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Pour un enfant l’école est une solution à la violence au Yémen

A cause du conflit au Yémen, plus de deux millions d’enfants ne peuvent plus aller à l’école. Faites la connaissance de l’un d’eux, Fahd, 10 ans, pour qui l’école n’est pas seulement un moyen de réaliser ses rêves, mais aussi un lieu de prévention de la violence dans le futur.

© UNICEF Yemen/2016
© UNICEF Yemen/2016

Fahd, 10 ans, marche à côté des immeubles détruits suite au conflit. Sa famille a perdu leur maison et tous leurs biens.

Avant le conflit, Fahd vivait en paix avec sa famille dans la ville de Sa’ada. Sa vie était assez routinière : il se réveillait chaque matin pour aller à l’école, il jouait avec ses amis l’après-midi et il rentrait à la maison pour le dîner et pour faire ses devoirs.

La famille de Fahd vivait dans un appartement agréable avec trois chambres. Sa mère Om Fahd faisait toujours en sorte que la maison et sa chambre soient impeccables.

« Chaque matin, j’allais à l’école avec plaisir, et le soir j’avais hâte de rentrer chez moi. Nous menions une vie confortable, » raconte Fahd.

Tout a changé quand le conflit a gagné en intensité, en mars 2015, et s’est invité dans les rues du quartier où Fahd habitait. Il se rappelle s’être réveillé avec le bruit des bombes et des balles. Son père a tout de suite ordonné à toute la famille de monter dans la voiture à destination de leur maison à la campagne.

Fahd se souvient du chaos sur les routes à cause de tous les civils qui fuyaient les bombardements mortels. Après avoir parcouru quelques kilomètres, le père de Fahd s’est rendu compte qu’il était trop dangereux de conduire. Ils ont abandonné la voiture et ont continué à pied pour rejoindre le village.

© UNICEF Yemen/2016
© UNICEF Yemen/2016

Fahd est un des 1.4 million d’enfants qui ont été déplacés par le conflit au Yémen. Il rêve de devenir ingénieur civil, pour contribuer à la reconstruction de sa ville et de son pays.

“Mes pieds étaient gonflés après avoir marché une heure. Je voulais retourner, mais mon père me disait que je pouvais être assassiné, » raconte Fahd.

Après deux jours de marche, la famille est arrivée au village. Il n’y avait pas assez de place pour tous les accueillir. Les hommes, dont Fahd, devaient dormir en plein air. « Je n’arrivais pas à dormir la nuit. Je me tracassais à propos de ce qui allait se passer avec notre maison, notre école et mes amis, » se souvient-il.

Fahd pensait qu’ils n’allaient rester que quelques jours au village, et qu’ils retourneraient ensuite à Sa’ada pour reprendre leur vie normale. Mais cela fait aujourd’hui un an et demi que la guerre se poursuit, et la fin n’est pas en vue.

Quelques semaines après leur fuite, le père de Fahd est retourné à Sa’ada pour récupérer une partie de leurs affaires. Il fut choqué de retrouver leur maison complètement détruite. Ils avaient tout perdu. Tous leurs biens personnels se trouvaient au milieu des débris.

Fahd avait demandé à son père de ramener ses livres scolaires, ses jouets et sa bicyclette. Mais ce n’était plus possible. Son père est rentré au village perplexe. « Lorsqu’il a annoncé la nouvelle, je me suis caché derrière notre maison de fortune et j’ai pleuré en silence. Mon père est venu me chercher, et lui aussi, il a commencé à pleurer, » raconte Fahd.

La solution réside dans l’éducation

Fahd ne perd pas espoir. Il rêve de devenir ingénieur civil parce qu’il veut reconstruire sa ville et son pays. Il espère pouvoir retourner à Sa’ada quand la situation se sera améliorée, afin de pouvoir poursuivre son éducation.

« Je veux revoir mes amis, j’aimerais jouer avec eux. Je souhaite que la guerre se termine au plus vite et que tout redevienne comme avant. » Tel est le message que Fahd voudrait adresser au monde entier.

Fahd croit que l’éducation est la solution aux conflits constants au Yémen. « Des gens éduqués devraient comprendre que la guerre n’apporte rien de bon, «  dit-il.

Quand nous lui rapportions  que certains des dirigeants des parties au conflit étaient des gens éduqués, il a tout de suite rétorqué, « Oui, mais la plupart des combattants ne le sont pas. »

La campagne Back to School de l’UNICEF

Fahd est un des 1.4 million d’enfants qui ont été déplacés par le conflit actuel au Yémen et qui luttent aujourd’hui pour survivre loin de leur maison. Pour faire en sorte que ces enfants ne soient pas privés d’éducation, l’UNICEF soutient la campagne ‘Back to School’. Cette campagne vise à rénover 700 écoles endommagées, à fournir du matériel scolaire et à mobiliser les parents et les communautés pour qu’ils envoient leurs enfants à l’école. Les enseignants reçoivent une formation pour apprendre à fournir un soutien psychosocial aux élèves, pour les aider à gérer les  horreurs qu’ils ont vécues.

Si toute une génération au Yémen reste privée d’éducation, les conséquences sur le long terme seront terribles. Investir dans l’éducation et dans la protection des enfants doit rester une priorité pour que des enfants comme Fahd puissent réaliser leurs rêves et contribuer à construire un meilleur Yémen, paisible aujourd’hui et demain.
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