Comment trouver de l’eau en Ethiopie depuis l’espace ?

Une manière innovante de trouver de l’eau dans les régions affectées par la sécheresse en Ethiopie.

Hamdia, 6 jaar, in Afar, Ethiopë

Le petit frère de Hamdia (6 ans) est mort de diarrhée aiguë suite à une consommation prolongée d’eau trop chargée en sels minéraux à Afar, en Ethiopie. – © UNICEF/Ethiopie/2018

Une étendue sablonneuse ondulant sous une couche de cendre volcanique noire vielle de plusieurs millions d’années. Tel est le paysage que présente la région d’Afar dans la vallée du Grand Rift touchée pour la quatrième année consécutive par la sécheresse. Le manque d’eau y est criant. Ni les hommes ni les bêtes ou les plantes n’en ont suffisamment pour survivre.

De nombreuses entreprises et ONG ont entrepris des forages pour percer des nappes phréatiques dans la région mais avec des taux de réussite mitigés qui n’excédaient pas 30%. Entre-temps, les sources se sont soit taries ou ont subi une salinisation importante en raison de concentrations importantes de sels dans les sols. Ici la population reste dépendante dans une large mesure d’approvisionnements chers, assurés par des sociétés commerciales. Mais des yeux, ceux de l’espace, peuvent apporter la solution !

 © UNICEF/Ethiopia/2018

Lorsqu’on passe à côté, le tuyau métallique qui crachote de l’eau au milieu du désert n’a rien d’impressionnant. Et pourtant, cette conduite d’eau et le puit de forage auquel elle est reliée constituent l’un des projets les plus innovants de l’UNICEF en Ethiopie.

Etant donné que le pays est continuellement menacé par la sécheresse, l’UNICEF s’est lancé sur un terrain qu’il n’a pas coutume de fouler : les systèmes de détection spatiale par satellites. On sait qu’il existe de l’eau à certaines profondeurs dans le sol. Mais la question est de savoir où exactement.

Soutenu par le Centre commun de recherche de la Commission européenne, l’UNICEF utilise des images satellites pour identifier des nappes phréatiques jusqu’à 600 mètres de profondeur et pour savoir exactement où forer. L’eau potable est ensuite pompée et apporte un vrai soulagement aux habitants du petit village d’Afdera à Afar, Ethiopie.

Pour illustrer l’importance de ce projet, nous vous invitons à entrer dans la maison d’Assia. Avec ses quatre enfants accrochés à ses jupes, Assia vit dans une cabane de fortune ou plutôt dans une charpente en bois recouverte de bâches et de tôles ondulées. L’eau des sources environnantes avait une trop haute teneur en sels minéraux. Les jeunes enfants contractaient assez vite des diarrhées aqueuses quand ils en consommaient. Assia a ainsi perdu son jeune fils de neuf mois.

Trop de mamans ont vécu cette pénible situation dans la région par manque d’eau potable.  “Le médecin conseille de consommer de l’eau de bouteille mais celles-ci sont impayables pour moi”, explique Assia.

La manière innovante de trouver de l’eau potable par images satellites remédiera bientôt à cette situation. L’approche a enregistré jusqu’ici un taux de réussite de 92% et permet à 11 puits de forage de pomper de l’eau potable. Une solution qui a l’avantage d’être durable pour une région particulièrement exposée à la sécheresse et qui pourra s’affranchir sous peu d’un approvisionnement coûteux par camions citernes.

Assia (35 ans) avec son plus jeune fils Hussein (3 ans) sur ses genoux. A côté d’elle, ses deux filles Halima (4 ans, en rose) et Hamdia (6 ans, en vert). Assia a perdu son plus jeune fils victime de diarrhée aiguë suite à la consommation répétée d’une eau trop riche en sels minéraux à Afdera, petit village d’Afar, en Ethiopie.

Le générateur rugit de vie. Les bruits de pompage rythment l’écoulement continu de l’eau de la conduite. Une eau qui permettra à Assia et aux autres familles de rester en bonne santé toute l’année et de ne plus dépendre de camions citernes.
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