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Mise à jour : 29 avril 2026
Depuis fin décembre 2025, la violence a de nouveau escaladé dans le nord et le centre du Soudan du Sud. Rien que dans l'État de Jonglei, au moins 300.000 personnes ont été déplacées. La majorité d'entre elles sont des femmes et des enfants, cherchant refuge dans des camps où les services de base sont quasi inexistants. D'autres vivent sans protection ni soutien. On estime que 53 % des personnes déplacées sont des enfants. Pour beaucoup, il s'agit déjà du deuxième ou troisième déplacement.
Un ordre d’évacuation avait d'ailleurs été émis le 6 mars dans la ville d’Akobo, dans l’État de Jonglei. La hausse des prix des denrées alimentaires, la perturbation des marchés et la faiblesse du pouvoir d'achat des ménages aggravent encore l'insécurité alimentaire.
Menace de famine
Les conflits et les déplacements de population aggravent considérablement la crise, avec un risque de famine dans les zones les plus touchées ; près de 700.000 enfants sont menacé·es de malnutrition aiguë. Sans traitement, un·e enfant souffrant de ce type de malnutrition a 12 fois plus de risques de perdre la vie.
Selon la dernière analyse de l’IPC (Classification intégrée de la sécurité alimentaire), la crise alimentaire au Soudan du Sud est en train de plonger 7,8 millions de personnes dans une insécurité alimentaire aiguë sévère (phase 3 de l'IPC ou plus) entre avril et juillet 2026, soit l'un des niveaux d'insécurité alimentaire aiguë les plus élevés au monde à l'heure actuelle.
Parmi les personnes qui devraient se trouver en situation d’insécurité alimentaire aiguë, 73.300 sont confrontées à une situation de catastrophe (phase 5 de l’IPC) – le niveau le plus grave d’insécurité alimentaire aiguë. Cela représente une augmentation spectaculaire de 160 % par rapport à la dernière estimation. Parallèlement, 2,5 millions de personnes se trouvent en situation d’urgence (phase 4 de l’IPC) et 5,3 millions en situation de crise (phase 3 de l’IPC).
Au début de l'année 2026, plus de 6.000 enfants étaient traité·es pour malnutrition aiguë dans l’État de Jonglei, soit une hausse de 60 % par rapport à 2025.
Aggravation de la crise
La violence persistante, les déplacements massifs, l’accès restreint à l’aide humanitaire, mais aussi une crise économique profonde, les chocs climatiques et la capacité décroissante des populations à y faire face contribuent à aggraver encore les niveaux de famine. À noter que la dernière déclaration de famine au Soudan du Sud date de 2017. L'accès humanitaire reste actuellement l'un des principaux défis.
Les enfants sont non seulement confronté·es à la faim, mais aussi à la violence, au recrutement par des groupes armés, à la séparation d'avec leur famille et à la violence sexiste. L'impact psychologique de cette crise les marquera pendant des années. Dans de nombreuses régions, l'insécurité, les pillages et les inondations ont isolé des communautés entières pendant des mois. L'aide et le soutien vitaux ne peuvent donc pas leur parvenir.
Dans le même temps, l'épidémie de choléra s'aggrave : depuis janvier 2026, 479 cas ont été signalés, dont 125 dans l'État de Jonglei. Les services de santé, surchargés et en sous-effectif, ont du mal à répondre aux besoins. 28 structures de santé et de nutrition ont également été détruites, pillées ou contraintes de suspendre leurs activités dans le Jonglei.
Ce que fait l'UNICEF sur place
Malgré les défis d’accès, l’UNICEF et ses partenaires intensifient leur réponse humanitaire. Depuis janvier, 220 tonnes de fournitures vitales ont été acheminées dans les zones touchées du Jonglei pour soutenir la santé, la nutrition, l’eau, l’assainissement et la protection de l’enfance.
- Nous dépistons et traitons les enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère ;
- Nous distribuons de la nourriture, des suppléments nutritionnels et des soins d’urgence aux mères et aux enfants ;
- Nous assurons l’accès à l’eau potable et aux services de santé, y compris dans les zones touchées par le choléra ;
- Nous mettons en place des services de soutien psychologique et de protection de l’enfance pour les enfants déplacé·es.