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Mise à jour : 10 février 2026
Depuis le début de la crise en 2011, les enfants et leurs familles sont victimes de l'une des situations d'urgence les plus complexes au monde : une combinaison de conflits prolongés, de déplacements répétés, de crises économiques, d'épidémies et d'un tremblement de terre dévastateur. De nombreux·ses enfants syrien·nes n’ont même rien connu d’autre.
Une situation ayant eu un effet dévastateur sur l’économie du pays, plongeant près de 90% de la population dans la pauvreté. La plupart des familles ont vu leurs ressources s'épuiser, avec des possibilités d'emploi limitées, une forte augmentation des prix et des pénuries de produits de première nécessité. Confrontés à des difficultés accrues, certains foyers ont dû subir les mariages et les travaux forcés, la malnutrition ou l'endettement. Des cas de figure catastrophiques qui ont un impact considérable sur le bien-être, le développement, la santé et la sécurité des enfants.
Face à cette crise, plus de 200.000 personnes, dont environ la moitié sont des enfants, ont été contraintes de fuir leur domicile. L’insécurité persistante et les restrictions d’accès rendent la nourriture, les médicaments, l’eau potable, l’électricité et le carburant extrêmement rares. À Kobani (Alep), au moins cinq enfants ont perdu la vie, faute de soins médicaux et de provisions pour l'hiver.
85% des ménages ont du mal à joindre les deux bouts, ce qui les rend plus dépendants de l'aide humanitaire et plus à même de mettre en place des stratégies de survie négatives, telles que le travail des enfants et une mauvaise alimentation. Les chocs climatiques et les coupures d'électricité aggravent la pénurie d'eau et augmentent l'insécurité alimentaire. Quant aux dommages subis par les infrastructures essentielles du barrage de Tishreen et de la station d'eau d'Al Khafseh, ils ont considérablement réduit l'approvisionnement en eau de la ville d'Alep et de ses environs, affectant ainsi plus de 400.000 personnes.
Depuis le 6 janvier, les combats ont repris à Alep entre les forces gouvernementales et les Forces démocratiques syriennes, touchant des quartiers densément peuplés. Ils ont causé des pertes humaines, de nombreux·ses blessé·es, ainsi que d’importants dégâts aux habitations et aux hôpitaux. L’accès à la région reste limité en raison des couvre-feux, mais des corridors humanitaires permettent à des dizaines de milliers de familles de fuir. Les services essentiels sont perturbés et les risques pour la santé, la nutrition et la protection des enfants sont aggravés par le froid et la surpopulation.
L’UNICEF prépare une réponse pour atteindre 50.000 personnes, dont 28.000 enfants, avec des services vitaux et de protection.
Dans ce contexte, nous avons intensifié notre intervention en rejoignant le premier convoi inter-agences de l’ONU vers As-Sweida pour apporter des fournitures vitales. Quatorze équipes mobiles de santé et de nutrition ont été déployées afin d’apporter des soins à plus de 4.000 femmes et enfants, de fournir de l’eau potable et du carburant profitant à plus de 30.000 personnes et mettre en place des activités récréatives, un soutien psychologique ainsi que des actions de sensibilisation pour 1.500 enfants.
Pour la série de portraits de la VRTNWS « 10 ans de printemps arabe », la rédaction du journaliste de guerre Rudi Vranckx a réalisé ce reportage émouvant sur la vie de milliers d'enfants syriens qui ne connaissent pratiquement rien d'autre que la guerre, le chaos et la destruction.