Plus de 2,6 millions de filles
privées d'enseignement
en Afghanistan

Depuis septembre 2021, les filles ne sont à nouveau pas autorisées à fréquenter les établissements scolaires secondaires. L’Afghanistan demeure le seul pays au monde où l’enseignement secondaire et supérieur est, dans les faits, fermé aux filles et aux femmes.

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Actualité 18 juin 2026

Mise à jour : 18 août 2026

« Pour moi l’école représentait une chance de pouvoir devenir quelqu’un qui puisse aider sa famille et servir son pays. Parfois j’aimerais être un garçon pour pouvoir continuer à aller à l’école, étudier et jouer avec mes camarades. Si les filles ne sont plus scolarisées, elles seront illettrées et devront faire face à des difficultés toute leur vie. » C’est le témoignage d’une jeune fille de 13 ans dont le nom ne sera pas cité, pour des raisons d'anonymat. « Depuis que je ne vais plus à l’école, je reste à la maison et j’aide ma mère avec les tâches ménagères. »

Un témoignage qui n’est en rien un cas isolé puisque c’est malheureusement le quotidien de nombreuses jeunes afghanes. Depuis septembre 2021, les filles n’ont plus accès à l’enseignement secondaire, tandis que les femmes sont exclues des universités depuis décembre 2022. Ces interdictions ont de graves conséquences sur leur éducation, mais aussi pour le pays. On estime que si cette interdiction se poursuit jusqu'en 2030, plus de 4 millions de filles seront exclues de l'éducation après l'école primaire.

Cinq années peuvent sembler brèves à l’échelle de l’histoire d’un pays, mais elles représentent une période déterminante dans la vie d’une fille. Une salle de classe offre bien plus qu’un apprentissage. Elle constitue une protection contre le travail des enfants, les mariages précoces, ainsi que les violences et les abus.

Catherine Russell, directrice générale de l'UNICEF

Selon l’analyse de l’UNICEF publiée en avril 2026, intitulée « Le coût de l’inaction concernant l’éducation des filles et la participation des femmes au marché du travail en Afghanistan », le pays pourrait perdre jusqu’à 20.000 enseignantes et 5.400 professionnelles de santé d’ici à 2030. Le nombre d’enseignantes dans l’enseignement de base a déjà diminué de plus de 9 %, passant de près de 73 .en 2022 à environ 66.000 en 2024. Dans la fonction publique, la part des femmes est passée de 21 % à 17,7 % entre 2023 et 2025.

Les conséquences sont particulièrement graves pour le secteur de la santé puisqu’en Afghanistan, les femmes ne peuvent souvent être soignées que par des professionnelles de santé. Avec moins de médecins et de sages-femmes, les filles et les femmes ne recevront pas les traitements médicaux et le soutien dont elles ont besoin. On estime que dans ces conditions, près de 1.600 mères et au moins 3.500 enfants pourraient perdre la vie. À mesure que la proportion de mères sans instruction augmente, les risques de faible poids à la naissance, de couverture vaccinale insuffisante et de retard de croissance chez les enfants augmentent aussi, exerçant une pression supplémentaire sur un système de santé déjà fortement sollicité.

Malgré ces restrictions, l’UNICEF poursuit son soutien à l’éducation en Afghanistan. En 2025, plus de 3,7 millions d’enfants scolarisé·es dans les écoles publiques ont bénéficié d’un appui éducatif d’urgence, 442.000 enfants ont participé à des programmes d’apprentissage communautaires, dont 66 % de filles, et 232 écoles ont été construites ou réhabilitées.

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