Des jeunes engagent 150 hommes blancs de 50 ans comme porte-parole.

#DOYOUHEARMENOW

À la Journée internationale des droits de l’enfant, les jeunes, en collaboration avec UNICEF Belgique, ont attiré l’attention d’une manière peu habituelle sur un de leurs droits : le droit à la participation.

C’était un spectacle inhabituel hier à la gare centrale de Bruxelles. 150 hommes quinquagénaires, blancs, en costume, se sont réunis à 8h du matin, armés de pancartes recouvertes de nombreux slogans à propos de l’éducation, de la pauvreté, du climat, de la mobilité, des loisirs, des migrants et des réfugiés, et d’autres thèmes. Un spectacle insolite, qui cache une histoire plus insolite encore. Avec l’aide d’UNICEF Belgique, ces hommes de 50 ans ont été recrutés par des jeunes.

Pourquoi ? Parce qu’il est avéré que les hommes blancs de 50 ans et qui portent un costume, sont ceux qu’on écoute le plus. Les jeunes peuvent donc se demander à juste titre : doit-on ressembler à des hommes blancs, de 50 ans, en costume, pour être entendus ?

Cette question est au cœur de la campagne d’UNICEF Belgique, qui rappelle, sous le hashtag #DoYouHearMeNow, le droit de chaque enfant d’exprimer ses opinions et qu’elles soient prises en considération dans les décisions leur concernant.

La campagne (en ligne) se déroule jusqu’au début du mois de décembre et encourage les enfants et les adolescents à partager leurs opinions sur des thèmes qui leur tiennent à cœur, via une plateforme :  www.doyouhearmenow.be. Toutes les opinions récoltées seront ensuite notifiées dans un rapport, qui sera adressé à nos décideurs et décideuses politiques.

Le droit à la participation

Chaque enfant a le droit à la participation. Chaque enfant a le droit d’être entendu à propos des questions qui le concernent. Son avis compte. C’est écrit noir sur blanc dans l’article 12 de la Convention relative aux droits de l’enfant, qui fête ses 30 ans cette année. Mais pour que les enfants puissent se forger une opinion, il est primordial qu’ils reçoivent suffisamment d’informations.

Le droit à la participation est aussi étroitement lié aux autres principes de la convention, notamment à l’intérêt supérieur de l’enfant et à la non-discrimination. L’intérêt supérieur de l’enfant précise que dans n’importe quelle décision qui concerne des enfants c’est l’intérêt supérieur des enfants qui doit primer sur tout le reste. Les enfants et les jeunes sont aussi les mieux disposés à éclairer les décisions prises au niveau individuel, collectif et politique.

Le clip vidéo

La revendication d’être entendu ne se limite pas à la manifestation. La campagne s’adresse à des jeunes entre 13 et 18 ans, nous avons donc également utilisé des médias qui touchent ce groupe cible. En collaboration avec Le 77, Blu Samu et Pasi & Cloos, nous avons écrit une chanson et réalisé un clip vidéo : Do you hear me now ? Cette version contemporaine de la « chanson contestataire » sera partagée via tous les canaux possibles. Le but : faire entendre la voix des jeunes. Ils ont le droit d’avoir une opinion, le droit de participer, et le droit d’être écoutés. Même s’ils ne sont pas des hommes de 50 ans, en costume.

« Nous en avons fait nous-mêmes l’expérience quand nous étions adolescents : on ne nous demandait pas souvent notre avis, ou alors il n’était pas pris au sérieux. En tant que musicien, tu exprimes de telles frustrations à travers la musique… Alors on a été très contents de recevoir la liberté de créer une chanson qui sert une grande cause et qui soutient les jeunes. Parce que tout le monde a le droit de s’exprimer. Tout le monde doit être écouté. Quel que soit son âge. Ou son apparence. D’ailleurs, les enfants disent souvent des choses plus intelligentes que les adultes. Cette chanson veut exprimer ça. Ce n’est pas un message pour les enfants. C’est plutôt le message des enfants aux adultes. Aux politiciens et aux autres qui ne les écoutent pas. Leur donner une voix était très important pour nous. C’est aussi sympa pour une fois de faire une chanson avec un vrai message. (rires) » (Le 77).

Les droits de l’enfant ont 30 ans

Depuis le 20 novembre 1989, la Convention relative aux droits de l’enfant est devenue le traité des droits de l’homme le plus ratifié au monde, et la norme en matière de protection des enfants.

La Convention relative aux droits de l’enfant traite de tous les sujets auxquels les enfants peuvent être confrontés, de leur naissance à leur 18e anniversaire. On y parle de l’école, de la maison, de la santé, de la religion, des parents et des amis. Mais aussi de la maltraitance infantile, du travail des enfants, de la guerre et de la séparation des parents.

L’idée centrale est que chaque enfant – où qu’il soit dans le monde – devrait pouvoir jouir des mêmes droits. C’est cette approche qui rend la Convention unique.

Depuis 1989, la création et la mise en œuvre progressive des droits des enfants ont contribué à améliorer la qualité de vie de millions d’enfants dans le monde. Chaque année cependant, à cause de la pauvreté, des inégalités, de la discrimination et de l’exclusion, des millions d’enfants se voient encore privés de leurs droits. La liste des défis à relever dans le domaine des droits de l’enfant reste trop longue. Les jeunes d’aujourd’hui sont confrontés à toute une série d’épreuves et de changements dans le monde, que leurs parents n’auraient jamais pu imaginer. Le climat change de façon spectaculaire. Les inégalités se creusent. Les technologies changent notre façon de voir le monde. Et les conséquences des guerres, des conflits et de la pauvreté se font sentir aujourd’hui, plus que jamais auparavant.

« Mais tous ces défis sont aussi autant de chances » déclare Koen Van Bockstal, le Directeur général d’UNICEF Belgique. « Si nous faisons aujourd’hui un bilan des 30 dernières années passées sous l’ère de la convention des droits de l’enfant, il nous appartient également d’aller de l’avant et d’imaginer tout ce que nous pouvons réaliser dans les trente années à venir. Il est important que nous sachions quelles sont les questions qui préoccupent le plus les enfants et les jeunes aujourd’hui. Tout comme les jeunes de 1989 sont devenus les leaders d’aujourd’hui, les enfants et les jeunes de 2019 deviendront les leaders de demain. Nous devons travailler avec eux pour trouver les solutions nécessaires afin de relever les défis d’aujourd’hui. Pour construire avec eux un meilleur avenir pour le monde dont ils hériteront. »

www.doyouhearmenow.be