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Mise à jour : 10 février 2026
Au cours de la semaine du 26 janvier, nous avons lancé avec nos partenaires l’une des plus grandes initiatives d’urgence dans le domaine de l’éducation au monde : Back to Learning.
Pour la première fois depuis plus de deux ans, du matériel pédagogique a pu être acheminé dans la bande de Gaza. Depuis le 15 janvier, 5.168 colis ont déjà été distribués. Ces fournitures et les espaces sécurisés permettent aux enfants de retrouver une routine, d'exprimer leurs émotions, de poursuivre leur apprentissage et de participer à nouveau à des activités ludiques, même en temps de crise.
Nous espérons pouvoir acheminer prochainement l’ensemble des autres matériels éducatifs et de développement préscolaire vers la bande de Gaza, afin que 336.000 enfants puissent bénéficier cette année des ressources essentielles à leur apprentissage.
Affronter le froid
Cet hiver, au moins 11 enfants sont mort·es d'hypothermie, dont un bébé de deux mois. Plus de 100.000 familles vivent dans des conditions précaires, exposées à des risques graves, tandis que les infrastructures d’eau et d’assainissement sont presque totalement détruites. Malgré une baisse des hostilités depuis le cessez-le-feu en octobre 2025 (décrit plus en détail ci-dessous), environ 1,1 million d’enfants ont besoin d'aide et plus de 58.000 ont perdu un·e parent. À noter qu'aucun hôpital à Gaza n'est pleinement opérationnel : seuls 50 % des hôpitaux fonctionnent partiellement.
C’est dans ce contexte que l’UNICEF et ses partenaires intensifient leur réponse d’urgence. Au cours des six dernières semaines (en date du 8 janvier), l'UNICEF a mobilisé l’un de ses plus importants stocks d'hiver pour Gaza : plus de 134.000 kits de vêtements chauds, 572.000 couvertures, 236.000 bâches, 5.000 tentes et 40.000 matelas ont été distribué·es.
Des livraisons supplémentaires sont actuellement toujours en cours, comprenant 290.000 kits de vêtements, 341.000 couvertures, 10.000 tentes et 353.000 bâches. Parallèlement, les 15 pompes de drainage achetées pour atténuer les inondations sont désormais opérationnelles. Les services d'eau, d'assainissement et d'hygiène se poursuivent également, et ce malgré des contraintes majeures. La distribution d’eau par camion atteint près de 590.000 personnes chaque jour.
À noter que les besoins restent immenses. Il est donc essentiel de garantir une entrée urgente de fournitures vitales et de carburant pour éviter les inondations, la contamination par les eaux usées et les épidémies.
Depuis l'annonce du cessez-le-feu du 10 octobre 2025, les bombardements ont ralenti mais n’ont pas cessé. Les conditions de vie restent désastreuses et plus d'une centaine d'enfants palestinien·nes ont été tué·es, soit environ un·e enfant par jour. Plus de 1,6 million de personnes souffrent d’insécurité alimentaire aiguë, 101.000 enfants risquent la malnutrition sévère et 37.000 femmes enceintes ou allaitantes nécessitent un traitement nutritionnel urgent.
L'impact de la guerre sur les nourissons et les mères est considérable. On constate une forte augmentation des naissances prématurées et des bébés né·es avec un poids insuffisant. Environ 1 nourisson sur 5 a besoin de soins néonatals intensifs. Parmi les causes, on peut citer la malnutrition des mères, le stress chronique et le manque de soins prénataux.
Entre octobre et décembre 2025, plus de 730.000 personnes ont été déplacées. Beaucoup doivent vivre dans des abris de fortune et dépendant de l’aide humanitaire. Cette situation est aggravée par le manque d’accès à l’eau potable, à l’assainissement, à l’hygiène et aux soins de santé ainsi que par la dégradation massive des terres agricoles, du bétail, des activités de pêche et des routes. Ces difficultés ont de lourdes conséquences sur la population mais également sur les services d’aide humanitaire.
Le cessez-le-feu a cependant permis des avancées : extension des soins primaires et des vaccinations, réparations des réseaux d’eau et d’assainissement, collecte de déchets, distribution de près d’un million de couvertures et de centaines de milliers de vêtements d’hiver, diminution des cas de famine, ainsi que l’ouverture de 70 centres nutritionnels. Avant son annonce, l’UNICEF acheminait en moyenne 1.100 palettes par semaine vers Gaza. Sur les trois derniers mois de l’année, ce chiffre est passé à 5.000, soit une augmentation de 456 %. Malgré cette amélioration, le volume reste insuffisant et l’accès limité. Jusqu’à présent, plus de 333.000 kits de vêtements chauds, 764.000 couvertures, 8.000 tentes et des milliers de bâches et matelas ont cependant pu être distribué·es.
