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Mise à jour : 19 février 2026
Le Soudan traverse l’une des pires crises humanitaires actuelles : 33,7 millions de personnes, dont 17,3 millions d’enfants, ont besoin d’une aide d'urgence. Le pays connaît aujourd’hui la plus grande crise de déplacements internes au monde, avec 9,5 millions de personnes déracinées, dont trois enfants sur cinq.
De nombreux·ses enfants ne sont pas vacciné·es, ce qui les expose à des maladies graves. L’insécurité persistante empêche l’acheminement rapide de l’aide humanitaire, aggravant la crise. Malgré la violence croissante et la famine qui sévit dans certaines zones du Darfour et du Kordofan, nos équipes restent mobilisées pour fournir une aide vitale aux enfants et aux familles touché·es.
Le 16 février 2026, au moins 15 enfants ont été tué·es et 10 autres blessé·es lors d’une attaque de drone contre un camp de personnes déplacées à Al Sunut, dans l’ouest du Kordofan. Dans toute la région, nous constatons les mêmes tendances alarmantes qu’au Darfour : des enfants sont tué·es, blessé·es, forcé·es de fuir et privé·es de l’accès aux services essentiels à leur survie. Malgré la recrudescence de la violence et de la famine qui frappent certaines parties du Darfour et du Kordofan, nos équipes continuent d’apporter une aide vitale aux enfants et aux familles touché·es.
Un sondage nutritionnel mené par l’UNICEF révèle une situation alarmante : plus de la moitié des enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition aiguë, dont un sur six présente une forme sévère, potentiellement mortelle en quelques semaines sans traitement. Ces taux dépassent largement le seuil d’urgence fixé par l’OMS (15 %) et comptent parmi les plus élevés jamais enregistrés. La mortalité infantile atteint de ce fait des niveaux critiques.
La faim atteint en effet des niveaux critiques puisque 21 millions de personnes sont en insécurité alimentaire aiguë et 825.000 enfants devraient souffrir de malnutrition sévère cette année. La situation s’aggrave particulièrement à Al Fasher et dans les États du Kordofan.
Le conflit, qui s’est déclaré en 2023, a un impact dévastateur sur les services essentiels comme les soins de santé et l’éducation. Sur les 17 millions d’enfants en âge scolaire, 14 millions ne sont pas en mesure d'aller à l’école. Des communautés entières fuient et de nombreuses familles quittent leur maison pour échapper à la violence et aux graves menaces qui pèsent sur leur sécurité.
Le 5 décembre 2025, plus de 10 enfants âgé·es de 5 à 7 ans ont été tués dans une école maternelle à la suite d'attaques de drones dans le quartier de Ghadeer, à Kalogi, dans le Sud-Kordofan. Ces attaques ont eu lieu alors que la situation sécuritaire dans les États du Kordofan s'est fortement détériorée depuis début novembre. Dans le courant du mois, plus de 41.000 personnes ont fui la violence croissante dans le Nord et le Sud-Kordofan.
Les signalements de meurtres, d’enlèvements, de violences basées sur le genre, de mutilations et de séparations familiales se multiplient. Plus de 107.000 personnes ont fui Al Fasher depuis fin octobre 2025 et beaucoup restent piégées dans des conditions désespérées, sans accès suffisant à l’eau, à la nourriture ou aux soins.
La majorité des personnes déplacées se sont installées dans la localité de Tawila, où les sites surpeuplés manquent cruellement de services. Environ 500.000 personnes y ont trouvé refuge. Les enfants y sont exposé·es à des flambées de rougeole, de choléra et de dengue, ainsi qu’à des pénuries de soins, d’abris et d’eau potable.
Parallèlement, les services de soins de santé sont débordés, le risque d’épidémies augmente et des zones comme Al Fasher et Kadugli sont déjà en situation de famine. Dans certaines localités, comme Um Baru, la malnutrition globale atteint 57 %, révélant une catastrophe nutritionnelle majeure.
Famine déclarée
Selon le Comité d’examen de la famine (CEF), les conditions de famine sont atteintes à El Fasher (Nord-Kordofan) et Kadugli (Sud-Kordofan), deux villes presque totalement privées d’aide humanitaire. En 2024, ces zones étaient classées en situation d’urgence, mais la situation s’est gravement détériorée :
Les familles manquent de nourriture ;
La malnutrition infantile progresse ;
Le nombre de décès ne cesse d’augmenter.
Les marchés se sont effondrés et les prix des produits de base ont atteint des sommets sans précédent. L'analyse de l'IPC (Integrated Food Security Phase Classification), publiée fin octobre 2025, a conclu qu'à El Fasher (désormais officiellement en état de famine) entre 38 % et 75 % de la population souffre de malnutrition sévère, contre 29 % à Kadugli. Les villages environnants tels que Tawila, Melit et At Tawisha sont également menacés de famine.
Face à cette crise, l’UNICEF a intensifié sa réponse dans le Darfour et le Kordofan : soins de santé essentiels, vaccination, prévention du choléra, accès à l’eau potable pour des dizaines de milliers de personnes, prise en charge de la malnutrition, soutien psychosocial, protection de l’enfance et réouverture d’écoles accueillant des milliers d’élèves.
Ces chiffres concernent les deux premières semaines de janvier 2026.
- Près de 141.000 enfants ont été vacciné·es contre la rougeole et la rubéole ;
- Plus de 9.000 consultations médicales ont été assurées ;
- Plus de 65.000 personnes ont eu accès à de l’eau potable et à des installations sanitaires, contribuant à l’absence de cas de choléra en janvier ;
- Plus de 5.600 élèves ont rejoint de nouveaux centres d’apprentissage ;
- 13.000 personnes ont bénéficié de repas quotidiens.