Une cage est une cage. Carte blanche.

Ça y est. C’est arrivé ! Avec la publication de l’A.R. en la matière, il est désormais possible qu’un enfant puisse être enfermé avec ses parents dans le centre fermé de Steenokkerzeel. L’UNICEF, le Fonds des Nations unies pour l’enfance, qui est la plus grande organisation indépendante consacrée aux enfants et au respect de leurs droits dans le monde, est consterné par cette décision. La détention d’enfants sur base de leur statut migratoire ou de celui de leurs parents ou de leurs tuteurs est en effet inacceptable pour l’UNICEF.

Pourquoi sommes-nous si indignés ? Lorsque notre pays a signé la Convention relative aux droits de l’enfant en 1989, il a accepté de garantir que tous les enfants qui séjournent sur son territoire reçoivent la meilleure protection et les meilleurs soins possibles et que leurs intérêts soient une considération primordiale dans toute décision qui les concerne. Cependant, avec la mise à exécution du plan du Secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration, le gouvernement va clairement à l’encontre de cet engagement.

L’enfermement de personnes innocentes est une infraction fondamentale aux droits de l’Homme et est inacceptable dans un Etat de droit moderne. Dans ce cas-ci il s’agit en outre d’enfants innocents qu’on a (provisoirement) privés de liberté uniquement à cause de leur statut migratoire alors qu’il a été scientifiquement prouvé que cela a des effets néfastes pour eux. Même des enfants qui sont emprisonnés pour une période très courte, peuvent éprouver des troubles psychologiques sévères. Et cela aussi à long terme.

Dépression, troubles d’anxiété, mais aussi des symptômes comparables à ceux de personnes qui souffrent de PTSD (Post Traumatic Stress Disorder) comme des cauchemars, énurésies et insomnies. Ils sont marqués, peut-être à vie. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que la commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe vient de taper sur les doigts du Secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration quand elle a entendu parler de ses plans. Ceux-ci constituent une infraction fondamentale aux droits et aux intérêts des enfants. Le Comité des droits de l’enfant des Nations unies est formel : “ les enfants ne devraient jamais être détenus pour des raisons liées au statut migratoire de leurs parents.”

L’UNICEF ne veut pas prendre part aux discussions triviales sur le type de cage dans laquelle les enfants se retrouveront. Une cage est une cage, et même dans la cage la plus dorée il n’y a pas de place pour un enfant. N’oublions pas que la Belgique a décidé en 2008, après plusieurs condamnations de la Cour européenne des droits de l’Homme et diverses actions menées par des organisations de défense des droits de l’Homme et des droits de l’enfant, d’arrêter d’enfermer dans ses centres fermés des enfants issus de la migration. Pourquoi alors ce pas en arrière ? Il existe suffisamment d’alternatives qui seraient plus avantageuses, tant sur le plan humain que sur le plan financier, et qui pourraient mener à une solution durable. Comme organisation internationale neutre, l’UNICEF demande au gouvernement de continuer à investir dans les alternatives existantes, comme les maisons de retour ou la résidence dans une habitation personnelle, en les évaluant, les améliorant et les renforçant, plutôt que de faire un retour en arrière. La recherche internationale a en effet déjà montré qu’elles peuvent être très efficaces.

L’UNICEF rappelle qu’un enfant est d’abord et avant tout un enfant, et que tous les enfants, indépendamment de leur statut migratoire, ont droit à l’ensemble des droits reconnus dans la Convention relative aux droits de l’enfant. UNICEF Belgique exhorte l’Etat belge à libérer les enfants détenus et à ne pas en placer d’autres en détention. Il appelle à penser tous ensemble aux alternatives répondant à l’intérêt supérieur de l’enfant. Car ce sur quoi tout le monde, même notre gouvernement, peut encore – nous l’espérons – s’accorder, c’est le fait que la protection de l’intérêt de l’enfant doit rester, en toutes circonstances, la considération primordiale !

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Concrètement, que puis-je faire ?

Dans quelques jours des enfants migrants pourront être détenus dans un centre fermé en Belgique.

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