintenant, il vomit toute nourriture et semble même parfois perdre conscience.

Le petit garçon vit avec sa maman, Nyakuoch Keat, dans une région éloignée où l’accès aux soins de santé est difficile, même en temps de paix. Le centre de santé abandonné où est basée l’équipe mobile du Docteur Lyimo est l’établissement de santé le plus proche de chez eux.

Voyant l’état de son enfant se dégrader, Madame Keat a décidé de se déplacer jusqu’au centre de santé abandonné. Elle est partie la nuit précédente et a dormi dans une hutte abandonnée en chemin. Puis elle a marché pendant deux heures dans des marais et des champs inondés :

« Nous sommes venus uniquement parce que je savais que ces gens des Nations unies étaient là. Sinon, je serais restée à la maison parce que je savais que cette clinique était fermée. D’habitude, il n’y a pas d’endroit où aller. Je serais restée à la maison, et qui sait ce qui serait arrivé à mon bébé. Je suis très, très heureuse que ce docteur soit ici. Nous avons de la chance, grâce à Dieu. »

Soigner la malaria avec les moyens du bord

Madame Keat et son petit Bhan sont arrivés au centre de santé un peu avant le lever du soleil. « J’allais prendre ma douche lorsqu’un collègue m’a prévenu qu’un un bébé malade était arrivé tôt ce matin-là, » raconte le Docteur Lyimo. « Il vomissait presque tout ce qu’il ingurgitait et avait de la fièvre que j’ai estimée à 39 ou 40°C, quoique nous n’avions pas de thermomètre pour confirmer cela. »

Le Docteur Lyimo a assez vite suspecté un cas de malaria chez le petit Bhan, mais il ne pouvait pas établir de diagnostic avec certitude. « Le problème, depuis le début du conflit, c’est qu’il n’y a plus de structure de soins ici. Il n’y a plus de travailleurs de la santé, plus de fournitures ni d’équipements. »

Après des recherches assidues auprès de ses collègues de l’équipe mobile, le Docteur a finalement trouvé une dose d’un antipaludique pour adultes. Même si ce médicament n’est pas idéal pour un enfant, il a aidé le médecin à sauver la vie de Bhan.

Privilégier les plus défavorisés, directement sur le terrain

Et le Docteur Lyimo de conclure :

« Être un employé des Nations unies, c’est participer à l’action humanitaire. Ce n’est pas uniquement participer à l’élaboration des politiques en faisant du plaidoyer… C’est aussi fournir des services, tout spécialement aux plus vulnérables, et encore plus spécialement dans un contexte comme celui-ci, où les gens sont déplacés. Ils n’ont rien, parce que la guerre a empiré leur pauvreté.

Il y a beaucoup à faire, et une partie doit se passer ici, directement sur le terrain, en plus de ce qui se fait au niveau des décideurs politiques. Personnellement, je me sens appelé à participer à cela. »

Notre but au Soudan du Sud ?

Faire en sorte que tous les enfants, même ceux qui vivent dans les régions les plus reculées, aient accès à une nourriture équilibrée, de l’eau potable, des soins de santé et puissent aller à l’école. Vous pouvez nous y aider :

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