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Mise à jour : 13 mai 2026
En Cisjordanie occupée, y compris à Jérusalem-Est, les enfants palestinien·nes paient le prix de la montée de la violence. Depuis janvier 2025, un·e enfant a été tué·e en moyenne chaque semaine, soit un total de 70 enfants. 850 ont été blessé·es par des tirs. Les attaques se multiplient et les enfants sont aussi victimes de la destruction de leur cadre de vie et des infrastructures de base.
Des maisons sont démolies, les réseaux d’approvisionnement en eau sont détruits et la liberté de mouvement des familles est de plus en plus restreinte. Des milliers d’enfants ont perdu leur foyer et n'ont plus accès à leur école, aux hôpitaux et à d’autres services vitaux. L'éducation, qui devrait justement offrir sécurité et stabilité, est également soumise à une forte pression. Les écoles sont endommagées ou détruites et les enfants se rendent à l'école dans la peur, confronté·es à la violence et aux contrôles.
Plus de 60 installations d'approvisionnement en eau et d'assainissement ont été détruites, notamment des canalisations, des systèmes d'irrigation et des réservoirs d'eau. Une situation qui réduit davantage l'accès déjà fragile à l'eau potable, avec de graves conséquences pour la santé et l'hygiène des familles ainsi que pour la dignité des enfants.
Au cours de ces deux dernières années, le monde a beaucoup parlé des enfants de la bande de Gaza, mais leurs propres voix sont trop souvent restées dans l'ombre. C'est la raison pour laquelle l'UNICEF a lancé l'initiative « The Gaza We Want », qui recueille les points de vue des enfants sur leur avenir.
En collaboration avec nos partenaires, nous avons discuté avec des enfants entre 5 et 18 ans dans cinq gouvernorats de la bande de Gaza afin de documenter leurs priorités et leurs opinions. Au total, 1.603 enfants ont répondu à un questionnaire et des milliers d'autres ont participé à des sessions créatives pour s'exprimer à travers des dessins, des récits, des maquettes et des activités de groupe. Ces enfants nous ont raconté ce qu'ils et elles ont perdu, mais aussi ce qui est nécessaire actuellement :
- Des abris et de la sécurité ;
- De véritables écoles avec de vrais murs et de vrais toits où iels se sentent en sécurité, pas des tentes ;
- Des hôpitaux calmes, propres et sûrs ainsi qu'un soutien en santé mentale en plus des soins physiques ;
- La possibilité de jouer en toute sécurité.
Les enfants demandent essentiellement de pouvoir dormir toute la nuit et de pouvoir marcher jusqu’à l’école sans peur. Écouter les enfants est le moins que nous puissions faire. C'est la base d'un rétablissement crédible et durable. Leur souhait le plus cher est simple : avoir la chance de pouvoir dormir toute la nuit d'une traite et d'aller à l'école sans crainte.
Au cours de la semaine du 26 janvier, l'UNICEF a lancé l’une des plus grandes initiatives d’urgence dans le domaine de l’éducation au monde : Back to Learning. Pour la première fois depuis plus de deux ans, du matériel pédagogique a pu être acheminé dans la bande de Gaza. Ces fournitures et les espaces sécurisés permettent aux enfants de retrouver une routine, d'exprimer leurs émotions, de poursuivre leur apprentissage et de participer à nouveau à des activités ludiques, même en temps de crise.
Plus de 254.000 enfants de la bande de Gaza ont éjà pu retrouver l'accès à l'éducation, ce qui représente près des deux tiers des 336.000 enfants visé·es. Les enfants suivent neuf heures de cours par semaine dans des matières fondamentales telles que l'arabe, l'anglais, les mathématiques et les sciences. Plus de 170 centres d'apprentissage de l'UNICEF ont été mis en place dans la région, la majorité d'entre eux fonctionnant depuis plus d'un an, permettant aux enfants d'apprendre, mais aussi de bénéficier d'un soutien psychosocial, de repas et de moments de jeu.
Depuis l'annonce du cessez-le-feu du 10 octobre 2025, les bombardements dans la bande de Gaza ont ralenti mais n’ont pas cessé :
- Plus de 225 enfants ont été tué·es depuis l'annonce du cessez-le-feu ;
- Environ 800.000 enfants sont toujours déplacé·es et vivent dans des conditions de surpeuplement et d'insalubrité, envahi·es par les insectes et les rats, tout en étant privé·es d'intimité et d'un cadre de vie sûr ;
- Plus de 1,6 million de personnes souffrent d’insécurité alimentaire aiguë ;
- Près de 101.000 enfants risquent la malnutrition sévère ;
- Environ 37.000 femmes enceintes ou allaitantes nécessitent un traitement nutritionnel urgent.
L'impact de la guerre sur les nourissons et les mères est considérable. On constate une forte augmentation des naissances prématurées et des bébés né·es avec un poids insuffisant. Environ 1 nourisson sur 5 a besoin de soins néonatals intensifs. Parmi les causes, on peut citer la malnutrition des mères, le stress chronique et le manque de soins prénataux.
La situation est aggravée par le manque d’accès à l’eau potable, à l’assainissement, à l’hygiène et aux soins de santé ainsi que par la dégradation massive des terres agricoles, du bétail, des activités de pêche et des routes. Ces difficultés ont de lourdes conséquences sur la population mais également sur les services d’aide humanitaire.
