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Mise à jour : 02 mars 2026
Au cours de ces deux dernières années, le monde a beaucoup parlé des enfants de la bande de Gaza, mais leurs propres voix sont trop souvent restées dans l'ombre. C'est la raison pour laquelle l'UNICEF a lancé l'initiative « The Gaza We Want », qui recueille les points de vue des enfants sur leur avenir.
En collaboration avec nos partenaires, nous avons discuté avec des enfants entre 5 et 18 ans dans cinq gouvernorats de Gaza afin de documenter leurs priorités et leurs opinions. Au total, 1.603 enfants ont répondu à un questionnaire et des milliers d'autres ont participé à des sessions créatives pour s'exprimer à travers des dessins, des récits, des maquettes et des activités de groupe. Ces enfants nous ont raconté ce qu'ils et elles ont perdu, mais aussi ce qui est nécessaire actuellement :
- Des abris et de la sécurité ;
- De véritables écoles avec de vrais murs et de vrais toits où iels se sentent en sécurité, pas des tentes ;
- Des hôpitaux calmes, propres et sûrs ainsi qu'un soutien en santé mentale en plus des soins physiques ;
- La possibilité de jouer en toute sécurité.
Les enfants demandent essentiellement de pouvoir dormir toute la nuit et de pouvoir marcher jusqu’à l’école sans peur. Pourtant, depuis le cessez-le-feu d'octobre 2025 (décrit plus en détail ci-dessous), plus de 135 enfants ont été tué·es. Écouter les enfants n'est pas un choix, mais une condition essentielle pour une reconstruction fiable.
Affronter le froid
Cet hiver, au moins 11 enfants sont mort·es d'hypothermie, dont un bébé de deux mois. Plus de 100.000 familles vivent dans des conditions précaires, exposées à des risques graves, tandis que les infrastructures d’eau et d’assainissement sont presque totalement détruites. Parallèlement, aucun hôpital à Gaza n'est pleinement opérationnel : seuls 50 % des hôpitaux fonctionnent partiellement.
L'UNICEF et ses partenaires continuent de renforcer leur aide d'urgence dans la région. Une réponse hivernale à grande échelle a permis de distribuer des vêtements chauds, des couvertures, des bâches, des tentes et des matelas. Des livraisons supplémentaires continuent d'arriver. Quant au soutien en matière d'eau, d'assainissement et d'hygiène, il se poursuit malgré des conditions particulièrement difficiles. Des pompes de drainage sont opérationnelles pour limiter les inondations et près de 590.000 personnes sont quotidiennement approvisionnées en eau.
À noter que les besoins restent immenses. Il est donc essentiel de garantir une entrée urgente de fournitures vitales et de carburant pour éviter les inondations, la contamination par les eaux usées et les épidémies.
Depuis l'annonce du cessez-le-feu du 10 octobre 2025, les bombardements ont ralenti mais n’ont pas cessé :
- Plus de 1,1 million d'enfants ont besoin d'une aide d'urgence ;
- Plus de 58.000 enfants ont perdu un parent ;
- Plus de 1,6 million de personnes souffrent d’insécurité alimentaire aiguë ;
- Près de 101.000 enfants risquent la malnutrition sévère ;
- Environ 37.000 femmes enceintes ou allaitantes nécessitent un traitement nutritionnel urgent.
L'impact de la guerre sur les nourissons et les mères est considérable. On constate une forte augmentation des naissances prématurées et des bébés né·es avec un poids insuffisant. Environ 1 nourisson sur 5 a besoin de soins néonatals intensifs. Parmi les causes, on peut citer la malnutrition des mères, le stress chronique et le manque de soins prénataux.
Entre octobre et décembre 2025, plus de 730.000 personnes ont été déplacées. Beaucoup doivent vivre dans des abris de fortune et dépendant de l’aide humanitaire. Cette situation est aggravée par le manque d’accès à l’eau potable, à l’assainissement, à l’hygiène et aux soins de santé ainsi que par la dégradation massive des terres agricoles, du bétail, des activités de pêche et des routes. Ces difficultés ont de lourdes conséquences sur la population mais également sur les services d’aide humanitaire.
Le cessez-le-feu a cependant permis des avancées : extension des soins primaires et des vaccinations, réparations des réseaux d’eau et d’assainissement, collecte de déchets, distribution de près d’un million de couvertures et de centaines de milliers de vêtements d’hiver, diminution des cas de famine, ainsi que l’ouverture de 70 centres nutritionnels.
Au cours de la semaine du 26 janvier, l'UNICEF a lancé l’une des plus grandes initiatives d’urgence dans le domaine de l’éducation au monde : Back to Learning. Pour la première fois depuis plus de deux ans, du matériel pédagogique a pu être acheminé dans la bande de Gaza. Ces fournitures et les espaces sécurisés permettent aux enfants de retrouver une routine, d'exprimer leurs émotions, de poursuivre leur apprentissage et de participer à nouveau à des activités ludiques, même en temps de crise.
Nous espérons pouvoir acheminer prochainement l’ensemble des autres matériels éducatifs et de développement préscolaire vers la bande de Gaza, afin que 336.000 enfants puissent bénéficier cette année des ressources essentielles à leur apprentissage.
