Les enfants en exil prennent la parole

Leurs idées sur la situation des enfants dans leur pays d'origine

Où est notre enfance? Où est notre futur?

Dans le cadre du projet ‘What do you think?‘, UNICEF Belgique a organisé des débats avec des enfants et des jeunes réfugiés qui habitent en Belgique. La question centrale était: que ferais-tu pour améliorer la situation des enfants dans ton pays d’origine?

Regardez les messages filmés que les jeunes ont laissés sur leurs expériences et leurs souhaits pour les enfants de leurs pays d’origine:

Mon pays d’origine

Au cours des débats, les jeunes racontent que leur famille leur manque, ainsi que leurs amis, leurs voisins, leur culture, la cuisine, les jours de fête, les couleurs et les odeurs,  comme celle des mangues dans les arbres.

Guerre, conflit et violence

La guerre, les conflits et la violence ont affecté tous les enfants et les jeunes. Une fille de 10 ans témoigne:

“ La guerre est cruelle. Elle produit des traumatismes à vie. Les enfants voient leurs parents mourir. Les enfants sont détruits.

La guerre, c’est la déstruction et la mort. Elle a des répercutions à tous les niveaux: la destruction des villes, la disparition des services de base, les parents qui perdent leur emploi, il n’y a plus de revenu, les enfants doivent aller travailler, ils ne peuvent plus aller à l’école ou doivent s’engager dans l’armée. La vie des enfants telle qu’ils la connaissent disparaît.

Discrimination et injustice

Les jeunes ont tous la conviction qu’une vérité terrible mais indéniable s’impose: un grand nombre d’enfants nés dans leur pays d’origine voient leur destin brisé par le simple fait d’être nés fille ou garçon, dans ce pays, dans telle communauté, ou dans telle famille. Les jeunes parlent de vies marquées par l’inégalité, l’injustice et la discrimination. Les jeunes abordent aussi l’impact de la pauvreté dans leurs vies et l’écart entre les pauvres et les riches.

“Les riches peuvent tout acheter, les pauvres n’ont aucun droit. » « Les enfants pauvres ne comptent pour rien. »

Ils témoignent du manque de liberté : ne pas être libre de choisir sa croyance, ne pas être libre de parler sa propre langue, ne pas pouvoir exprimer sa propre opinion.

La voix des jeunes générations

Pour les jeunes, il est important de faire entendre leur voix. Ils veulent participer et réfléchir aux manières de changer les choses.

What do you like, dislike & love

likedislike‘MES PARENTS ME MANQUENT. JE N’AIME PAS LA GUERRE. ET J’AIMERAIS LA SECURITE EN AFGHANISTAN.’ (Garçon, 15 ans, Afghanistan)

‘EN ÉRYTHRÉE LES ENFANTS VIVANT À LA CAMPAGNE NE PEUVENT PAS ALLER À L’ÉCOLE ET LES FEMMES ENCEINTES DOIVENT ACCOUCHER À LA MAISON. » (Fille, 18 ans Érythrée)

‘JE VEUX QUE LA SYRIE SOIT COMME AVANT. NOUS N’ÉTIONS PAS UN PAYS RICHE OU CONNU.
NOUS ÉTIONS UN BON PAYS OÙ LES GENS S’ENTENDAIENT BIEN ET S’AIMAIENT LES UNS LES
AUTRES.’ (Fille, 20 ans, Syrie)

Le pays de mes rêves

Le pays des rêves de tous ces jeunes est sans aucun doute un pays sans guerre, sans violence, sans corruption, sans discrimination mais aussi un pays où TOUS les enfants sont protégés et ont accès à une éducation de qualité.

« Si j’avais une baguette magique je construirais des hôpitaux avec beaucoup de médicaments. » (Fille, 8 ans, République démocratique du Congo)

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« Le plus gros problème c’est la guerre. Arrêtez la guerre et tous les problèmes seront résolus.» (Garçon, 17 ans, Syrie)

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“En Afghanistan, la vie doit être comme ça, avec des hôpitaux et des écoles.”