Priorités actuelles
- Préparer la population à affronter l'hiver : près de 900.000 enfants, dont 554.000 de moins de dix ans, recevront des vêtements chauds et des couvertures ;
- Éviter une nouvelle famine : prise en charge de 42.000 enfants souffrant de malnutrition et soutien nutritionnel pour 36.000 femmes enceintes et allaitantes ;
- Mettre en place des mesures d'hygiène (WASH) : un accès sûr et fiable à l'eau et à l'assainissement, ainsi que l'extension des toilettes d'urgence pour les ménages ;
- Rétablir de l'enseignement : activités d'apprentissage pour les 658.000 enfants scolarisé·es à Gaza, y compris des environnements d'apprentissage sûrs ;
- Assurer un soutien psychosocial : mise en place de soins psychosociaux et soutien en matière de santé mentale pour 500.000 enfants ;
- Assurer une protection sociale : afin que les ménages puissent subvenir à leurs besoins fondamentaux en termes de nourriture, de médicaments, d'hygiène et de transport.
L’UNICEF et ses partenaires alertent que les progrès qui ont été réalisés depuis le cessez-le-feu pourraient disparaitre rapidement si un soutien continu n’est pas assuré. Le retour de la famine dans la bande de Gaza ne peut être évité que par des approvisionnements et des financements suffisants.
Découvrez ici une vidéo adaptée aux plus jeunes dans laquelle Jonathan Crickx, directeur de la communication pour UNICEF État de Palestine, décrit le quotidien des enfants de Gaza.
Selon la dernière analyse officielle du Cadre Intégré de Classification de la sécurité alimentaire (IPC) du 22 décembre 2025, grâce à l’amélioration de l’accès humanitaire et commercial, aucune région de la bande de Gaza n’est actuellement classée comme zone de famine depuis octobre 2025.
Néanmoins, près d’1,6 million de personnes, soit 77 % de la population, sont toujours confrontées à une grave insécurité alimentaire. Parmi elles, on compte plus de 100.000 enfants et 37.000 femmes enceintes et allaitantes. Selon les pronostics, elles devraient souffrir de malnutrition aiguë jusqu'en avril 2026.
Les zones du nord de Gaza, de la ville de Gaza, de Deir al-Balah et de Khan Younis sont actuellement classées en phase 4 de l'IPC (et donc en situation d'urgence). Bien que la ville de Gaza ait été rétrogradée par rapport à la classification précédente de famine, cette phase indique toujours de graves pénuries alimentaires, des niveaux élevés de malnutrition aiguë et un risque accru de mortalité.
Malgré que les marchés soient désormais mieux approvisionnés en aliments nutritifs, les enfants et leurs familles n'ont souvent pas les moyens de s’en procurer. Les aliments riches en nutriments, tels que les protéines, restent rares et peu abordables. Par conséquence, 79 % des ménages ne peuvent pas acheter de nourriture ni avoir accès à l'eau potable. Aucun·e enfant n'atteint actuellement le niveau minimum de diversité alimentaire, et deux tiers d'entre eux·elles souffrent de malnutrition grave, ne consommant qu'un ou deux groupes d'aliments.
Depuis le cessez-le-feu, l'approvisionnement en denrées alimentaires, en aliments pour animaux, en produits de première nécessité et en importations commerciales dans la bande de Gaza s'est amélioré. Cette avancée permet à certains ménages d'avoir un meilleur accès à la nourriture. Cependant, la plupart des familles sont toujours confrontées à de graves pénuries. Sans une aide alimentaire, agricole et sanitaire continue et massive, ainsi qu'une amélioration de l'approvisionnement via le marché, des centaines de milliers de personnes pourraient rapidement se retrouver en situation de famine, avertissent la FAO, l'UNICEF, le Programme alimentaire mondial et l'OMS.
L’UNICEF, l’UNRWA, l’OMS et leurs partenaires ont notamment uni leurs efforts avec le ministère de la Santé pour lancer une campagne de rattrapage en matière de vaccination, de nutrition et de soins de santé. Cette initiative vise 44.000 enfants de moins de trois ans qui, en raison des deux années de conflit, n’ont pas pu recevoir leurs vaccins de routine contre des maladies graves telles que la polio, la rougeole et la pneumonie.
