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Balles perdues en Ukraine orientale : le récit de Sasha, 12 ans

Une coupe de football trône sur une étagère de fortune dans la maison où Sasha vit avec sa grand-mère. “Je voulais devenir footballeur professionnel mais j’ai dû arrêter lorsque j’ai été blessé,” confie le jeune garçon de 12 ans.

La blessure fut causée par une balle perdue qui a brisé la cheville de Sasha. L’incident s’est produit l’été dernier alors qu’il roulait à vélo près de chez lui à Avdiivka, en Ukraine orientale. La région est le théâtre d’un conflit qui se prolonge depuis 2014.

Sasha Sechevoi, 12 ans, montre sa cheville et sa blessure par balle.

Sasha Sechevoi, 12 ans, montre sa cheville et sa blessure par balle.  

“J’ai entendu des tirs lointains. Mais je n’ai pas entendu de balles siffler près de moi, » raconte Sasha. Sa cheville a été brisée net. Il lui a fallu plusieurs semaines avant de pouvoir remarcher. Sa vie a fort changé depuis cet événement.

Valentina a très vite remarqué la différence chez son petit-fils.

“Il est devenu un adulte,” raconte-t-elle. “Avant sa blessure, il était insouciant comme tout enfant de son âge. Maintenant, il est devenu prudent et se tient sur ses gardes».

Sasha, 12 ans, dans sa maison d’Avdiivka à Donetsk (Ukraine)Sasha comme les centaines de milliers d’enfants prisonniers de la zone de conflit ont très peu d’endroits où ils peuvent se sentir en sécurité.

Son école n’ouvre que trois fois par semaine et seulement pendant quelques heures. Les cours ne durent que 20 minutes. Il n’y a pas de chauffage dans les locaux et en raison de la guerre, les enfants restent continuellement exposés au danger. Sur les aires de jeu, il n’est pas rare de trouver des douilles ou des shrapnels. Avant, on comptait 20 élèves dans la classe de Sasha. Actuellement, ils sont tout juste au nombre de 10 parce que beaucoup de familles ont quitté la localité pour tenter de gagner des zones plus sûres.

Pour se rendre à l’école, Sasha passe par les jardins des voisins. Pour se rendre à l’école, Sasha passe par les jardins des voisins. De la sorte, il évite la rue avant de prendre son bus. On entend souvent des tirs d’artillerie lorsque les enfants rentrent chez eux en courant après l’école.

A la maison, Sasha et sa grand-mère n’ont ni eau ni gaz parce que de nombreuses conduites du réseau urbain ont été endommagées. En outre, la maison ne leur offre qu’une sécurité relative puisque plusieurs balles perdues sont venues se loger dans sa façade ou ont fait éclater ses vitres tandis que Sasha et Valentina se trouvaient à l’intérieur.

“Le bruit des tirs dans la ville est devenu banal,” raconte Valentina, “mais il est difficile de vivre avec l’idée qu’on ne se réveillera peut-être pas demain”.

Que fait l’UNICEF?

Sasha à l'écoleL’UNICEF apporte un soutien psychosocial à quelque 270.000 enfants en Ukraine orientale pour les aider à faire face à différentes formes d’angoisse et de traumatismes. Il a dispensé une formation à 4.542 enseignants et à du personnel éducatif afin qu’ils puissent reconnaître les signes avant-coureurs de stress post-traumatiques chez les enfants.

Le Fonds pour l’enfance a également donné accès à une éducation de base à 194.900 enfants vivant pour la plupart près de la ligne de front afin que leur scolarité ne soit pas interrompue.

L’UNICEF et ses partenaires ont contribué à la remise en état de 40 écoles, permettant de la sorte à 11.134 enfants de retrouver leur cadre scolaire.

155.848 enfants ont reçu des fournitures scolaires neuves tandis des meubles et du matériel pour des aires de jeux étaient aménagés dans leurs écoles.

Enfin, l’UNICEF a donné accès aux enfants les plus vulnérables à de l’eau potable, des toilettes et des soins de santé.

Faites un don pour les enfants en détresse