Selon la dernière analyse officielle du Cadre Intégré de Classification de la sécurité alimentaire (IPC) du 22 décembre 2025, grâce à l’amélioration de l’accès humanitaire et commercial, aucune région de la bande de Gaza n’est actuellement classée comme zone de famine depuis octobre 2025. Les zones du nord de Gaza, de la ville de Gaza, de Deir al-Balah et de Khan Younis sont actuellement classées en phase 4 de l'IPC (et donc en situation d'urgence). Bien que la ville de Gaza ait été rétrogradée par rapport à la classification précédente de famine, cette phase indique toujours de graves pénuries alimentaires, des niveaux élevés de malnutrition aiguë et un risque accru de mortalité.
Malgré que les marchés soient désormais mieux approvisionnés en aliments nutritifs, les enfants et leurs familles n'ont souvent pas les moyens de s’en procurer. Les aliments riches en nutriments, tels que les protéines, restent rares et peu abordables. Par conséquence, 79 % des ménages ne peuvent pas acheter de nourriture ni avoir accès à l'eau potable. Aucun·e enfant n'atteint actuellement le niveau minimum de diversité alimentaire, et deux tiers d'entre eux·elles souffrent de malnutrition grave, ne consommant qu'un ou deux groupes d'aliments.
Sans une aide alimentaire, agricole et sanitaire continue et massive, ainsi qu'une amélioration de l'approvisionnement via le marché, des centaines de milliers de personnes pourraient rapidement se retrouver en situation de famine, avertissent la FAO, l'UNICEF, le Programme alimentaire mondial et l'OMS.
Le 5 novembre 2025, l’UNICEF, l’UNRWA, l’OMS et leurs partenaires ont notamment uni leurs efforts avec le ministère de la Santé pour lancer une campagne de rattrapage en matière de vaccination, de nutrition et de soins de santé. Cette initiative vise 44.000 enfants de moins de trois ans qui, en raison des deux années de conflit, n’ont pas pu recevoir leurs vaccins de routine contre des maladies graves telles que la polio, la rougeole et la pneumonie. Elle prévoit d'administrer trois doses aux enfants en trois phases distinctes.
Avant la guerre, Gaza affichait un taux de vaccination de 98 %, avec 54 centres actifs. Aujourd’hui, la couverture est tombée à moins de 70 % et 31 de ces centres ont été détruits ou endommagés.
Lutte contre la polio
Un second cycle de la campagne de vaccination contre la polio s’est tenu entre le 22 et le 26 février 2025 dans la bande de Gaza. En tout, 556.774 enfants de moins de 10 ans ont reçu une deuxième dose de vaccin antipoliomyélitique.
Les dernières données confirment qu’environ 94 % de la population cible, de 591.714 enfants de moins de 10 ans, ont reçu une deuxième dose de nVPO2. Un véritable succès compte tenu des circonstances extrêmement difficiles dans lesquelles la campagne s’est déroulée. En effet, les conditions météorologiques ont compliqué le déplacement des bénéficiaires et des équipes de vaccination, les familles continuent d'être déplacées, la population de certaines régions reste très dispersée et la destruction de nombreuses routes nuit à l'accessibilité de certaines zones. On estime que dans des zones inaccessibles comme Jabalia, Beit Lahiya et Beit Hanoun, entre 7.000 et 10.000 enfants ne sont toujours pas vacciné·es. Une situation qui accroît également le risque de propagation du virus dans la bande de Gaza ainsi que dans les pays voisins.
La fin de ce second cycle clôture la campagne de vaccination, lancée en septembre 2024. Pour rappel, la troisième phase – qui avait eu lieu dans le nord de Gaza – avait dû être reportée en raison de bombardements et de déplacements massifs. Les deux premières avaient par contre pu se dérouler comme prévu.
En collaboration avec le ministère palestinien de la Santé, l’OMS et l’UNRWA, nous avons soutenu une deuxième campagne de vaccination de rattrapage de dix jours pour les enfants de moins de trois ans dans l’ensemble des provinces de Gaza. Nous nous sommes assuré·es que les vaccins et le matériel de réfrigération soient disponibles en amont et avons mis en place 129 points de vaccination fixes ainsi que 7 points mobiles.
Cette campagne a été rendue possible grâce au travail de 175 équipes de vaccination et de 250 agent·es communautaires, qui ont aidé les familles à faire vacciner leurs enfants en toute sécurité.
Nous avons également aidé les enfants dans le besoin en :
- Rétablissant les services essentiels et vitaux dans les hôpitaux ;
- Intensifiant notre réponse nutritionnelle vitale à travers le renforcement de 7 services nutritionnels ;
- Redonnant aux enfants un accès à l'éducation ;
- Reprenant l'enseignement dans des centres d'apprentissage temporaires.
Découvrez ici une vidéo adaptée aux plus jeunes dans laquelle Jonathan Crickx, directeur de la communication pour UNICEF État de Palestine, décrit le quotidien des enfants de Gaza.
Vous souhaitez en apprendre davantage sur les crises humanitaires et leur lien étroit avec les droits de l'enfant ?
Écoutez le troisième épisode de notre podcast « Parlons-en ! »
Documentaire : Une menace silencieuse sur Gaza
Des travailleur·euses humanitaires ont risqué leur vie pour vacciner 600.000 enfants contre la polio au milieu des bombardements. Ce documentaire raconte l'histoire poignante de celles et ceux qui refusent d'abandonner, même lorsque le monde s'écroule.