Mots-clés

Journée internationale de la fille : donner des moyens aux filles pour changer le monde

Le nombre de personnes déplacées en raison d’une catastrophe ou d’un conflit est actuellement sans précédent. Il entraîne des difficultés nouvelles pour les filles, notamment une vulnérabilité accrue à la violence sexiste et à la déscolarisation. En temps de crise, les filles ont souvent moins de ressources, sont moins mobiles et ont plus de difficultés d’accéder à des informations et des réseaux qui peuvent leur sauver la vie.

Les filles sont aussi source de pouvoir, d’énergie et de créativité, et les millions de filles vivant en situation d’urgence humanitaire ne font pas exception à cette règle. Les jeunes filles ont besoin de plateformes pour exprimer les difficultés qu’elles rencontrent dans leur vie quotidienne et développer des solutions efficaces, afin de pouvoir être les moteurs d’un changement durable pour elles-mêmes et leur communauté. Lorsqu’on leur en donne les moyens, les filles peuvent changer le monde !

Donner des ailes aux filles du Liban

Le Liban, qui subissait déjà une pression énorme avant la crise syrienne, accueille aujourd’hui plus d’1 million de réfugiés syriens. C’est plus que n’importe quel autre pays dans le monde par habitant. Grâce à divers programmes, l’UNICEF veut donner les moyens aux filles de réaliser leur plein potentiel, quelle que soit leur nationalité. Faites la connaissance de Sandra et Christina, originaires d’Iraq, qui vont à l’école au Liban avec le soutien de l’UNICEF, de Ghaysaa, 13 ans, qui est devenue un défenseur des droits de l’enfant, et de Caren, qui fait des études sur les rayonnements radioélectriques pour montrer qu’il ne s’agit pas d’un domaine réservé aux garçons.

Les filles risquent 2,5 fois plus d’être déscolarisées que les garçons dans les pays touchés par le conflit

Les sœurs Sandra, 8 ans, et Christina, 9 ans, sont originaires d’Iraq, mais elles ont vécu au Liban depuis 2016, après deux ans de déplacement dans leur propre pays lorsque Mossoul est tombé en 2014.

Elles vont toutes les deux à l’école. Christina veut devenir professeur d’anglais, tandis que sa sœur Sandra veut enseigner les maths.

« Si je ne vais pas à l’école, je me retrouverais à la maison, et ce n’est pas ce que je veux. C’est beaucoup mieux d’aller à l’école. J’aime surtout les maths”, raconte, Christina, 9 ans, pendant qu’elle fait ses devoirs dans l’appartement de sa famille à Btourram, dans le nord du Liban. »

Partout au Liban, en collaboration avec les autorités locales et le Ministère de l’Education, l’UNICEF fait en sorte que tous les enfants aient accès à l’éducation publique, peu importe leur nationalité:

  • Plus de 300 écoles organisent des cours selon deux roulements par jour, afin de pouvoir accueillir tous les enfants.
  • L’UNICEF couvre les frais de scolarité de tous les enfants qui fréquentent les écoles publiques au Liban.
  • Nous fournissons également du matériel scolaire aux enfants et forme les enseignants.

Lors d’une crise, les filles sont plus vulnérables à la violence sexiste

“J’ai appris l’importance de la confiance dans la vie. Je sais maintenant que tout le monde n’est pas digne de confiance. Si un étranger nous demande de monter dans une voiture, nous ne devons pas accepter, ni même lui parler. Depuis que j’ai suivi le programme de l’UNICEF, je dis à mes amis de dire ‘non’ si leurs parents veulent les marier. Cela entraverait leur avenir, et elles ne seraient jamais heureuses, » raconte Ghaysaa, 13 ans, du Liban.

Elle a participé à des cours organisés par le IRC (le Comité International de la Croix-Rouge), ‘Ma sécurité, mon Bien-être’, un programme de soutien psychosocial soutenu par l’UNICEF. »

La violence à l’égard des femmes s’accroît souvent dans des situations d’urgence et lors de déplacements de personnes. Au Liban, ce phénomène a pris des proportions énormes. Les communautés syriennes ainsi que les communautés libanaises vulnérables ont été très touchées. Une étude menée en 2014 a montré que les filles adolescentes sont régulièrement exposées à des abus verbaux et physiques à la maison et craignent d’être agressées. Souvent, elles voient le mariage précoce comme une façon d’être protégées et d’avoir une sécurité financière.
C’est pour cette raison que l’IRC, soutenu par l’UNICEF, a développé le programme de soutien psychosocial ‘Ma sécurité, mon Bien-être’, afin de réduire la vulnérabilité des filles.

L’objectif est de doter les filles des connaissances et des compétences pour les aider à prévenir et agir contre la violence sexiste. Le programme, qui dure 12 semaines, couvre les sujets suivants: les mécanismes d’autodéfense, la confiance, la résolution de problèmes avec un accent particulier sur la violence sexiste, le mariage précoce, la santé sexuelle, le stress et les relations avec les parents.

Aider les filles à realiser leur plein potentiel

Des projets et des solutions à long terme, développé avec et pour les filles, peuvent renforcer leur résilience et leur donner à des opportunités qui peuvent transformer leur vie.

“Je suis venue avec mes amies pour prouver que la technologie et l’informatique ne sont pas seulement des domaines pour les garçons. Les filles aussi sont compétentes pour étudier ces matières et aiment apprendre plus », raconte Caren, une adolescente libanaise, après avoir participé à une séance sur les rayonnements radioélectriques.

Des filles libanaises et syriennes sont en train de construire une maquette en carton pendant la séance ‘Introduction à l’architecture » à la quatrième édition de ‘Girls Got IT’ à l’Université de Balamand, au nord du Liban.

Plus de 100 filles ont participé à cet événement soutenu par l’UNICEF, destiné à encourager les filles à choisir des domaines dans lesquels les femmes sont souvent sous-représentes, comme la science, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques. Durant les séances, des trajectoires professionnelles alternatives sont présentées aux filles afin de combler l’écart entre les sexes dans ces domaines.

La Journée internationale de la fille a lieu chaque année pour mettre en lumière les droits des jeunes filles et les défis auxquels elles doivent faire face dans le monde. Cette année se concentre sur les défis et les possibilités auxquels font face des millions de filles avant, pendant et après une crise.

Restez informé de nos activités en Belgique et dans le monde