Mots-clés

Palestine : quand le chemin de l’école devient une course d’obstacles

Presque tous les enfants palestiniens de 6 à 9 ans fréquentent l’école mais à l’approche de leur 15e année, 25% des garçons et 7% des filles arrêtent leurs études. Sur leur route se dressent de nombreux portiques de sécurité et checkpoints. Obstacles bien matériels mais malheureusement pas les seuls placés sur le chemin des écoliers.

Marwan, 14 ans, vient de passer un checkpoint à Hébron, en Cisjordanie. “Lorsque ce checkpoint est fermé, je me rends au suivant pour pouvoir atteindre mon école,” explique le jeune adolescent.
UNICEF/UN0222686/Izhiman

Marwan vit à Hébron, en Cisjordanie, dans le quartier que l’on a baptisé du nom de secteur H2. L’endroit est ceinturé de checkpoints. 40.000 des 250.000 habitants d’Hébron y vivent sous une forme de contrôle permanent.

Pour atteindre leur école, Marwan et ses camarades doivent franchir les contrôles de sécurité qui entourent leurs lieux d’habitation et cela deux fois par jour.
Parfois, des tensions surviennent ou les enfants passent les barrages au compte-gouttes et arrivent alors en retard en classe. Ce sont les adolescents qui sont le plus souvent bloqués et interrogés. Certaines formes d’abus et d’intimidation sont exercées sur eux par les services de sécurité et par les colons, à l’aller comme au retour.

Un chemin sûr vers l’école

“Lorsque je me rends à l’école, j’attends d’abord mes deux amis afin de ne pas être seul en route.  Evidemment, il m’arrive parfois de penser à cette situation et d’envier d’autres enfants qui vont à l’école sans toutes ces difficultés,” explique le jeune adolescent pendant qu’il se trouve sur le toit de sa maison.

Bien que les vacances d’été aient commencé, Marwan lit un de ses livres d’école pour ne pas accumuler du retard dans ses matières scolaires. Sur le toit de son habitation, il s’isole du bruit et de l’agitation qui règne dans la maison et autour.

Marwan est assis sur le toit de sa maison pour étudier. A cet endroit, il trouve un peu de calme loin de l’agitation qui règne dans la maison et aux alentours. Il vit avec ses parents, cinq frères et sœurs, sept membres de la famille de son oncle et encore une autre famille composée de trois personnes. UNICEF/UN0222667/Izhiman

“En journée, impossible d’étudier […] donc j’attends que tout le monde soit endormi, …,” poursuit Marwan.

Il vit avec ses parents, ses frères et soeurs et deux autres familles soit plus de 15 personnes qui vivent sous le même toit.

Son père, Mufid, soutient ses enfants et souhaite qu’ils aillent à l’école. Mais cette ambition a un prix. “Je suis fier de mes enfants, mais la situation ici est préoccupante. Je me demande l’influence que tout ceci aura sur leur vie.

L’UNICEF et ses partenaires veillent à la protection de quelque 8.000 enfants en Cisjordanie. Des volontaires sont présents aux checkpoints et sur le chemin de l’école afin d’accompagner les enfants dans leurs classes.

“Tout ce que nous faisons, c’est d’être là pour eux. Cela permet de réduire le nombre de confrontations ou de temps d’attente,” raconte Katya*, une volontaire suisse.

Ne pas abandonner

Marwan est résolu : il ne veut pas que le conflit perturbe ses études.

“Je dois continuer à aller à l’école. C’est ma seule chance de grandir et de m’épanouir. Je veux devenir photographe. Mais pour cela, il me faut un diplôme.”

Pour certains enfants et leurs familles, les défis qui se posent sont trop importants. Dans ce cas, les études s’arrêtent net. Les abandons s’observent surtout chez les adolescents.
Marwan est donc à un seuil critique d’un point de vue statistique mais il reste très confiant par rapport à son parcours scolaire. “Je n’ai aucun problème pour étudier. La difficulté consiste à arriver à temps aux cours à cause de tous les obstacles présents sur le chemin de l’école.”

Pour chaque enfant, le droit à un enseignement de qualité

Marwan et Hamid, son petit frère de 8 ans, approchent d’un checkpoint situé au bout de leur rue. – UNICEF/UN0222675/Izhiman

Les checkpoints ne sont qu’un des nombreux obstacles qui poussent les jeunes à abandonner prématurément leurs études en Palestine. La faible qualité de l’enseignement, la pauvreté et les violences physique ou psychologique complètent ce tableau très sombre.
Le récent rapport que l’UNICEF a réalisé en collaboration avec le ministère de l’éducation palestinien  ‘State of Palestine: Country Report on Out of School Children’ recense tous les obstacles qui maintiennent les enfants éloignés des bancs de l’école et présentent un certain nombre d’actions à entreprendre pour réintégrer les enfants dans le système d’enseignement et leur permettre d’apprendre en toute sécurité.

*Nom adapté pour la protection de l’identité