Enfance volée: des enfants dans des groupes armés au Soudan du Sud

« Thomas » a 12 ans, c’est un « enfant soldat », un enfant lié à une force ou un groupe armé. Selon les principes de Paris, le terme désigne « toute personne âgée de moins de 18 ans, enrôlée ou exploitée dans un conflit armé ou un groupe armé, à quelque titre que ce soit. »

Ces principes indiquent également que sont concernés non seulement les enfants qui prennent part à des combats, mais aussi les enfants « exploités comme combattants, cuisiniers, espions ou à des fins sexuelles. »

En savoir plus sur les enfants soldats


Des enfants ordinaires au bagage extraordinaire

Comme tous les autres enfants, les enfants enrôlés au sein de groupes armés ont besoin d’amour, de soins et de sécurité. Ils rêvent de l’avenir, font des blagues, jouent au football et veulent gagner. C’est normal, c’est de leur âge. Mais ils ont vécu des expériences particulières qui les suivront pour leur reste de leur vie.

Faites la connaissance de Mark, qui a été libéré et a bénéficié de l’aide du programme de réintégration de l’UNICEF:


Ce qu’il faut savoir au sujet des enfants soldats au Soudan du Sud :


1) Les groupes armés enrôlent plus de garçons que de filles. De tous les enfants libérés, 12 % sont des filles.
2) 28 % des enfants libérés dans la région de l’Équatoria-Occidental ont moins de 15 ans.
3) Les enfants des groupes armés ne portent pas tous les armes. Certains sont exploités pour nettoyer ou comme porteurs, cuisiniers ou sentinelles.
4) Les filles des groupes armés sont souvent victimes de violences sexuelles et de genre.
5) Personne ne connaît le véritable nombre d’enfants soldats au Soudan du Sud, entre autres en raison du faible nombre d’enregistrements des naissances, ce qui complique la vérification de l’âge.


« Associer des enfants à des groupes armés est contraire à presque tous les droits des enfants. Ces enfants sont privés d’enfance et ont vu des choses qu’aucun enfant ne devrait voir. Mais il n’est pas trop tard pour leur offrir un avenir. »

Mohamed Ag Ayoya
Représentant de l’UNICEF au Soudan du Sud


Le long retour à la maison

Une fois qu’un enfant est libéré d’un groupe armé, un programme de réintégration de 3 ans débute. L’enfant se voit attribuer un assistant social qui l’accompagnera pendant l’ensemble du processus.

Il bénéficie d’un soutien psychologique, de soins de santé et du matériel de base pour repartir à zéro, comme des vêtements et du matériel scolaire.
Nous nous mettons également en quête de sa famille afin qu’ils puissent être réunis et nous l’aidons afin qu’il retourne à l’école et soit réintégré dans la communauté.


Kidnappé, exploité et laissé pour mort : l’histoire de James

Ceci est une histoire vraie. Nous avons retrouvé James en 2020, à l’issue du programme de réintégration.

Découvrez comment va James à présent


« Je me suis chuchoté : courage, tu peux le faire ! »

Federica Pantaleoni, spécialiste de la protection de l’enfance, raconte la libération de 32 garçons de groupes armés à Mirmir, au Soudan du Sud.

Lisez son histoire >


10 faits à propos du travail de l’UNICEF avec les enfants associés à des groupes armés

1) L’UNICEF a soutenu la libération de 3 692 enfants au Soudan du Sud depuis 2015.

2) Plus de 3 300 cas avérés de violations graves des droits des enfants ont été rapportés à l’organe national de contrôle depuis décembre 2013.

3) L’UNICEF prévoit de libérer 2 100 enfants en 2020 s’il dispose de suffisamment de fonds.

4) Le plus grand programme de réintégration de l’UNICEF se trouve à Yambio, dans le  sud ouest du Soudan du Sud.

5) Le programme de réintégration de l’UNICEF coûte 2 000 dollars US par enfant pour une période de 3 ans.

6) La plupart des enfants ayant complété le programme de réintégration ne se refont pas enrôler dans un groupe armé.

7) Plusieurs ambassades au Soudan du Sud ont formé un « groupe d’amis », demandent ensemble aux différentes parties d’arrêter de recruter et d’exploiter des enfants et soutiennent le programme de réintégration de l’UNICEF.

8) L’UNICEF protège l’identité des enfants afin d’éviter des représailles, une stigmatisation ou un nouveau recrutement.

9) L’UNICEF a besoin de 4,2 millions de dollars en 2020 pour continuer à libérer et réintégrer des enfants associés à des groupes armés.

10) Ces programmes, qui apportent un soutien vital aux enfants relâchés par les forces et groupes armés au Soudan du Sud, risquent d’être suspendus par manque de financement.

Lisez le communiqué de presse