Mise à jour : 05 mai 2026
« Pour moi l’école représentait une chance de pouvoir devenir quelqu’un qui puisse aider sa famille et servir son pays. Parfois j’aimerais être un garçon pour pouvoir continuer à aller à l’école, étudier et jouer avec mes camarades. Si les filles ne sont plus scolarisées, elles seront illettrées et devront faire face à des difficultés toute leur vie. » C’est le témoignage d’une jeune fille de 13 ans dont le nom ne sera pas cité, pour des raisons d'anonymat. « Depuis que je ne vais plus à l’école, je reste à la maison et j’aide ma mère avec les tâches ménagères. »
Un témoignage qui n’est en rien un cas isolé puisque c’est malheureusement le quotidien de nombreuses jeunes afghanes. Alors que la nouvelle année scolaire a débuté en Afghanistan, près de 400.000 filles ne peuvent toujours pas aller à l'école. Cette interdiction a de graves conséquences sur leur éducation, mais aussi pour le pays en tant que tel. Puisque de nombreuses filles ne peuvent pas poursuivre leur scolarité, elles encourent un plus grand risque de se voir confrontées à des mariages précoces, ce qui engendrerait de graves conséquences pour leur bien-être et leur santé. Si cette interdiction se poursuit jusqu'en 2030, plus de 4 millions de filles seront exclues de l'éducation après l'école primaire.
D'ici 2030, le pays risque également de perdre 20.000 enseignantes et 5.400 soignantes en raison des restrictions persistantes et des opportunités d'emploi limitées pour les femmes. Selon une analyse de l'UNICEF, on observe déjà une baisse de plus de 9 % du nombre d'enseignantes dans l'enseignement primaire – passant de près de 73.000 en 2022 à environ 66.000 en 2024.
Les conséquences sont particulièrement graves pour le secteur de la santé puisqu’en Afghanistan, les femmes ne peuvent souvent être soignées que par des professionnelles de santé. Avec moins de médecins et de sages-femmes, les filles et les femmes ne recevront pas les traitements médicaux et le soutien dont elles ont besoin. On estime que dans ces conditions, près de 1.600 mères et au moins 3.500 enfants pourraient perdre la vie.
Nous continuons à nous consacrer sans relâche aux enfants afghan·nes. Malgré l'interdiction actuelle, nous avons pu redonner accès à l'éducation à 445.000 enfants grâce à l'apprentissage communautaire. Les élèves suivent ainsi des cours au sein de leur propre communauté. À noter que 64 % de ces enfants sont des filles. Nous engageons également des enseignantes pour que les filles aient des modèles positifs.