Malawi: Comment l’UNICEF a amélioré la vie de centaines d’enfants à chaque installation de pompes à eau à Karonga

Au Malawi, le manque d’accès à l’eau potable constitue un réel problème pour de nombreux enfants. En effet, la corvée de l’eau s’apparente souvent à une entreprise risquée, pénible vu le temps qu’elle prend et fort dangereuse puisque la qualité de l’eau recueillie peut avoir des conséquences mortelles pour ceux qui la consomment.

Pour faire face à ce problème majeur, l’UNICEF a  installé des dizaines de pompes à eau dans la province de Karonga grâce à un programme WaSH de grande envergure. Comment nous avons réalisé cela et comment la vie de milliers d’enfants et de familles s’en est trouvée changée, nous vous invitons à le découvrir maintenant ci-dessous.

© UNICEF/UNI189760/Gilbertson VII Photo
© UNICEF/UNI189760/Gilbertson VII Photo

Légende de la photo: Presque toutes les communautés habitant aux abords du lac Malawi utilisaient l’eau pour s’y laver mais aussi comme eau de boisson et de cuisine. Les habitants savaient que l’eau était contaminée et dangereuse mais aucun autre choix ne s’offrait à eux.  

Histoires recueillies à Karonga*

(par Joseph Scott d’UNICEF Malawi)

… avant l’installation des pompes à eau

Dans le petit village de pêcheurs de Kayuni, les habitants n’avaient d’autre alternative  pour trouver de l’eau que de s’approvisionner dans le lac Malawi. Or, en amont, le lac faisait également office de toilettes publiques pour les communautés locales et de point d’eau pour le bétail qui venait s’y abreuver quotidiennement.

© UNICEF/Chagara/2016
© UNICEF/Chagara/2016

Tiwonge Zimba, a 25 ans et est mère de 5 enfants. Ecoutons-la : 

“L’eau était impropre à la consommation. Les gens et les animaux faisaient leurs besoins dans le lac. On y faisait également la lessive. Nous savions donc que l’eau était dangereuse. Mais il n’y avait pas d’autre possibilité. Normal donc que les cas de choléra se sont multipliés dans notre village.”

Pour trouver de l’eau potable, les villageois allaient toujours plus loin sur le lac. La seule méthode pour y parvenir consistait à utiliser de petites embarcations de fortune.

Tiwonge: “J’ai failli perdre mon fils lorsqu’il s’est aventuré au milieu du lac pour chercher de l’eau. Son petit radeau a coulé à cause du poids des jerrycans remplis. Heureusement, des pêcheurs présents ont pu le sauver.”

Mais d’autres ont moins de chance. C’est ce que nous apprenons lorsque nous rencontrons Fonesi Msowoya. Elle habite le village de Lupembe, au nord du lac  Malawi. Elle se tient près de la pompe récemment installée avec le soutien de l’UNICEF. En reconnaissant nos T-shirts bleus aux couleurs de l’organisation, elle nous accueille avec beaucoup d’enthousiasme.

Mais elle nous confie aussi que notre visite réveille en elle un souvenir des plus douloureux :

“J’ai perdu ma fille de 8 ans alors qu’elle allait chercher de l’eau. Alors qu’elle avait fait le plein d’eau et s’attardait encore un peu pour faire trempette, elle s’est fait happer par un crocodile. Comme nous ne la voyions pas revenir à la maison, nous avons immédiatement organisé des recherches mais il était trop tard. On a retrouvé son corps lacéré sur la berge.” 

… maintenant que les pompes desservent les villages en eau

© UNICEF/Chagara/2016
© UNICEF/Chagara/2016

La présence d’une pompe à eau à proximité de son habitat est synonyme d’énorme progrès pour des mamans telles que Fonesi et Tiwonge. Non seulement, elles ne craignent plus les maladies d’origine hydrique qui rendaient leur famille malade mais elles ne redoutent plus de voir partir leurs enfants pour chercher de l’eau ou se baigner dans les eaux dangereuses du lac.

Cela signifie aussi que leurs enfants pourront se rendre bien plus régulièrement à l’école parce qu’ils ne seront plus malades durant de longues périodes ou occupés à chercher de l’eau !

Tiwonge nous raconte comment la pompe à eau de son village a changé sa vie de manière significative:

“Il y a deux ans, la province de Karonga a effectué des forages avec le soutien financier de l’UNICEF. Auparavant, mes enfants étaient constamment malades à cause de la diarrhée, du choléra ou d’infections parasitaires. Ils étaient fréquemment absents de l’école. Depuis que la pompe a été installée, mes enfants se portent on ne peut mieux!”

© UNICEF/Chagara/2016
© UNICEF/Chagara/2016

Il y a peu de temps encore, Lucy n’arrivait pas à trouver de l’eau potable pour boire ou cuisiner. Elle se faisait du souci en permanence pour la santé de ses enfants. Maintenant que la pompe dessert Kayuni en eau potable, le soulagement est énorme, physiquement et mentalement.

Lucy Mkandawire habite le même village que Tiwonge:

“Je n’ai que des filles et elles ne pouvaient pas aller suffisamment loin sur le lac pour ramener de l‘eau non contaminée. Depuis que je ne suis plus forcée d’utiliser de l’eau sale pour boire ou cuisiner, je respire enfin. Nous constatons aussi que l’absentéisme scolaire s’est considérablement réduit.”

Fonesi raconte qu’elle n’a plus peur de perdre l’un de ses enfants à cause d’un crocodile :

“Nos enfants ne courent plus de risques maintenant : nous ne devons plus puiser notre eau dans le lac et nous disposons d’installations sanitaires pour nous laver. Sans ces points d’eau aménagés par l’UNICEF, nous aurions certainement encore perdu d’autres enfants.”

Durant ces six dernières années, l’UNICEF a donné à près de 500.000 enfants et à leur famille un accès à de l’eau potable. Nous avons également soutenu les communautés dans la construction de latrines et d’installations sanitaires. Nous poursuivons ce travail aujourd’hui encore.


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