Le cessez-le-feu a cependant permis des avancées : extension des soins primaires et des vaccinations, réparations des réseaux d’eau et d’assainissement, collecte de déchets, distribution de près d’un million de couvertures et de centaines de milliers de vêtements d’hiver, diminution des cas de famine, ainsi que l’ouverture de 70 centres nutritionnels.
Graves pénuries alimentaires
Selon la dernière analyse officielle du Cadre Intégré de Classification de la sécurité alimentaire (IPC) du 22 décembre 2025, grâce à l’amélioration de l’accès humanitaire et commercial, aucune région de la bande de Gaza n’est actuellement classée comme zone de famine depuis octobre 2025. Les zones du nord de Gaza, de la ville de Gaza, de Deir al-Balah et de Khan Younis sont actuellement classées en phase 4 de l'IPC (et donc en situation d'urgence). Bien que la ville de Gaza ait été rétrogradée par rapport à la classification précédente de famine, cette phase indique toujours de graves pénuries alimentaires, des niveaux élevés de malnutrition aiguë et un risque accru de mortalité.
Malgré que les marchés soient désormais mieux approvisionnés en aliments nutritifs, les enfants et leurs familles n'ont souvent pas les moyens de s’en procurer. Les aliments riches en nutriments, tels que les protéines, restent rares et peu abordables. Par conséquence, 79 % des ménages ne peuvent pas acheter de nourriture ni avoir accès à l'eau potable. Aucun·e enfant n'atteint actuellement le niveau minimum de diversité alimentaire, et deux tiers d'entre eux·elles souffrent de malnutrition grave, ne consommant qu'un ou deux groupes d'aliments.
Le 5 novembre 2025, l’UNICEF, l’UNRWA, l’OMS et leurs partenaires ont notamment uni leurs efforts avec le ministère de la Santé pour lancer une campagne de rattrapage en matière de vaccination, de nutrition et de soins de santé. Cette initiative vise 44.000 enfants de moins de trois ans qui, en raison des deux années de conflit, n’ont pas pu recevoir leurs vaccins de routine contre des maladies graves telles que la polio, la rougeole et la pneumonie. Elle prévoit d'administrer trois doses aux enfants en trois phases distinctes.
Avant la guerre, Gaza affichait un taux de vaccination de 98 %, avec 54 centres actifs. Aujourd’hui, la couverture est tombée à moins de 70 % et 31 de ces centres ont été détruits ou endommagés.
Lutte contre la polio
Un second cycle de la campagne de vaccination contre la polio s’est tenu entre le 22 et le 26 février 2025 dans la bande de Gaza. En tout, 556.774 enfants de moins de 10 ans ont reçu une deuxième dose de vaccin antipoliomyélitique.
Les dernières données confirment qu’environ 94 % de la population cible, de 591.714 enfants de moins de 10 ans, ont reçu une deuxième dose de nVPO2. Un véritable succès compte tenu des circonstances extrêmement difficiles dans lesquelles la campagne s’est déroulée. En effet, les conditions météorologiques ont compliqué le déplacement des bénéficiaires et des équipes de vaccination, les familles continuent d'être déplacées, la population de certaines régions reste très dispersée et la destruction de nombreuses routes nuit à l'accessibilité de certaines zones. On estime que dans des zones inaccessibles comme Jabalia, Beit Lahiya et Beit Hanoun, entre 7.000 et 10.000 enfants ne sont toujours pas vacciné·es. Une situation qui accroît également le risque de propagation du virus dans la bande de Gaza ainsi que dans les pays voisins.
La fin de ce second cycle clôture la campagne de vaccination, lancée en septembre 2024. Pour rappel, la troisième phase – qui avait eu lieu dans le nord de Gaza – avait dû être reportée en raison de bombardements et de déplacements massifs. Les deux premières avaient par contre pu se dérouler comme prévu.
Ces informations concernent les chiffres de janvier à mars 2026 inclus.
Dans la bande de Gaza, l'UNICEF apporte son aide à travers :
- Le dépistage de la malnutrition chez plus de 233.000 enfants (57 % de l'objectif) ;
- L'approvisionnement quotidien en eau potable d'un million de personnes, dont 470.000 enfants ;
- L'intensification des efforts pour proposer des solutions adaptées aux enfants et aux personnes qui s'en occupent, touché·es par la guerre et déplacé·es ;
- Le soutien aux enfants ayant perdu un·e ou leurs deux parents et à 388 enfants présentant un handicap, des blessures mettant leur vie en danger ou des troubles médicaux ;
- La réouverture des établissements scolaires pour les enfants et les jeunes.
L'UNICEF apporte son aide en Cisjordanie (et à Jérusalem-Est) à travers :
- L'accès à des soins de santé essentiels grâce à la mise en place de cliniques mobiles et à une rééducation spécialisés en faveur des enfants présentant un handicap ;
- La mise en place d'activités autour de l'alimentation saine, qui ont atteint au total 2.638 élèves ;
- La formation des soignant·es à l'utilisation d'aliments thérapeutiques prêts à l'emploi et de suppléments de vitamine A ;
- La fourniture de suppléments en micronutriments au ministère de la Santé ;
- Le renforcement de la protection de l'enfance et l'aide apportée à plus de 15.000 personnes grâce à des services spécialisés ;
- La fourniture d'un soutien psychologique et d'une aide psychosociale à plus de 9.200 enfants et aidant·es.
Découvrez ici une vidéo adaptée aux plus jeunes dans laquelle Jonathan Crickx, directeur de la communication pour UNICEF État de Palestine, décrit le quotidien des enfants de Gaza.
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