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Yémen : l’un des endroits les plus dangereux de la planète pour un enfant

Depuis l’escalade de violence qui a débuté en mars 2015, plus de 3 millions d’enfants sont nés au Yémen. Le pays connaît actuellement la plus grande crise humanitaire du monde. Ruba Mastour a deux ans. A elle seule, elle symbolise toute la souffrance des enfants yéménites.

Ruba est née le 19 décembre 2015 à Zabid City, Hodeidah, la province la plus pauvre du Yémen. Avec un petit poids à la naissance, Ruba était fragile. Sa maman, Fawzai, était elle-même déjà sous-alimentée lors de l’accouchement. Depuis, Ruba n’a connu que la guerre, les privations et la maladie.

La guerre a amputé sa famille de toute source de revenus. Son père, Mastour, peut à peine joindre les deux bouts.

“Ruba a vu le jour dans une situation terrible. Elle n’a encore rien vécu de bien dans sa vie,” confesse son père avec résignation. “Il n’y a rien de pire pour un père que d’avoir un enfant malade, surtout en temps de guerre.”

Yémen, le pays le plus pauvre du Moyen-Orient

La situation financière s’est encore dégradée après la naissance de Ruba. La fillette a très vite souffert de malnutrition aiguë sévère. Son papa a été contraint d’emprunter de l’argent pour payer ses frais d’hospitalisation.

Les familles au Yémen se voient obligées de prendre des mesures extrêmes si elles veulent survivre, souvent au détriment du bien-être de leurs enfants. Certaines ne voient pas d’autres alternatives que d’envoyer leurs enfants au front, d’autres dans le rue pour mendier ou travailler, ou de marier leurs filles à un âge inapproprié. Les trois quarts des filles yéménites sont mariées avant l’âge de 18 ans.

Avant que la guerre ne prenne de telles proportions, le Yémen figurait dans le peloton de tête des pays les plus pauvres de la planète et sa population survivait sous perfusion humanitaire.

22 millions de Yéménites ont besoin de protection et d’aide humanitaire. Parmi eux, 11 millions d’enfants qui représentent 80% de tous les moins de 18 ans du pays. Ils risquent de manquer de nourriture, de tomber malades ou de devoir abandonner leur maison. L’accès à des services de base tels que la santé ou l’éducation commence aussi à devenir compliqué.

La santé des enfants est gravement menacée

Si la petite Ruba a survécu déjà deux ans, sa vie ne tient toujours qu’à un fil. Elle lutte contre diverses maladies dont le typhus et la malaria. Sa famille n’a pas l’argent pour payer les frais médicaux. La santé de la fillette se dégrade donc assez rapidement.

La malnutrition et la maladie progressent d’autant plus facilement au Yémen que tous les services de base disparaissent dans le pays.

  • A peine 45% de toutes les infrastructures sanitaires sont complètement opérationnelles parce que bon nombre ont été endommagées ou manquent de moyens financiers et humains. De nombreux travailleurs de santé ne sont plus payés depuis au moins 18 mois.
  • 8.6 millions de Yéménites n’ont aucun accès à de l’eau potable ou à des installations sanitaires décentes, une situation susceptible de provoquer rapidement des maladies.

  • Près de 1,8 million d’enfants souffrent de malnutrition aiguë sévère. Parmi eux, 400.000 sont dans un état critique et luttent pour rester en vie.

Les effets du conflit sur les enfants

Ruba n’est pas encore en âge d’aller à l’école. Mohammed, 12 ans, devrait y être, lui. Mais l’école a bien changé. Elle n’est plus ce havre de paix où il fait bon apprendre et jouer. Le jeune garçon a échappé de justesse à une attaque contre son école à Serwah, dans le nord-est du pays.

Le traumatisme encouru a provoqué chez lui d’importantes pertes de mémoire qui lui ont fait oublier tout ce qu’il avait appris y compris son alphabet. Il essaie de suivre actuellement des cours avec des élèves de première.

Les enfants souffrant de stress post-traumatique au Yémen risquent de développer des retards qui vont ralentir leur développement social, émotionnel et cognitif. Sans encadrement adapté, ils garderont probablement leur vie durant des séquelles physiques et psychologiques dues au conflit.

Près de 2 millions d’enfants ne vont pas à l’école. 2.500 écoles ne sont plus en état de fonctionner : endommagées, détruites ou occupées par des militaires.

La scolarité de près de 4,5 millions d’enfants est menacées en raison de l’absence de rémunération des enseignants.

L’UNICEF en action

La situation au Yémen est extrêmement complexe et le système de santé s’en ressent particulièrement. Cependant, grâce au soutien de nos donateurs, des partenaires et de la résilience des Yéménites, nous mettons tout en œuvre pour sauver la vie du plus grand nombre d’enfants.

  • 276.000 enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère ont pu être traités et sont guéris
  • 5.3 millions d’enfants ont été vaccinés contre la polio et 912.000 enfants contre la rougeole.
  • 594.937 enfants ont bénéficié d’un encadrement psychosocial
  • près de 6 millions de personnes ont eu accès à de l’eau potable grâce à la remise en état du réseau de distribution
  • Plus de 630.000 enfants ont pu bénéficier d’un meilleur accès à l’école grâce au soutien de l’UNICEF par la mise en place de centres d’apprentissage, la remise en état d’écoles et des aides en cash.

Lisez le  rapport ‘Born in War’

Faites un don pour les enfants du Yémen