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Ahmad Mohammed et les écoles du Tchad

Au Tchad, l’UNICEF et ses partenaires soutiennent un projet dont l’objectif est d’améliorer l’éducation de près d’un million d’enfants.

Au sud du Tchad, dans l’une des rues de Moundou, se trouve un arbre magique. Pour vous, il n’aurait rien d’enchanteur, ni même de particulier, mais pour Ahmad Mohammed, ses pouvoirs sont immenses. Ce grand tronc auquel il est adossé est le lieu sur terre qu’Ahmad préfère : il est le dernier endroit éclairé de sa rue à la nuit tombante.

Un garçon écrit sous un arbre
Ajmad Mohammed termine ses devoirs sous son arbre © UNICEF/NYHQ2015-1371/Rich, Tchad, 2015.

Si ce jeune garçon de 14 ans veut profiter des rayons du soleil jusqu’au dernier, c’est pour étudier ses leçons et préparer ses devoirs.

« Chaque jour je révise sous cet arbre pour la lumière » raconte-t-il. « Nous n’avons pas d’éclairage à la maison, et c’est le dernier endroit éclairé. C’est mon coin préféré ».

Ahmad est un garçon intelligent, ses grands yeux surmontent un timide sourire. Il vit avec ses parents et six petits frères et sœurs dans une modeste maison de la banlieue de Moundou. Tout le monde dort dans la même chambre, sur les quelques fines nattes qui les séparent d’un sol poussiéreux.

Des monticules de briques tenaient lieu de bancs

Ahmad aide sa famille chaque fois qu’il le peut. De temps en temps, il vend des légumes et des œufs durs au marché pour ramener un peu d’argent. Pourtant, il a un objectif très clair dans la vie : aller jusqu’au bout de ses études.

« Je suis vraiment motivé pour aller à l’école parce que j’adore apprendre. Je veux bien faire pour pouvoir aider mes parents » explique Ahmad.

On 10 May, (centre) Ahmad Mohammed, 15, helps his mother prepare vegetables and boiled eggs, in the city of Moundou. From time to time, he sells the items at a nearby market, which brings in extra income for his family, whom he helps out whenever he can. He lives with his parents and six younger brothers and sisters in a humble home, where they all sleep in the same bedroom, and only a few thin mats separate them from the sandy ground. Despite these obstacles, he has a clear objective in life: to finish his education. “I am really motivated to go to school, because I like learning, and I would like to do well so I can help my parents,” he says. Ahmad wakes up every day at 6 a.m. and helps his brothers and sisters get ready for school. They all attend the nearby Quinze Ans school, where UNICEF, with the support of the GPE and EAC, has built 12 classrooms equipped with new desks at the school. Previously, the classrooms were constructed of clay and chopped straw, and bricks were used for benches. After school, Ahmad sits under a tree near his home and finishes his homework. “Every day I revise my lessons under the tree over there, because of the light,” says Ahmad as he points at the tree near his house. “We do not have light at home, and it is the last place to get dark. It is my favourite place.” In May 2015 in Chad, basic education faces enormous challenges. Despite recent improvements, the rate of primary school enrolment remains low, quality education is lacking, and girls are especially disadvantaged. About one child in five does not go to primary school, and for those in school, only one in three finishes primary education. Existing schools are overcrowded and understaffed, with only 30 per cent of teachers properly qualified. To overcome these challenges, UNICEF is implementing a nationwide project, in partnership with the Government, that aims to strengthen basic education, benefitting almost a million children. With the support of the Global P

Ahmad se lève tous les matins à 6h et prépare ses frères et sœurs pour l’école. Ils sont tous élèves à l’école de Quinze Ans de Moundou. Dans cette école, l’UNICEF et ses partenaires ont construit douze salles de classe équipées de nouveaux bancs. Avant cela, l’école était faite d’argile et de paille. Des monticules de briques tenaient lieu de bancs.

« Quand vous entrez dans la cour de l’école Quinze Ans, vous sentez qu’il y a un changement » dit en souriant Bainam Mogezolcandar, la principale de l’école.

Un enfant sur cinq ne va pas à l’école

L’éducation de base au Tchad fait face à d’énormes défis. Malgré les améliorations récentes, la proportion d’enfants qui va à l’école primaire reste faible, la qualité de l’enseignement n’est pas suffisante, et les filles sont particulièrement désavantagées.

Environ un enfant sur cinq ne va pas à l’école primaire et parmi ceux qui y vont, un sur trois seulement termine cet enseignement. Les écoles qui existent sont bondées et manquent d’enseignants. Seuls 30% des professeurs sont vraiment qualifiés.

« Les professeurs ne sont pas suffisamment équipés, les salles de classes sont vraiment délabrées et les enfants travaillent sans manuels » explique la principale. « Les enseignants ne peuvent pas faire du bon travail dans ces conditions ».

Pour illustrer le problème, Bainam Mogezolcandar raconte que certains élèves de 6e primaire ne savent pas écrire leur nom.

Une éducation de qualité pour tous avec l’UNICEF

Pour relever ces défis, l’UNICEF met en place un projet à l’échelle nationale en partenariat avec le gouvernement du Tchad. L’objectif est d’améliorer l’éducation de près d’un million d’enfants.

NYHQ2015-1366

« Notre but est de rendre l’éducation concrète pour les enfants, les familles et les communautés » dit Bruno Maes, le Représentant de l’UNICEF au Tchad. « Un accès gratuit, une éducation obligatoire, est un droit qui devrait être assuré à tous les enfants, quel que soit l’endroit où ils vivent ou les difficultés qu’ils traversent ».

Avec ses partenaires, l’UNICEF a construit près de 1 600 salles de classe en utilisant des matériaux d’isolation écologiques qui préservent de la température extérieure (important dans un pays comme le Tchad où la température peut monter à 50°C). L’UNICEF construit aussi des centaines de puits et de latrines.

En plus de former des professeurs, l’UNICEF fournit leurs classes en matériel d’apprentissage. Des millions de livres de lecture et de manuel d’enseignants sont distribués à travers le pays.

« Je ne sais pas exactement ce que je veux devenir, mais je veux être sûr de pouvoir aider mes parents dans le futur » conclut Ahmed.

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*Par Manuel Moreno