Une solution pour la crise de l’eau à Gaza

Depuis longtemps il y a une grave pénurie d’eau dans la bande de Gaza et la situation devient de plus en plus pénible. Mais il y a une solution : une station de désalinisation de l’eau de mer de l’UNICEF fournira de l’eau du robinet potable à des communautés qui, étaient obligées d’acheter ou d’importer leur eau potable auparavant.

© UNICEF State of Palestine/2017/Weibel
© UNICEF State of Palestine/2017/Weibel

Ahmad, 13 ans et Shahd, 12 ans, devant la nouvelle station de désalinisation qu’ils ont visitée avec leur classe. La visite fait partie d’une campagne de sensibilisation sur l’eau potable, soutenue par l’UNICEF. 

Pour Ahmad, 13 ans, l’idée de boire de l’eau du robinet était impensable.

“Je n’ai jamais bu l’eau du robinet, parce qu’elle est sale. Elle pourrait me rendre malade » raconte-t-il. « Mes parents m’ont raconté qu’ils buvaient l’eau du robinet à la maison quand ils étaient petits, mais c’était il y a longtemps, avant ma naissance. »

En janvier, l’UNICEF et ses partenaires ont achevé la construction d’une station de désalinisation avec le soutien de l’Union européenne. La station traitera initialement 6000 mètres cubes d’eau potable par jour, qui bénéficieront à 75.000 personnes vivant dans la partie sud de la bande de Gaza – soit 35.0000 personnes de Khan Younis et 40.000 personnes de Rafah.

Ahmad est l’un des Gazaouis qui auront bientôt de l’eau potable à la maison.

© UNICEF/UN056271/El Baba
© UNICEF/UN056271/El Baba

Une famille palestinienne écoute attentivement un collaborateur de la compagnie des eaux de Gaza, qui explique comment ils peuvent optimiser l’utilisation d’eau dessalée.

Une réponse à la crise de l’eau à Gaza

La situation de l’eau semble désespérée dans la bande de Gaza. Depuis longtemps, il y a une grave pénurie en eau. Plus de 90% de l’eau qui est extraite de la nappe phréatique est impropre à la consommation. Il y a aussi le problème du surextraction de l’eau de la nappe phréatique, ce qui fait que l’eau de mer de la méditerranée peut s’infiltrer ainsi que les eaux usées et des produits chimiques.

Pour l’eau potable, les familles dépendent de l’eau importée ou de l’eau que vendent les vendeurs de rue à des prix exorbitants. Une étude de 2012 des Nations Unies prévient que de la nappe phréatique au Gaza pourrait être inutilisable en 2017, et irréversiblement endommagé en 2012.

La désalinisation de l’eau est l’une des stratégies que la compagnie des eaux palestinienne poursuit afin d’approvisionner 2 millions de palestiniens – dont 1 million d’enfants – en eau potable qui habitent dans l’enclave côtière. La désalinisation de l’eau de mer est fondamentale pour freiner la surextraction de la nappe phréatique, d’empêcher qu’un désastre naturel se produise et de mettre en marche le lent processus du rétablissement de la nappe phréatique.

Outre l’accès limité à l’eau potable, il y a aussi une crise de l’électricité continue à Gaza. Chaque jour, les familles sont confrontées à des coupures de courant. Afin d’économiser les ressources, 12% des besoins énergétiques sont maintenant produits par des panneaux solaires. Il existe aussi des projets pour utiliser davantage l’énergie renouvelable inexploitée afin d’augmenter ce pourcentage.

© UNICEF State of Palestine/2017/El Baba
© UNICEF State of Palestine/2017/El Baba

Une femme palestinienne tient un verre d’eau dessalée à la main dans sa maison à Rafah. Sa famille bénéficie de l’eau de la nouvelle centrale de désalinisation construite par l’UNICEF et ses partenaires.

“L’eau était si douce. Je pouvais à peine croire que l’eau provenait de la mer !”

L’été dernier, Ahmad et ses copains de classe ont fait une excursion scolaire pour visiter la centrale de désalinisation.

“J’ai gouté de l’eau dans la station. C’était très bon. C’était si doux. Je pouvais à peine croire que l’eau provenait de la mer !”, raconte-t-il.

Ahmad et ses amis étaient étonnés quand ils ont vu le bâtiment énorme, avec toutes les machines, et la technologie pour traiter l’eau de mer afin de la rendre potable.

“Nous avions étudié le processus de désalinisation à l’école, mais je ne pouvais pas m’imaginer à quoi ressemblerait la station, » raconte Ahmad. « Après avoir visité la centrale, j’ai compris comment ça marchait et je suis très fier que cette nouvelle technologie soit utilisée à Gaza.

En collaboration avec la compagnie des eaux palestinienne, l’UNICEF a mis en place une campagne de sensibilisation afin d’informer les habitants. Ceux-ci savent maintenant que l’eau qui coule des robinets est consommable, qu’elle est dessalée et sans danger et comment la conserver dans leurs réservoirs à la maison. L’UNICEF a également donné des conseils pour éviter le gaspillage de l’eau.

Des travailleurs sociaux sont allés de porte à porte à Khan Younis et Rafah. Des spots radio ont été diffusés et des panneaux d’affichage rappelaient de l’ouverture de la station. Les enfants et les adolescents aussi ont participé à la campagne d’information. Après avoir visité la centrale, ils ont parlé du projet à leur famille et leurs voisins.

“J’ai appris plein de choses et j’ai fait appel à ma créativité », raconte Shahd, 12 ans. J’ai créé une page Facebook pour parler de la centrale. Une de mes amies fait de courtes vidéos de la centrale qu’elle met sur YouTube. Nous sommes tous fans de ce projet et allons continuer à en parler. »

© UNICEF/UN056281/El Baba
© UNICEF/UN056281/El Baba

Un garçon palestinien de Khan Younis montre un dépliant d’information qui explique le processus de désalinisation. Les dépliants sont distribués par des collaborateurs de la compagnie des eaux.

Plans d’expansion

June Kunugi, représentante de l’UNICEF pour l’Etat de Palestine, se rappelle lorsqu’elle a vu le site où la centrale allait être construite en avril 2013 pour la première fois. « Il y avait juste une plaine vide, » raconte-t-elle. « Aujourd’hui la centrale est entièrement construite. C’est un exemple de ce que nous pouvons réaliser à Gaza. Grâce à cette centrale, 75.000 personnes, dont la moitié sont des enfants, bénéficient de leur droit à l’eau potable.

L’achèvement de la centrale, dont la construction a été entamée il y a un peu plus de deux ans, n’est pas une fin mais un point de départ. L’Union européenne a encore attribué 10 millions d’euros afin de doubler la capacité de la centrale. 12.000 m³ d’eau pourront être traités, et 150.000 Palestiniens auront alors accès à l’eau potable.

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