Des conseils aux enfants qui veulent s’exiler

_RG80260_webSur la route de l’exil, les enfants sont parfois séparés de leur famille ou confrontés à de nombreux dangers et abus. Quels conseils donneriez-vous à ces enfants ? Leur diriez-vous de rester ou de s’en aller ? S’ils décident de partir, à quoi devraient-ils faire attention ? Même s’il s’agit d’une question difficile à poser, tous les jeunes veulent s’exprimer.
« Attention la route est très dangereuse. Il faut surtout faire attention aux passeurs qui sont violents et volent ton argent. »
(Garçon, 15 ans, Afghanistan)

« C’est dangereux de sortir du pays et la route dans le Sahara ets très dangereuse. Pendant le trajet, il faut faire attention, marcher la nuit. J’ai vu des gens mourir
(Fille, 18 ans, Eritrea)

« En Turquie j’ai dû travailler pendant 5 ans (de 11 à 16 ans). Je suis maintenant en sécurité
ici mais mes soeurs sont toujours bloquées en Turquie. Ma soeur de 15 ans doit travailler pour 200 euros par mois. Ma petite soeur de 8 ans ne va pas à l’école. »
(Garçon, 17 ans, Syrie)

 

Le message des enfants et des jeunes réfugiés en
Belgique

« Nous sommes les enfants et les jeunes du monde, et malgré nos différences, nous partageons un rêve
commun: la paix et le respect des droits de TOUS les enfants. »

Lisez le message complet


What do you think?

Les débats ont été organisés dans le cadre du projet ‘‘What Do You Think?’. Depuis 1999,  nous interrogeons des enfants et des jeunes en situation de vulnérabilité sur leurs difficultés et leurs rêves. Nous avons travaillé avec des enfants porteurs d’un handicap, des mineurs étrangers non-accompagnés, des enfants hospitalisés en pédiatrie ou en psychiatrie, des enfants vivant dans la pauvreté… Nous partageons leurs messages avec les responsables politiques belges ainsi qu’avec le Comité des droits de l’enfant des Nations Unies. Les enfants et les jeunes ont, selon le Comité des droits de l’enfant, le droit de participer. Les décideurs
doivent donc les impliquer en tant qu’experts dans la résolution des problèmes qui les concernent.

Les chiffres parlants sur les enfants déracinés

  • 1/3 de la population mondiale sont des enfants
  • 50% des réfugiés sont des enfants
  • 50 millions d’enfants sont déracinés dans le monde
  • 28 millions d’enfants fuient la violence et les conflits
  • 17 millions d’enfants sont déracinés dans leur propre pays

En EU :

  • Nombre d’enfants demandeurs d’asile s’est multiplié par 10 en 10 ans
  • 1 demandeur d’asile sur 3 = 1 enfant
  • On comptait 300.000 enfants non accompagnés en 2015 (5 X plus qu’en 2010-2011)

En Belgique :

  • Plus de 18.000 personnes ont introduit une demande d’asile en 2016.
  • Plus d’1 demandeur d’asile sur 4 = 1 enfant
  • 4.883 enfants ont demandé l’asile en 2016 dont 1.076 enfants non-accompagnés

 Recommandations d’UNICEF Belgique

  1. Ecouter les enfants et les jeunes. Les faire participer aux décisions qui les concernent. Ce n’est pas un cadeau qu’on fait aux enfants mais c’est un droit, inscrit dans la Convention des droits de l’enfant. Ecouter les enfants migrants et réfugiés permettra de concevoir des politiques migratoires mieux adaptées aux enfants.
  2. Améliorer la situation des enfants dans les pays d’origine, leur permettre d’aller à l’école, d’avoir accès aux soins de santé et d’être protégés de toute forme de violence (la guerre, la violence familiale, communautaire, les mariages forcés, l’enrôlement des enfants dans l’armée).
  3. Offrir des voies de migration sécurisées et légales aux enfants fuyant les conflits armés, les persécutions et la violence afin que les enfants qui s’exilent ne soient pas obligés de se mettre entre les mains des passeurs et des trafiquants et soient ainsi exposés à cette violence inacceptable. La route de la Méditerranée centrale est une des plus dangereuse du monde pour les enfants qui sont obligés de l’emprunter car il n’existe pas d’alternatives légales et sécurisées à la migration.

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