Avant la guerre, Gaza affichait un taux de vaccination de 98 %, avec 54 centres actifs. Aujourd’hui, la couverture est tombée à moins de 70 % et 31 de ces centres ont été détruits ou endommagés.
Le succès de cette campagne dépendra d’un cessez-le-feu durable et d’un accès sécurisé pour les travailleur·euses humanitaires et les familles. Cette action d’urgence constitue une première étape pour rétablir les vaccinations dans la bande de Gaza et reconstruire un système de santé gravement endommagé. Le soutien de nos donateur·rices est donc indispensable.
Lutte contre la polio
Un second cycle de la campagne de vaccination contre la polio s’est tenu entre le 22 et le 26 février 2025 dans la bande de Gaza. En tout, 556.774 enfants de moins de 10 ans ont reçu une deuxième dose de vaccin antipoliomyélitique.
Les dernières données confirment qu’environ 94 % de la population cible, de 591.714 enfants de moins de 10 ans, ont reçu une deuxième dose de nVPO2. Un véritable succès compte tenu des circonstances extrêmement difficiles dans lesquelles la campagne s’est déroulée. En effet, les conditions météorologiques ont compliqué le déplacement des bénéficiaires et des équipes de vaccination, les familles continuent d'être déplacées, la population de certaines régions reste très dispersée et la destruction de nombreuses routes nuit à l'accessibilité de certaines zones. On estime que dans des zones inaccessibles comme Jabalia, Beit Lahiya et Beit Hanoun, entre 7.000 et 10.000 enfants ne sont toujours pas vaccinés. Une situation qui accroît également le risque de propagation du virus dans la bande de Gaza ainsi que dans les pays voisins.
La fin de ce second cycle clôture la campagne de vaccination, lancée en septembre 2024. Pour rappel, la troisième phase – qui avait eu lieu dans le nord de Gaza – avait dû être reportée en raison de bombardements et de déplacements massifs. Les deux premières avaient par contre pu se dérouler comme prévu.
De nombreuses familles, qui avaient fui vers le sud, commencent désormais à retourner vers le nord de la bande de Gaza. Ce mouvement de population exerce une pression supplémentaire sur les services d’urgence déjà fragilisés dans le nord, tandis que le sud reste confronté à une forte surpopulation dans les centres d’accueil. Les restrictions de déplacement et les postes de contrôle compliquent encore davantage les retours ou les déplacements vers des zones plus sûres.
Même si les combats à grande échelle cessent, la situation sécuritaire demeure instable. En l’absence d’administration et de maintien de l’ordre, les risques de pillages, de tensions communautaires et de conflits liés à la distribution de l’aide humanitaire restent élevés, notamment dans les premières semaines suivant un cessez-le-feu. Les femmes, les filles et les personnes en situation de handicap sont particulièrement exposées à la violence, y compris à la violence sexuelle et sexiste, dans des zones densément peuplées et insuffisamment équipées.
Nous formons les professionnel·les de santé à l'utilisation d'équipements vitaux et veillons à ce que les vaccinations essentielles, notamment celles contre la polio, le tétanos et l'hépatite B, puissent se poursuivre. L’UNICEF a renforcé les infrastructures d’eau et d’assainissement (WASH), notamment par de nouvelles connexions et la maintenance des usines de dessalement, et a créé des espaces sûrs pour les filles déplacées. En octobre, 1,2 million de personnes ont bénéficié de services d’hygiène et d’assainissement.
De janvier à juillet 2025, nous avons donné accès à l'eau potable à 1,5 million de personnes, 13.800 enfants ont été traité·es contre la malnutrition, 3.600 enfants ont bénéficié de services de dépistage et 127.000 enfants ont eu accès à l'éducation.
Documentaire : Une menace silencieuse sur Gaza
Des travailleur·euses humanitaires ont risqué leur vie pour vacciner 600.000 enfants contre la polio au milieu des bombardements. Ce documentaire raconte l'histoire poignante de celles et ceux qui refusent d'abandonner, même lorsque le monde s'écroule.
Vous souhaitez en apprendre davantage sur les crises humanitaires et leur lien étroit avec les droits de l'enfant ?
Écoutez le troisième épisode de notre podcast « Parlons-en ! »