Au Tchad, l’école redonne de l’espoir aux enfants réfugiés

En juin 2015, près de 19.000 Nigériens ont trouvé refuge au Tchad après avoir fui la crise qui touche leur pays. Parmi eux, plus de 5.000 vivent dans le camp de réfugiés de Dar es Salam où l’UNICEF organise des cours de soutien scolaire. La plupart des enfants du camp, comme Aisha et Bello, ont l’occasion de se rendre à l’école pour la première fois de leur vie. Voici leur histoire.

© UNICEF/UNI185047/Cherkaoui
© UNICEF/UNI185047/Cherkaoui

Aisha (15 ans) a été mariée lorsqu’elle avait 13 ans. Aujourd’hui elle est divorcée et mère d’un petit garçon. En janvier 2015, elle et sa famille ont fui leur village, effrayés par le bruit des coups de fusils.

« Nous avons fui dans un canoë, sans savoir où nous allions. Nous avions faim et soif. »

Aujourd’hui, pour la première fois de sa vie, Aisha va à l’école.

«Je n’ai jamais eu la chance d’aller à l’école. Je suis très heureuse d’apprendre de nouvelles choses chaque jour. J’adore les mathématiques, dit Aisha. «J’ai une chance énorme de pouvoir étudier. Quand je suis en classe, c’est ma maman qui s’occupe de mon fils Aboukar. »

© UNICEF/UNI185051/Cherkaoui
© UNICEF/UNI185051/Cherkaoui

Bello a 10 ans. Il est né au Nigéria, dans un village sur les rives du lac Tchad

« Mon papa est éleveur. Chez moi, je n’allais pas à l’école, je surveillais notre troupeau », explique-t-il. « Aujourd’hui, c’est la première fois que j’étudie. J’adore ça ! »

Bello, comme ses frères et sœurs, ne rate jamais un jour d’école.

© UNICEF/UNI185056/Cherkaoui
© UNICEF/UNI185056/Cherkaoui

« Je ne veux pas faire le même métier que mon père. Je veux étudier et devenir un soldat. Mais attention, pas pour faire la guerre ! Je veux protéger les autres », dit-il.

Les enfants sont les premières victimes de Boko Haram.

1,5 million de personnes, dont 800.000 enfants, ont dû trouver refuge dans les pays voisins pour fuir les violences. Néanmoins, grâce à l’école, Bello, Aisha et les autres enfants réfugiés peuvent penser à leur avenir et continuer à rêver.

© UNICEF/NYHQ2015-1335/Cherkaoui
© UNICEF/NYHQ2015-1335/Cherkaoui

L’instituteur Abba Kaka Sani retourne chez lui, quelque part dans le camp de Dar es Salam, après une belle journée d’école. Demain matin, 800 enfants attendront devant l’école, prêts à apprendre et rêvant d’un futur meilleur.

L’action d’UNICEF

Grâce à vos dons, l’UNICEF a planté des tentes scolaires dans le camp de Dar es Salam. Nous fournissons également du matériel éducatif et soutenons de multiples interventions pour la santé, la nutrition, l’hygiène, l’accès à l’eau et la protection des enfants.

© UNICEF/UNI185036/Cherkaoui
© UNICEF/UNI185036/Cherkaoui

Des enfants font un dessin dans un espace UNICEF « ami des enfants » dans le camp de Dar es Salam (Tchad, 2015).

En outre, l’UNICEF procure un soutien psychosocial aux enfants afin de les aider à vivre avec les expériences traumatisantes qu’ils ont vécues. En effet, beaucoup d’enfants ont été séparés de leur famille ou ont été témoins d’atrocités. L’école est pour eux un espace sécurisant dans lequel ils peuvent se reconstruire.

Seuls 2% de l’ensemble des fonds humanitaires sont destinés à l’éducation. Ceci n’est rien comparé au rôle primoridal que joue l’école dans la vie des enfants et dans le futur des communautés.

C’est pour cela que l’UNICEF et ses partenaires ont élaboré le fonds « L’éducation ne peut pas attendre » qui sera débatu lors du premier Sommet International de l’Humanitaire à Istanbul fin mai 2016. L’objectif de ce fonds est de récolter davantage de moyens financiers pour aider les enfants privés d’école mais également de mobiliser l’ensemble des parties prenantes (ONG, gouvernements) afin de faciliter le travail humanitaire sur les questions d’éducation.

Restez informé de nos activités en Belgique et dans le monde