Nigeria : près d’un quart de million d’enfants souffrent de malnutrition sévère dans l’Etat de Borno

Parmi les 244.000 enfants qui souffrent de malnutrition aiguë sévère à Borno, au nord-est du Nigeria, on estime que 49.000 d'entre eux, soit près d’un sur cinq, mourront s'ils ne reçoivent pas de traitement.

© UNICEF/UNI193676/Esiebo
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« Certains enfants sont émaciés quand on les voit pour la première fois », raconte Arjan de Wagt, responsable du programme de nutrition d’UNICEF Nigeria. « Mais c’est formidable de voir comment ils commencent à  jouer après trois ou quatre semaines de traitement. Et quel bonheur lorsqu’ils sont rétablis après huit semaines d’alimentation thérapeutique. »

Crise humanitaire provoquée par Boko Haram

L’ampleur de la crise humanitaire, provoquée par Boko Haram, continue de s’étendre et apparaît clairement maintenant que de nouvelles régions, au nord-est du pays, sont accessibles à l’aide humanitaire. L’UNICEF appelle l’ensemble des partenaires à intensifier de toute urgence les opérations humanitaires et les donateurs à mettre à disposition les ressources nécessaires.

« En moyenne 134 enfants mourront chaque jour de causes liées à la malnutrition aiguë si la réponse humanitaire n’est pas intensifiée rapidement », précise le Directeur régional de l’UNICEF pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale, Manuel Fontaine, à l’issue de sa visite dans l’Etat de Borno. « Il faut que tous les partenaires et les donateurs s’engagent pour empêcher que d’autres enfants ne meurent. Personne ne peut aborder une crise de cette ampleur seul », ajoute-t-il.

Lors de ses visites en des endroits qui étaient jusque-là  sous le contrôle de Boko Haram,  M . Fontaine a rencontré des personnes déplacées qui vivent maintenant dans des villes détruites. Les familles ont un accès limité à l’eau, à la nourriture et à un assainissement adéquat. Des milliers d’enfants fragiles ont besoin d’aide humanitaire.

« On estime à 2 millions le nombre de personnes auxquelles nous n’avons toujours pas accès dans l’Etat de Borno, ce qui signifie que la véritable portée de cette crise n’est pas encore connue », déclare M. Fontaine. Il souligne que si des organisations sur le terrain font un excellent travail, personne n’est en mesure de répondre à l’ampleur des besoins et avec le niveau de qualité voulu tout seul. « Nous devons intensifier l’aide tous ensemble », dit-il.

© UNICEF/UNI193666/Esiebo
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L’UNICEF en action

L’UNICEF et ses partenaires dépistent la malnutrition auprès des enfants et leur offre un traitement. « Nous avons fait appel à des milliers de bénévoles locaux, qui vont de porte en porte pour examiner les enfants », raconte Arjan de Wagt. « Nous devons les atteindre rapidement, car ils ont besoin d’aide de toute urgence”. En dehors de l’aide alimentaire, l’UNICEF améliore l’accès à l’eau potable et aux installations sanitaires, fournit des soins médicaux, des vaccins, procure un soutien psychosocial  aux enfants touchés par la violence et leur donne accès à l’éducation.

Début 2016, l’UNICEF a lancé un appel de fonds de 55,5 millions de dollars pour répondre à la crise humanitaire dans le nord-est du Nigeria. Jusqu’à présent 23 millions de dollars ont été récoltés. Maintenant que l’UNICEF a accès à des régions avec de grands besoins humanitaires, le montant des fonds nécessaires augmentera dans les semaines à venir.

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