‘What Do You Think ?’ donne la parole aux enfants migrants et réfugiés

« J’aimerais bien avoir la chance de vous rencontrer et de parler avec vous »

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Tous les jours, des tweets et des débats animés ont cours sur les migrants et sur les réfugiés. Mais il est plutôt rare d’entendre s’exprimer les principaux concernés. Encore moins un enfant qui parle à voix basse dans une autre langue ou qui tente d’exprimer ses sentiments à l’aide d’un dessin. 

Dans un nouveau rapport, UNICEF Belgique donne la parole à 170 filles et garçons qui vivent aujourd’hui en Belgique. Ces jeunes parlent de leur vécu dans leur pays d’origine, de leur nouvel environnement, de ce qui les a poussés à quitter leur pays, de leurs épreuves en cours de route, de leurs joies et de leurs chagrins.

Les enfants qui arrivent actuellement en Belgique sont pour la plupart vulnérables et dans bien des cas traumatisés. De plus en plus d’enfants, même âgés de moins de 12 ans, arrivent seuls chez nous. Ces enfants pensent beaucoup à leur famille. Leur papa et leur maman leur manquent. Le besoin d’avoir une personne de confiance est alors très important. Pour faire la connaissance des personnes qui vivent dans le pays où ils sont arrivés, pour apprendre comment cette société, nouvelle pour eux, fonctionne et pour avoir l’impression qu’elle peut leur offrir un nouveau chez-soi. Comme le dit un des enfants :  ‘J’aimerais bien avoir la chance de vous rencontrer et de parler avec vous.’

« La procédure est trop longue ». Les enfants sont nombreux à le déplorer, car cette durée qu’ils jugent excessive les empêche de vivre pleinement le présent, de se concentrer sur l’école et d’envisager sereinement l’avenir. Les enfants aimeraient avoir plus de clarté au sujet de cette procédure. Combien de temps peuvent-ils rester et que se passe-t-il ensuite ? Qu’adviendra-t-il en cas de décision négative ? Pour beaucoup d’enfants, cette incertitude est très difficile à vivre. Elle entraîne du stress et des tensions. Les enfants recommandent une procédure limitée dans le temps.

Les mamans mineures ne constituent plus une exception depuis longtemps. Ces “enfants avec enfants” méritent une attention spéciale. Malgré une prise en charge spécifique, elles pensent que les centres d’accueil ne sont pas conçus pour répondre à leurs besoins. Elles parlent toutes de leur sentiment d’insécurité la nuit et de la nourriture qui n’est pas adaptée, de l’eau qu’elles doivent acheter pour faire le biberon. Une maman mineure reçoit chaque semaine 7,40 euros pour elle et 3 euros pour son enfant. Elle doit combiner ses études avec son rôle de parent. Il n’est pas étonnant de voir ces jeunes filles frustrées dans leur rôle de maman et spoliées de leur vie de famille.

L’UNICEF demande aux décideurs politiques de se pencher sur les besoins des enfants migrants et réfugiés. Protéger les enfants migrants et réfugiés de l’exploitation et de la violence. Préserver l’unité des familles et éviter que les enfants ne soient séparés de leur parents. Faire en sorte que l’intérêt supérieur de l’enfant soit au centre de toutes les procédures d’asile et de migration. Mettre fin à la détention des enfants migrants et réfugiés. Briser l’isolement des enfants migrants et réfugiés à l’école et leur permettre d’accéder aux loisirs comme les autres enfants.
Lorsque des voix sont à peine audibles, il nous appartient de tendre d’autant mieux l’oreille pour les écouter.

UNICEF a cherché à faire connaître le rapport de manière créative. Nous cherchions quelque-chose qui pourrait capturer le caractère unique de ce rapport mais surtout quelque-chose qui pourrait faire entendre la voix des enfants.  C’est ainsi qu’un partenariat a été établi entre UNICEF Belgique et le groupe hip-hop SLM et Sparrow du groupe Soul Art. Avec Sparrow de Soul Art, ils apportent une histoire belge et bilingue. Dans leur chanson unique ‘Aba’, ils résument la force, l’espoir et le courage des enfants qui s’expriment dans le rapport de l’UNICEF. Ils résument aussi la solitude, la violence et le désespoir qu’un enfant ressent quand il est forcé de quitter son pays.

Cette étude est basée sur des interviews anonymes réalisées entre 2016 et 2017. Les 170 enfants que nous avons rencontrés ont entre 8 et 18 ans et proviennent de 36 pays différents parmi lesquels l’Afghanistan, la Syrie, la Guinée, la République démocratique du Congo et l’Erythrée. 57 enfants étaient accompagnés de leur famille, 98 étaient non-accompagnés et 15 étaient des mamans mineures non-accompagnées. Il est possible de reproduire libres de tous droits des fragments du rapport à la condition de faire référence à : ‘Les enfants migrants et réfugiés en Belgique prennent la parole’, rapport ‘What Do You Think ?’ d’UNICEF Belgique, 2018.

Vous pouvez télécharger le rapport ici.

Pour plus d’informations :

Philippe Henon
Attaché de presse
UNICEF Belgique
Tél : (+32)2 477/55.50.23
phenon@unicef.be
@philippehenon