Quand l’UNICEF prend de la hauteur pour vacciner – une histoire de drones et d’innovation au Vanuatu

Au Vanuatu, 20 % des enfants ne sont pas vaccinés parce qu’ils vivent dans des endroits dont l’accès est trop difficile. Un projet novateur de l’UNICEF permet depuis peu d’acheminer des vaccins dans ces zones particulièrement reculées à l’aide de l’un de ces petits avions sans pilote appelés communément "drone".

Joy Nowai a un mois. Elle est le premier bébé au monde à avoir reçu des vaccins livrés par un drone. Cela s’est passé sur une île isolée du Vanuatu. © UNICEFPacific/Chute

Elle n’a que quatre semaines et pourtant son nom passera à la postérité.
Car elle est le premier bébé à avoir reçu des vaccins livrés par un drone. L’engin, commandé à distance, a atterri à Cook’s Bay, un petit village du Vanuatu.

Situé dans l’Océan pacifique, le Vanuatu est formé de plus de 80 îles montagneuses et dispersées. A peine un tiers des îles habitées possède des pistes d’atterrissage et des voies carrossables. La faiblesse des voies de communication constitue un vrai défi logistique quand il s’agit d’atteindre des communautés éloignées. De nombreux villages n’ont accès ni aux centres de santé ni à de l’électricité et ne sont accessibles qu’à pied ou via de petits bateaux, les « bananes » comme on les appelle là-bas. La livraison de vaccins par voie aérienne et non polluante représente donc un progrès énorme.

​Le drone a parcouru 40 kilomètres au-dessus de l’île Erromango avant d’atterrir à Cook’s Bay. Le petit aéronef fut accueilli avec beaucoup d’enthousiasme notamment par une danse traditionnelle qui symbolise un renouveau positif. Certaines familles avaient parcouru plusieurs kilomètres pour assister à l’atterrissage.

Parmi elles, la petite Joy, vaccinée contre la tuberculose et l’hépatite B, par Miriam Nampil, une infirmière locale.

Par le passé, Miriam devait emprunter des chemins montagneux et escarpés pendant plusieurs heures et transporter des glacières à vaccins. Ces derniers doivent en effet être maintenus entre 2°C et 8°C afin de conserver toutes leurs propriétés.

Lors des vols de drones, les vaccins sont conservés dans des boîtes isothermes remplies de glace. Un enregistreur de température vérifie si les vaccins restent à des degrés corrects.

Il y a peu encore, les travailleurs de santé devaient marcher plusieurs heures sur des sentiers de montagne afin de pouvoir vacciner les enfants vivant dans les zones les plus reculées du territoire. © UNICEF Pacific

“C’est vraiment compliqué, et le mot est faible, de transporter ces glacières lorsque vous devez traverser une rivière, franchir certains passages de montagne ou des corniches, le visage fouetté par le vent ou la pluie,” raconte Miriam, 55 ans.

Une autre option consistait à emprunter le bateau mais celui-ci était régulièrement supprimé en raison des mauvaises conditions météo qui peuvent rendre la mer particulièrement houleuse et faire monter les vagues à près de 5 mètres de hauteur.

“Etant donné la difficulté du trajet, je ne pouvais me rendre qu’une fois par mois à Cook’s Bay, pour vacciner des enfants.”

“Maintenant, grâce aux drones, nous espérons pouvoir atteindre bien plus d’enfants, même dans les zones les plus reculées. Ce projet va changer ma vie,” explique Miriam.

Ce que la technologie des drones peut apporter à l’UNICEF

Gestion de la chaîne du froid

Les systèmes de contrôle digitaux assurent une meilleure gestion des stocks et permettent de contrôler la température et d’autres paramètres essentiels de chargements ou de matériel particulièrement sensibles aux variations de température.

Situations d’urgence

Les livraisons de matériel médical effectuées par drones nous permettent de réagir plus vite dans les situations d’urgence quand des vaccins ou des médicaments doivent arriver au plus vite aux personnes qui ont besoin.