RDC : L’UNICEF mobilise les femmes dans la lutte contre le virus Ebola

Principales victimes de la maladie à virus Ebola, les femmes congolaises jouent désormais un rôle important dans la lutte contre l’épidémie. En leur donnant les informations utiles et les moyens nécessaires, nous pouvons enrayer la progression de l’épidémie dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

« Près de 60 % des victimes Ebola sont des femmes. » Espérance Kazi ne manque pas de souligner cette statistique lors d’une rencontre organisée avec des femmes à Béni, le foyer principal de la maladie en RDC. Cette jeune activiste des droits de la femme a rejoint l’UNICEF pour éviter que les femmes ne continuent à payer un tribut aussi lourd à l’Ebola.

La jeune Espérance organise chaque semaine des groupes de conversation sur la maladie à virus Ebola. Dans ces groupes, se côtoient des ménagères, des vendeuses de rue, des filles mères qui ne peuvent plus aller à l’école, des femmes qui ont fui la violence, des veuves, etc.

Ces rencontres sont le moyen par excellence de diffuser des informations précises sur l’Ebola, sur les mesures à prendre pour s’en préserver et pour inverser la tendance actuelle.

Les discussions animées qui ont cours dans les mini forums organisés par Espérance ainsi que les récits de certaines femmes montrent à quel point des conceptions traditionnelles peuvent constituer un frein dans la lutte contre l’Ebola :

« On n’attend qu’une chose des filles : veiller sur les enfants du ménage », explique l’une des participantes.

Dans la province du Nord-Kivu, environ 4 femmes sur 10 sont analphabètes. Elles s’occupent principalement des tâches ménagères et n’ont presque pas accès à la radio, à la télévision ou aux journaux. Comme elles sont moins bien informées, elles sont évidemment plus vulnérables à l’Ebola.

Lors de ces dialogues et moment privilégiés, les femmes peuvent échanger leurs expériences quant à la maladie, partager leurs problèmes mais aussi dépasser leurs angoisses. Grâce à ces discussions, elles réalisent progressivement le rôle qu’elles peuvent jouer dans la lutte contre la maladie.

« Ces femmes vont devenir des vecteurs de diffusion de l’information auprès d’autre jeunes Congolaises », explique Espérance. “Ne dit-on pas que lorsque l’on éduque une femme, on éduque une nation entière.”

Depuis le début de l’épidémie et grâce aux efforts de personnes telles qu’Espérance, près de 13 millions de personnes ont reçu des informations cruciales sur la maladie à virus Ebola.

Kabagayi Donah originaire de Karangura lit une affiche décrivant les méthodes de prévention contre l’Ebola. – © UNICEF/UN0307494/Bongyereirwe

« Lorsque nous signalons un cas suspect d’Ebola, nous ne voyons plus cela comme une trahison envers quelqu’un de notre famille ou de notre communauté car nous savons qu’il sera pris en charge et agissant de la sorte nous préservons les nôtres », conclut une des participantes. Elle explique qu’auparavant, son instinct lui commandait plutôt de ne pas signaler les cas suspects.

Espérance est convaincue que l’on peut stopper l’épidémie si l’on parvient à informer un maximum de femmes sur le virus Ebola. De la sorte on fera d’une pierre deux coups : on comptera moins de victimes parmi les femmes et elles deviendront des agents de prévention. Un vrai cercle vertueux se mettra ainsi en place.

Le plan de l’UNICEF contre le virus Ebola

L’UNICEF et ses partenaires aident activement les autorités congolaises à lutter contre la maladie à virus Ebola. Des équipes spécialisées en coordination, santé, encadrement psychologique et WaSH ont été dépêchées dans les régions les plus touchées.

Nous sommes également actifs aux niveaux de la communication et de la mobilisation sociale : nous organisons de nombreuses séances d’information dans les églises, les écoles, sur les marchés, dans les associations féminines, au sein des entreprises et collaborons avec les médias. Ce travail nous a permis d’atteindre 15.339.003 personnes.

Les stratégies que nous développons nous permettent d’entrer en contact direct avec les groupes à risques, de donner des conseils sanitaires et d’encourager les gens à consulter à temps s’ils nécessitent une aide médicale. Cela nous permet aussi de tordre le cou à certaines rumeurs selon lesquelles les personnes qui consulteraient pour le virus Ebola ne ressortiraient jamais vivantes des centres de santé. Pour cela, des personnes qui ont survécu au virus nous aident en témoignant.

L’épidémie Ebola en chiffres (au 12 mai 2019)

1.705 cas confirmés

1.036 décès enregistrés

484 enfants contaminés

15.676.599 personnes informées sur les caractéristiques de la maladie.

4.371 écoles et lieux publics équipés de matériel pour le lavage des mains.

4.727 familles touchées bénéficiant d’aide.

2.298 enfants orphelins ou séparés de leurs parents à cause du virus Ebola.

Aidez les enfants qui sont touchés par le virus Ebola. Faites un don