L’histoire de Diego, 9 ans, habitant d’un quartier en proie à la violence

Diego Ramirez vit dans un quartier de la banlieue de San Salvador, connu pour être l’un des endroits les plus dangereux d’un pays à très haute criminalité. Dans ce quartier, l’UNICEF soutient un programme culturel grâce auquel les enfants de la municipalité sont encouragés à utiliser l’art comme mode d’expression. Il s’agit de l’une des rares aires publiques sécurisées dans un quartier considéré partout ailleurs comme dangereux.

A chaque fois que vous protégez un enfant, il y a de l’espoir

La petite ville de Santo Tomas d’El Salvador possède l’un des taux de criminalité les plus élevés au monde. En 2015, on y enregistrait 1 mort par 1.000 habitants. Santo Tomas fait partie du grand San Salvador, la capitale, et compte 25.000 habitants. Des membres de gangs y recrutent des enfants dès l’âge de 10 ans, en leur offrant de l’argent, des téléphones portables, des vêtements et des chaussures en échange du transport de drogues ou d’armes. Lorsque ces enfants refusent de faire ce qu’on leur demande, ils sont menacés ou battus.

La violence dans les rues a engendré une telle insécurité dans le pays que les parents tentent de garder le plus possible leurs enfants à la maison.

© UNICEF/UN036812/Torgovnik / Verbatim Photo Agency
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Un programme permet cependant aux enfants de mettre le nez dehors. Il combine art, culture et apprentissage au sein d’un environnement sécurisé et protégé. Diego a neuf ans et est l’un des 130 participants de ce nouveau programme intitulé ‘El Conacaste Eco Cultura’. Il connaît bien les problèmes de violence dont souffre sa ville natale.

“Il faut vraiment être très prudent. Les enfants doivent se faire accompagner par un adulte. Si je n’étais pas ici à ce workshop, je serai resté à la maison.” Diego est ravi de pouvoir s’exprimer par le biais artistique. “Lorsque je prends part au workshop, je me sens heureux. Je me libère et je peux m’essayer à différentes choses comme l’expérimentation de couleurs en peinture, par exemple.”

© UNICEF/UN036790/Torgovnik / Verbatim Photo Agency
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Miguel Angel Ramirez est un artiste salvadorien qui investit une partie de son temps dans ce programme en organisant des sessions hebdomadaires. Il explique son engagement :

“En tant qu’artistes, nous avons la responsabilité de montrer aux enfants la beauté de la photographie, du dessin, de la peinture et de la vidéo. Donner des cours d’art dans la nature, aide les enfants à affûter leur sens artistique. Je suis originaire de cette ville. Ceci est ma passion. L’art est une force qui donne de l’espoir aux enfants.”

L’un des coordinateurs du programme qui travaille auprès de l’UNICEF, Melvin Vasquez, explique qu’il n’y avait quasi aucune activité culturelle pour les enfants avant l’arrivée de ‘El Conacaste’. Il est convaincu de l’importance du programme pour les enfants parce qu’il leur procure des loisirs dans un environnement sécurisé, étend leur éducation au-delà des murs de l’école et stimule leur envie d’apprendre dans un cadre naturel qui les initie dès leur plus jeune âge au respect de l’écologie.

© UNICEF/UN036792/Torgovnik / Verbatim Photo Agency
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Diego impute son regain de confiance en lui et ses meilleurs résultats au programme : “J’ai plus de facilité à parler en public, parce que l’art m’a permis de mieux m’exprimer.” Lorsqu’il n’est pas pris par le workshop ou l’école, Diego passe son temps à la maison en jouant avec Nacy Gisela, sa petite sœur de trois ans. Elle se lance tous les jours dans ses bras lorsqu’il rentre à la maison. Elle éprouve beaucoup d’admiration pour son frère aîné. Diego se souvient avec plaisir des photos qu’il a prises d’elle lors de son dernier anniversaire.

© UNICEF/UN036800/Torgovnik / Verbatim Photo Agency
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La fascination de Diego pour la photographie ne s’arrête pas aux clichés qu’il prend de sa famille. “Lorsque je serai grand, je désire faire de la photo. Je veux voyager et prendre des photos d’oiseaux dans tous les pays du monde.”

Sa participation aux workshops artistiques et culturels ‘El Conacaste’ ont inspiré Diego quant à la vision qu’il pouvait avoir sur sa communauté, son pays et sur le monde.

“J’aimerais bien voir Santo Tomas dotée d’un beau parc, rempli de visiteurs qui dessinent ou de promeneurs prenant plaisir à y flâner. Mon rêve pour El Salvador, ce serait qu’il n’y ait plus d’enfants de la rue. Si j’étais président, je commencerais par créer un workshop pour la peinture, l’art, le dessin, la guitare, la photographie et la vidéo. Et je donnerais à tous les enfants du monde la santé, du bonheur et une bonne éducation.”

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