Mots-clés

Un convoi humanitaire est arrivé dans la Ghouta orientale. Mais il faut davantage de secours et rapidement.

Aux avant-postes de Damas, l’enclave de la Ghouta orientale, est assiégée et isolée du reste du monde depuis le mois de mai 2013. Les familles et leurs enfants y souffrent de pénuries en nourriture, en médicaments et en matériel de première nécessité en raison d’une guerre qui n’en finit pas.

Le lundi 5 mars, après d’interminables négociations, un convoi humanitaire, organisé par l’UNICEF, diverses agences des NU et le Croissant-Rouge a enfin pu se rendre à Douma, Ghouta orientale.

C’était le premier convoi autorisé à se rendre dans la ville depuis novembre dernier.

Nos collègues qui ont pénétré à Douma ont été consternés par ce qu’ils ont découvert.

Les collaborateurs de l’UNICEF ont écouté les récits de familles qui avaient dû s’abriter sous terre pendant les quatre dernières semaines. Les parents et leurs enfants ont pris l’habitude de vivre dans des caves car il est trop dangereux de se montrer en rue. Certaines de ces caves abritent jusqu’à 200 personnes.

Les familles ont tout juste accès à de l’eau potable. Les sanitaires constituent un problème énorme.

Dans certaines caves, des enfants arrivent encore à suivre des cours.

L’UNICEF a rencontré un jeune garçon de 8 ans qui ce jour-là n’avait mangé qu’une assiette de froment cuit à l’eau avec un peu de sucre. La veille, il avait eu pour toute nourriture un bol de riz.

Au total, ce sont 46 camions qui ont pu se frayer un chemin au travers des gravats pour dispenser de l’aide à la population.

Le convoi a apporté de la nourriture pour 27.500 personnes, des réserves de médicaments ainsi que des aliments thérapeutiques pour les enfants sous-alimentés.

Dans la Ghouta orientale, 1 enfant sur 8 est déjà atteint de malnutrition. Il est vital d’atteindre chaque enfant dans les jours à venir.

A la grande frustration des travailleurs humanitaires, de nouveaux bombardements se sont produits sur la ville au moment de décharger les camions. Après 9 heures passées sur place, les responsables du convoi ont décidé – pour des raisons de sécurité – de repartir.

Les 400.000 habitants de la Ghouta orientale ont besoin de bien plus d’aide. Il leur faut un accès illimité à de la nourriture, à de l’eau potable et à des médicaments. Mais nous devons aussi leur distribuer des vêtements chauds, du matériel scolaire et du matériel de construction.

Mais avant toute chose, il faut mettre un terme à la violence. Chaque jour, des adultes, des enfants tombent sous les balles, sous les bombes. Les articles de première nécessité se sont raréfiés. Le prix du pain s’est envolé.

Dans toute la Syrie, ce ne sont pas moins de 5,3 millions d’enfants qui ont besoin d’une aide immédiate.

Près de 2 millions d’enfants vivent dans des régions occupées ou très difficiles d’accès. Leurs droits fondamentaux ne sont aucunement respectés et ils sont coupés de toute aide humanitaire.

Et les chiffres ne s’arrêtent pas là. 2,6 millions d’enfants ont fui la violence et sont dispersés en Turquie, au Liban, en Jordanie, en Iraq et en Egypte où ils se retrouvent là aussi complètement dépendants de l’aide internationale.

L’UNICEF est résolu d’aider chacun d’entre eux et de leur procurer ce dont ils ont besoin. Mais pour réaliser ce travail de manière structurée, il faut que les armes se taisent une bonne fois pour toutes et que la Ghouta orientale soit définitivement accessible à l’aide humanitaire.

Soutenez le travail de l’UNICEF en faveur des enfants touchés par le conflit syrien. Faites un don.