Mise à jour : 12 février 2026
La situation actuelle en Haïti, qui connaissait déjà une grande crise politique et sécuritaire, inquiète particulièrement. Le pays est confronté à une situation alarmante : l’extension des groupes armés, l’accroissement de la violence et de l’insécurité, les nombreuses destructions, le blocage des routes et l’effondrement du système de santé mettent quotidiennement en danger de nombreuses vies. Plus de 3,3 millions d'enfants en Haïti ont besoin d'une aide humanitaire d'urgence, soit trois enfants sur quatre.
En 2025, les violences armées ont déplacé plus de 1,4 million de personnes, soit presque trois fois plus qu’au début de l’année précédente. Alors que les groupes armés étendaient leur contrôle, une résurgence du choléra a frappé des communautés déjà fragilisées, causant plusieurs décès. Plus de 270.000 personnes en déplacement ont été renvoyées vers Haïti, et 5,7 millions sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë. Parmi les plus touché·es, près de 130.000 enfants de moins de cinq ans souffrent aujourd’hui de malnutrition aiguë.
Quant aux services de santé, ils sont soumis à une pression énorme : moins de 50 % des établissements de santé de Port-au-Prince sont pleinement opérationnels et deux des trois principaux hôpitaux publics sont hors service, ce qui accroît le risque de diverses formes de malnutrition et de maladies évitables.
Le nombre d'enfants recruté·es et utilisé·es dans les groupes armés en Haïti a augmenté de 200 % en 2025, soit trois fois plus en seulement un an. Ces enfants courent de graves risques : iels peuvent être blessé·es, mutilé·es ou tué·es lors des combats et sont souvent exposé·es à des violences sexuelles, physiques et/ou psychologiques. Leur scolarité est interrompue, ce qui peut gravement compromettre leur sécurité, leur bien-être et leur développement sur le long terme.
Les enfants sont souvent contraint·es de rejoindre des groupes armés pour venir en aide à leurs familles ou après avoir été séparé·es de celles-ci. Depuis janvier 2024, l’UNICEF et ses partenaires ont pu identifier plus de 500 enfants lié·es à des groupes armés et leur apporter un soutien via des services spécialisés de protection et de réintégration.
L’UNICEF appelle les autorités nationales et les parties prenantes à renforcer la protection des enfants, à garantir un accès sûr et durable aux services essentiels, et à renforcer la recherche des familles et les réunifications lorsque cela est dans l’intérêt de l’enfant et peut être réalisé en toute sécurité.
La violence des gangs en Haïti s'est considérablement aggravée ces dernières années. Une intensification qui a eu de graves conséquences sur la sécurité et le bien-être des enfants. Entre 2023 et 2024, le nombre d'enfants enrôlé·es dans des groupes armés a augmenté de 70 %.
Les enfants qui grandissent dans un tel environnement subissent des conséquences dévastatrices, qui les marqueront toute leur vie. Au-delà de l’enrôlement au sein des groupes armés, bon nombre de ces enfants subissent des violences sexuelles. Et pour celles et ceux qui tentent d'y échapper, le risque d'être tué·es ou blessé·es est encore plus important. La violence des gangs ne menace pas seulement la sécurité physique des enfants, elle leur cause aussi de profonds dommages psychologiques.
En 2025, 189 enfants (146 garçons et 43 filles) ont cependant été démobilisé·es et inscrit·es dans des programmes de réhabilitation et de réintégration, portant à 400 le nombre total d’enfants soutenu·es dans le cadre du Protocole de janvier 2024 pour la remise des enfants associé·es à des groupes armés.
Le nombre d'enfants contraint·es de fuir les violences en Haïti a presque doublé au cours de l'année 2024. Selon un rapport de l'UNICEF, le nombre de personnes déplacées à l'intérieur du pays a augmenté de 400.000 depuis décembre 2024, atteignant 1,4 million : une ampleur sans précédent. Au cours du premier semestre de 2025, on recensait 246 centres d'accueil dans le pays. Bon nombre d'enfants ont déjà dû fuir à plusieurs reprises en raison de la violence.
L’insécurité s’est étendue de Port-au-Prince aux départements du Centre et de l’Artibonite. L’UNICEF a d'ailleurs fourni une assistance multisectorielle à près de 103.000 personnes déplacées, réparties sur 48 sites dont 62 % à Port-au-Prince.
À noter que le déplacement massif de la population aggrave d'autres crises. Plus d'un tiers des centres d'accueil ne disposent pas d'une protection de base, ce qui expose particulièrement les enfants et les femmes à la violence, à l'exploitation et aux abus. De nombreuses écoles sont désormais utilisées comme centres d'accueil d'urgence, ce qui perturbe à nouveau l'éducation de près d'un demi-million d'élèves.
Malgré un contexte extrêmement difficile, en 2025 l’UNICEF et ses partenaires ont :
- Traité plus de 60.000 enfants contre la malnutrition sévère ;
- Réintégré plus de 570 enfants associé·es aux groupes armés (depuis début 2024) ;
- Fourni un accès à l’eau potable à 178.000 personnes ;
- Fourni un accès à des soins de santé à 626.000 personnes ;
- Fourni un accès à l’éducation à 44.000 enfants.
Selon Catherine Russell, directrice générale de l’UNICEF : « La population en Haïti a besoin de toute urgence de sécurité, afin de pouvoir accéder aux services vitaux dont elle dépend et pour que les travailleurs humanitaires puissent atteindre les enfants et les familles qui en ont désespérément besoin. »
Vous souhaitez en apprendre davantage sur les crises humanitaires et leur lien étroit avec les droits de l'enfant ?
Écoutez le troisième épisode de notre podcast « Parlons-en ! »
- Une accélération des efforts de la part de la communauté internationale pour protéger les civil·es, rétablir la loi et assurer la circulation des travailleur·euses humanitaires et des fournitures vitales ;
- Une augmentation des financements pour répondre aux besoins des personnes en situation de vulnérabilité, en veillant à ce que l’aide parvienne aux populations touchées le plus rapidement possible ;
- La protection des écoles, des hôpitaux et des autres infrastructures essentielles dont dépendent les enfants, ainsi qu’à la sauvegarde des espaces humanitaires.