L’UNICEF accueille avec soulagement l’annonce des FARC de libérer les enfants combattants.

Le gouvernement colombien et les FARC (les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie, principal groupe armé d’opposition du pays) ont signé un accord afin de libérer tous les enfants de moins de 15 ans membres de la guérilla. L’UNICEF se réjouit de cette initiative.

© UNICEF/UN013365/LeMoyne
© UNICEF/UN013365/LeMoyne

 Cet accord, signé dans la capitale cubaine la nuit du 15 au 16 mai 2016, stipule que les deux parties (le gouvernement et les FARC) devront également élaborer un plan pour la libération des enfants de 15 à 18 ans et développer un programme pour faciliter leur réintégration dans la société.

« C’est un moment historique pour les enfants de Colombie », dit Roberto de Bernardi, représentant pour l’UNICEF en Colombie. « L’UNICEF se tient prêt à accompagner la libération de ces enfants et leur réinsertion dans leurs familles et leurs communautés, tout en respectant le droit national et international ».

5 décennies de conflit

Depuis 50 ans, des générations de Colombiens naissent, grandissent et tentent de fonder une famille dans un pays où règne la méfiance et la peur. Le coût du conflit colombien est particulièrement élevé pour les enfants ; des milliers de filles et de garçons ont été tués, blessés, déplacés de force, privés d’école, recrutés dans des groupes armés ou abusés sexuellement. Cette année, 2,5 millions d’enfants – soit un enfant sur trois – auraient été victimes du conflit d’une manière ou d’une autre.

Terrain miné

Depuis 1990, les mines et les munitions de guerre non explosées ont tué et blessé plus de 11.000 personnes, dont 1.100 enfants. Ceci fait de la Colombie le 2e pays le plus meurtrier en termes de mines, juste après l’Afghanistan. Il n’est pas rare de trouver des champs de mines dans les cours d’école, près de points d’eau ou le long de routes fréquentées.

Au-delà de leur impact physique direct, ces mines antipersonnel limitent les possibilités de déplacement des populations et réduit entre autres leur accès aux centres de santé, aux écoles, aux champs, aux marchés et aux puits.

© UNICEF/UN013345/LeMoyne
© UNICEF/UN013345/LeMoyne

Violences sexuelles

18.000 cas de violence sexuelle auprès d’enfants et d’adolescents ont été rapportés en 2013. 70% de ces plaintes concernent des filles âgées de moins de 14 ans… Dans les zones de conflit, les violences sexuelles sont la principale cause des déplacements de population. Ces agressions sont utilisées par les groupes dissidents comme une stratégie pour intimider les civils et leur extorquer de l’argent.

Des enfants sur le champ de bataille

Depuis trois ans, 1.000 enfants ont été recrutés par des milices. Ces enfants soldats rejoignent ces groupes pour différentes raisons : mauvaises conditions économiques, manque d’opportunités dans la vie, désir de vengeance, peur des représailles ou recrutement forcé.

UNICEF/UN013287/LeMoyne
UNICEF/UN013287/LeMoyne

Témoignage d’Angelina (nom d’emprunt)

« Ça se passait tellement mal à la maison que j’avais envie d’en finir avec la vie. Je me suis dit : si je rejoins un groupe armé, je serai peut-être tuée. Je suis alors devenue enfant soldat. La première fois que je me suis retrouvée dans une bataille j’avais très peur parce que je ne savais pas comment utiliser un fusil. Ce n’est pas un endroit pour un enfant. Ni pour un adulte, d’ailleurs. Les gens ne se rendent pas compte à quel point c’est dur ; si tu ne sais pas te défendre, tu peux mourir ! Je ne retournerai jamais là-bas. J’ai perdu plusieurs années de ma vie dans ce groupe armé et je veux aller de l’avant maintenant. »

 

Négociations de paix

Cela fait trois ans qu’ont débuté les pourparlers entre le gouvernement et les FARC afin de mettre un terme à 5 décennies de conflit. Ces négociations ont mené à de multiples améliorations significatives sur le terrain. Entre 2013 et 2015 en effet, le nombre d’enfants tués ou blessés par des mines terrestres ou des munitions non explosées a diminué de moitié tandis que le nombre d’enfants déplacés a chuté de 40%, selon un récent rapport de l’UNICEF.

Ne nous arrêtons pas en si bon chemin !

© UNICEF/UN013290/LeMoyne
© UNICEF/UN013290/LeMoyne

Toutefois, selon le rapport « Grandir en temps de guerre : les enfants de Colombie connaîtront-ils enfin la paix ? », plus de 1.000 enfants ont tout de même été recrutés par des groupes armés dissidents, 75 autres ont perdu la vie et 230.000 enfants ont été déplacés durant cette même période (entre 2013 et 2015).

« Alors que le pays s’approche petit à petit d’un accord de paix, il est crucial que tous les enfants qui ont payé le prix de ce conflit, de manière directe ou indirecte, reçoivent la protection, le soutien et l’assistance dont ils ont besoin », affirme de Bernardi.

L’action de l’UNICEF

© UNICEF/UN013357/LeMoyne
© UNICEF/UN013357/LeMoyne

L’UNICEF pense que l’accès à la justice, à un suivi médical et à un soutien psychosocial sont des éléments essentiels dans le processus de construction de la paix.

Ces 5 dernières années, 180.000 enfants ont ainsi bénéficié d’un programme de soutien élaboré par l’UNICEF les protégeant du recrutement par des bandes criminelles. Ce programme permet aux enfants de développer des compétences de vie à travers des activités sportives et des ateliers artistiques et culturels.

L’UNICEF porte également assistance aux victimes de mines antipersonnel et les accompagne dans leur réinsertion socio-économique.

Par ailleurs, notre organisation fournit une aide technique à la Colombie pour le développement d’un nouveau programme scolaire organisé autour des principes de paix et de réconciliation, de prévention de la violence, de la promotion de l’égalité entre les filles et les garçons et du respect des droits de l’Homme.

Restez informé de nos activités en Belgique et dans le monde